Matthieu Orphelin : "Ce combat pour les sans papiers et pour les enfants est fondamental"

Matthieu Orphelin : "Ce combat pour les sans papiers et pour les enfants est fondamental" Le député LREM du Maine-et-Loire devrait s'abstenir de voter le projet du gouvernent réformant le droit d'asile. Il s'est expliqué dans "Restons poli(tique)s, pointant quelques "gros points qu'il reste à régler", notamment sur la présence d'enfants en centre de rétention.

"Ni godillot, ni frondeur", répète-t-il à l'envi. Invité de "Restons Poli(tique)s" ce jeudi 19 avril, le député LREM Matthieu Orphelin a précisé pourquoi il ne compte pas voter le texte réformant le droit d'asile en France. "La fonction de député c'est faire progresser un texte. Je le fais, collectivement, mais en fonction de mes convictions", dit-il. L'élu du Maine-et-Loire reconnaît que le projet a "beaucoup évolué", mais pas assez pour qu'il change d'avis et apporte sa voix à la majorité. Il met toutefois une option sur la table : "Ce qui pourrait me faire voter 'oui', avec plaisir : 'rallonger délai de recours des demandeurs d'asile'. Dans le projet de texte, c'est 15 jours au lieu de 30. Je pense que c'est trop court. Ça dégrade les droits de la défense. Je suis pour un compromis à 21 jours", fait-il savoir. Et de cibler un autre "point à régler", "le délit de solidarité" : "Aujourd'hui, si un citoyen français aide un migrant par acte de solidarité, il s'expose à être condamné. Ça n'a aucun sens. Il y a différents amendements sur ce sujet dans le texte. Il faut séparer une activité de type 'passeur' d'une activité purement solidaire. [...] Il faut être ambitieux là-dessus, c'est un vrai signal pour les associations".

Plus d'enfant en centre de rétention

Face à la gronde de Matthieu Orphelin et de quelques autres députés de la majorité, Richard Ferrand, le président du groupe parlementaire LREM à l'Assemblée, a promis que la majorité allait faire une proposition de loi sur le sujet spécifique des enfants qui sont conduits avec leurs parents dans des centres de rétention. "Ce combat pour les sans papiers et pour les enfants, il est fondamental, il est presque plus fort que mon combat pour l'écologie", dit-il en abordant le sujet. "Il faut qu'on trouve la solution. Il n'y avait pas la place dans ce texte-là (sur la situation des mineurs). [...] Si on trouve une solution dans 6 mois, moi ça me va bien. C'est une bonne porte de sortie", dit-il. Quelle doit être, alors, la finalité d'un texte d'initiative parlementaire sur le sujet ? Plus aucun enfant en centre de rétention ? "Oui, ce serait un bel objectif pour cette proposition de loi. Et nous verrons si c'est une promesse tenue ou pas".

"Pourquoi me sanctionner ? Ça n'a aucun sens"

En ne votant pas la loi Asile et Immigration avec les députés de la majorité, Matthieu Orphelin sait qu'il crée un certain agacement au sein de l'exécutif, pas très à l'aise avec l'expression de voix discordantes. Le président du groupe LREM est aussi remonté contre lui. "Je suis toujours dans le collectif. J'ai cherché à convaincre, à avancer. Je suis très zen avec tout ça. J'ai entendu ce qu'a dit Richard Ferrand. On s'est expliqué de manière très claire depuis. [...] Pourquoi me sanctionner ? Pour porter des valeurs ? Pour faire progresser le texte ? Ça n'a aucun sens !", estime-t-il. Et de rapporter ce que lui a dit le chef de l'Etat lorsqu'il a été élu député : "J'ai demandé un conseil à Emmanuel Macron au début de la législative. Il ma dit : "Sois toi-même. Porte ce que tu portes". Moi, j'applique ça".

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