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Municipales, mode d'emploi
 
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Dans la grande majorité des villes - les 32 794 communes de moins de 2 500 habitants - les élections municipales peuvent parfois donner lieu à des situations cocasses.


Liberté de candidature

Mairie
 
© L'Internaute Magazine
 
Première originalité, compte-tenu de l'absence de déclaration de candidature, il est possible de se porter candidat jusqu'au moment du vote. En théorie, un candidat peut donc se présenter à la mairie le matin même de l'élection avec une pile de bulletins à son nom. Une règle qui vaut aussi au second tour, y compris pour des candidats n'ayant pas participé au premier !

De plus, il n'est pas besoin d'être résident d'une commune pour y être candidat. Justifier d'une contribution directe aux finances de la commune (taxe foncière sur une propriété bâtie ou non-bâtie, taxe d'habitation, taxe professionnelle) suffit. Un entrepreneur habitant à plusieurs kilomètres, un investisseur ou un résident secondaire peuvent donc prétendre au poste de conseiller municipal. Une liberté que le législateur a tenté de limiter en fixant le nombre maximum de "non résidents" au quart d'un conseil municipal.


Des élus non-candidats

Pas de déclaration de candidature, et pas d'obligation de résidence dans la commune veut donc aussi dire qu'on peut être candidat dans plusieurs communes. C'est en particulier le cas des députés et sénateurs qui peuvent être candidats dans toutes les communes du département où ils ont été élus.

Compte-tenu de la liberté dans l'ajout des noms par les électeurs sur les bulletins lors du vote, il est aussi possible de se faire élire sans même avoir été candidat ! Et si en tant qu'électeur, vous ajoutez des noms sur une liste, attention à l'endroit précis où vous les ajouterez : ne seront comptés que les noms arrivant en premier sur la liste et correspondant au nombre de sièges vacants.


La raison : un manque de vocations

Une grande liberté dans le scrutin que Bernard Dapogny, auteur de l'ouvrage "L'Elu municipal", explique par un problème de vocation dans les petites communes rurales, où il est difficile de concilier vie professionnelle et engagement politique et où la rémunération du maire semble faible par rapport à ses responsabilités.

"Il y a quelques années on trouvait même de la publicité des communes dans le journal local pour trouver un maire. Dans certaines communes de très peu d'habitants, où on a décidé de conserver une mairie pour des raisons historiques ou administratives, il faut en effet en trouver un." Le moral des maires sortant est aussi faible, même si cela est moins vrai aujourd'hui, du fait de l'amélioration du statut de l'élu. A l'occasion du 90e Congrès des maires qui s'est déroulé en novembre, l'Association des maires de France a publié une étude selon laquelle 56 % des maires sortants avaient l'intention de se représenter aux prochaines municipales. "Ils n'étaient que 30 % il y a encore quelques années."

» Et aussi : consultez l'encyclopédie des villes


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