Kim Jong-un : le dirigeant nord-coréen n'est pas mort selon la Corée du Sud voisine

Kim Jong-un : le dirigeant nord-coréen n'est pas mort selon la Corée du Sud voisine Kim Jong-un est "vivant et en bonne santé", indique Séoul, cité par l'AFP ce lundi 27 avril, après une semaine d'intenses rumeurs sur la santé du leader nord-coréen allant jusqu'à des allégations très poussées sur sa mort...

[Mis à jour le 27 avril 2020 à 15h57] Kim Jong-un n'est pas mort. C'est ce que rapporte ce lundi matin le conseiller spécial à la sécurité nationale du président sud-coréen Moon Jae-in, qui précise que le dirigeant nord-coréen est "vivant et en bonne santé". Alors que d'intenses rumeurs rapportaient le décès du "suprême leader" après une intervention chirurgicale "bâclée", Kim Jong-un se trouverait depuis le 13 avril à Wonsan, une station balnéaire dans l'est du pays. Ce samedi, le site 38 North avait déjà publié des photos satellites du train spécial du dirigeant qui était stationné du 21 au 23 avril dans cette station balnéaire. "La présence du train ne prouve pas que le dirigeant nord-coréen s'y trouve et n'indique rien sur sa santé, mais elle donne du poids aux affirmations selon lesquelles il séjourne dans une zone réservée à l'élite sur la côte est du pays", indiquait ce site spécialisé sur la Corée du Nord. Selon le représentant sud-coréen qui s'exprimait hier sur CNN, "aucune action suspecte n'a jusqu'à présent été détectée".

Ce lundi, les services du ministère sud-coréen de l'Unification, chargé des relations avec le Nord, a abondé ces premières affirmations. "Nous n'avons rien à confirmer concernant les spéculations sur la santé du leader Kim Jong Un. Toutefois, notre position demeure qu'il n'y a pas d'activité inhabituelle en Corée du Nord, ainsi qu'il a été annoncé par le conseil de sécurité nationale", a déclaré un porte-parole, dont le message a été relayé par l'agence de presse sud-coréenne Yonhap.

Pour tenter d'éteindre la rumeur, le journal officiel de Corée du Nord Rodong Sinmun avait également rapporté ce week-end que Kim Jong-un avait envoyé un message de remerciements aux ouvriers du gigantesque projet touristique côtier de Wonsan Kalma. Des allégations sur l'état de santé de Kim Jong-un se sont intensifiées pendant une semaine, alors que le dictateur n'est plus apparu en public depuis une réunion du bureau politique du parti unique au pouvoir le 11 avril et une tournée d'inspection sur une base aérienne, évoquée par les médias officiels nord-coréens le 12. Des rumeurs qui allaient jusqu'à affirmer que le dictateur nord-coréen était "mort" ou "pratiquement mort", dans un état végétatif à la suite d'une opération cardiaque.

Une opération "bâclée" de Kim Jong-un ?

Plusieurs médias en Chine et au Japon ont en effet annoncé samedi 25 avril le décès du dictateur de 36 ans, qui règne d'une main de fer sur la Corée du Nord depuis décembre 2011. Tous rappelaient que la semaine dernière, la Chine avait envoyé une équipe médicale chez ses voisins communistes pour vérifier l'état de santé du dirigeant et le conseiller. "Une délégation médicale chinoise menée par un haut représentant du département de liaison internationale du Parti communiste chinois (PCC) aurait quitté Pékin jeudi pour la Corée du Nord, afin de porter conseil à Kim Jong-un", rapportait également Le Monde vendredi. Selon les rumeurs, c'est cette délégation qui aurait indirectement laissé fuiter l'information du décès du "leader suprême". Qin Feng, directrice adjointe de la télévision par satellite hongkongaise HKS, a elle aussi annoncé la mort du dirigeant samedi dans une vidéo sur le réseau social chinois Weibo, citant une "source très solide". Elle rappelait que Pyongyang avait mis deux jours (51 heures exactement) avant d'annoncer officiellement la mort de son père, Kim Jong-il, en 2011.

De son côté, le magazine japonais Shukan Gendai rapportait vendredi 24 avril que Kim Jong-un était dans un état "végétatif" après l'échec d'une intervention chirurgicale. Le même journal, qui citait un expert médical chinois, assurait que Kim Jong-un aurait été victime d'un malaise au début du mois d'avril et qu'il avait besoin d'une endoprothèse, typique du traitement d'un anévrisme. Selon le journal, l'opération n'aurait pas été faite assez rapidement ou aurait été  "bâclée", certains rapports indiquant que le chirurgien "avait les mains tremblantes".

Kim Jong-un bientôt remplacé par sa soeur Kim Yo-jong ?

Il y a environ une semaine, CNN, qui citait un responsable américain, assurait que Washington étudiait "des informations" selon lesquelles le dirigeant était en "grave danger après une opération chirurgicale". Certaines rumeurs laissaient entendre que la soeur du dirigeant nord-coréen, Kim Yo-jong, se préparait à le remplacer en tant que chef suprême. Des rapports affirmaient qu'elle avait récemment été promue à un poste de pouvoir important. Donald Trump avait néanmoins balayé la rumeur dès jeudi en qualifiant ces informations "d'erronées".

L'opacité propre à la Corée du Nord et à ses dirigeants a inévitablement alimenté les fantasmes. Le 15 avril dernier, lors des célébrations du 108e anniversaire de la naissance du fondateur du régime, son grand-père Kim Il-sung, Kim Jong-un a brillé par son absence des photos officielles, alors qu'il s'agissait, et de loin, de l'événement le plus important inscrit au calendrier politique local. Une absence remarquée, mais les spéculations sur l'état de santé du leader de 36 ans ont réellement pris de l'ampleur après que Daily NK, un média en ligne géré par des Nord-Coréens ayant fait défection du régime, ait assuré que Kim Jung-un avait été opéré tout dernièrement pour des problèmes cardio-vasculaires.

Le site ajoutait qu'il était en convalescence dans une villa dans la province de Phyongan, dans le centre du pays, évoquant des problèmes de santé liés au "tabagisme excessif", à l'"obésité" et à la "fatigue" du dirigeant suprême. Dès le départ, plusieurs experts prévenaient que ces informations étaient à prendre avec des pincettes. Une source basée en Corée du Sud avait déclaré vendredi 24 avril que Kim Jong-un était en vie et apparaîtrait bientôt en public.

La Corée du Sud prudente

La Corée du Sud voisine et ennemie historique de Pyongyang a fait part de ses doutes très rapidement face à ces spéculations. "Nous n'avons rien à confirmer et aucun mouvement particulier n'a été détecté en Corée du Nord", avait déclaré dans un communiqué un porte-parole de la présidence sud-coréenne dès les premières rumeurs. 

En 2014, le dirigeant nord-coréen n'avait pas fait d'apparition pendant 40 jours, avant de réapparaître, et que soit révélée, par les renseignements sud-coréen, la cause de cette absence, en l’occurrence une opération pour un kyste à l'oreille. "Il n'y a aucune confirmation à ce stade et il est trop tôt pour tirer des conclusions sur son état de santé", a confié à l'AFP Ahn Chan-il, un transfuge du Nord devenu chercheur à Séoul.