Une histoire assez unique en Italie. Il y a une vingtaine d'années, son ambition était de jouer en Serie A de basket-ball. Aujourd'hui, Erika Scarpa, 45 ans, est devenue Mère Noemi, abbesse du monastère bénédictin de Sant'Anna, à Bastia Umbra en Italie. "J'ai quitté Murano à 19 ans, à la fin de la saison de basket, juste avant la montée en Serie B. J'ai passé les six premières années dans un monastère bénédictin à Offida, dans la région des Marches, dans la province d'Ascoli Piceno" explique-t-elle pour il gazzettino. Une détermination qu'elle met aujourd'hui au service de ses sœurs et mis en avant sur une série documentaire pour Prime Vidéo en Italie.
Désormais, mère Noemi dirige un monastère pour vivre une retraite monastique moderne, dans la plus pure tradition bénédictine avec sœur Myriam, sœur Debora et sœur Eleonora. Leurs vies ont été propulsées sur la plateforme avec "La cucina delle monache", une émission culinaire originale présentant des plats tirés d'un ancien livre de recettes retrouvé dans les archives du monastère.
"J'ai découvert cette boîte par hasard en réorganisant les archives historiques. J'y ai trouvé des notes manuscrites de différentes époques, certaines brûlées, d'autres graisseuses, d'autres encore marquées par le temps. J'ai alors compris qu'il s'agissait d'anciennes recettes. Cela nous a pris deux ans de travail. Nous avons publié un livre les regroupant, et c'est ainsi que tout a commencé."
"J'étais une sportive presque au niveau de la Serie A de basket", explique-t-elle tout en avouant garder des traces de son ancienne vie, loin de la cuisine. "Oui, j'ai trois paniers de basket au monastère, parce que quand des jeunes viennent me voir, mais aussi simplement des fans, on joue. C'est aussi une manière d'évangéliser."
Car oui, étonnant, le monastère peut recevoir des fans. "Nous avons été surprises, parce que quand la chose a commencé, ça semblait quelque chose d'anodin, de léger. Puis nous avons compris que ça pouvait être utile à beaucoup de gens : il y a eu des retours, des appels téléphoniques, des mails, des gens qui sont venus ici, qui nous ont remerciées et nous ont demandé de continuer. Il s'agit parfois de personnes hospitalisées, de malades d'Alzheimer, d'enfants en oncologie, en plus de personnes qui suivent normalement l'émission depuis leur salon au quotidien."
Dans une interview pour un média italien, elle explique aussi que la réaction de ses proches a été positive sur son choix de vie d'abandonner le basket et sa vie. "Au début, mon choix de la vie monastique a certainement surpris ma famille et ceux qui me connaissaient comme une jeune fille pleine de vie, active et pleine d'entrain : travail, basket, amis, petit ami… Au départ, tout le monde a été très surpris. Au fil des années, ils m'ont vue m'épanouir dans ce choix et, en me voyant heureuse, ils l'ont compris." Reste-t-il quelque chose qu'elle aimerait encore accomplir ? "Je sens aujourd'hui être assez accomplie. J'ai cependant l'urgence de m'engager pour contribuer, par ma vie, à améliorer le monachisme féminin."