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Charles de Gaulle
© LAPI / Roger-Viollet

Hommes Politiques - France

Charles de Gaulle

Président de la République française de 1959 à 1969

Homme Politique (22/11/1890 - 09/11/1970)


Charles de Gaulle

Né à Lille (France) le 22/11/1890 ; Mort à Colombey-les-Deux-Eglises (France) le 09/11/1970

Symbole de la résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, « homme de la situation » pendant la Guerre d’Algérie et acteur principal de la construction de la Cinquième République, le général de Gaulle incarna la France pendant de nombreuses années. Passionné par le passé de son pays, il répondit présent à ses convictions en endossant le rôle du personnage qui ne subit pas l’Histoire mais la construit.

Une éducation traditionaliste et érudite

Né à Lille en 1890, Charles de Gaulle reçoit de sa famille une éducation conservatrice où catholicisme, patriotisme, admiration de l’Ancien Régime et érudition constituent les principales valeurs. Son père, professeur, le confie aux Jésuites et lui ouvre les portes d’une riche bibliothèque familiale que le jeune Charles dévorera, avec un intérêt particulier pour Péguy, Bergson mais surtout Chateaubriand.

S’orientant rapidement vers une carrière militaire, il entre à l’école de Saint-Cyr à 18 ans. Deux ans avant l’éclatement de la Première Guerre mondiale, il sort treizième de sa promotion et rejoint le 33ème régiment d’infanterie d’Aras alors commandé par le colonel Pétain.

Un militaire passionné

Lors de sa première affectation, Charles de Gaulle gagne rapidement la confiance et les éloges de Philippe Pétain ainsi que le grade de lieutenant. Quelque mois après le début de la Grande Guerre, il est promu capitaine. Il fait alors preuve d’un vif engagement lors des combats. Blessé à deux reprises et décoré de la Croix de guerre, il est finalement fait prisonnier au terme d’une courageuse bataille à Verdun. Soucieux d’être au cœur de l’action, il multiplie les tentatives d’évasion qui se soldent toutes par des échecs. Il sera finalement libéré à la fin de la guerre. Il part alors combattre en Pologne contre la Russie soviétique.

Après s’être marié en 1921, il rejoint l’école de Saint-Cyr pour enseigner mais ses théories qui mettent l’accent sur le mouvement et le rôle des blindés suscitent l’hostilité de ses supérieurs. En 1925, il est appelé par le Maréchal Pétain pour écrire une histoire du soldat français. Rapidement, les revendications de paternité sur ces ouvrages sépareront les deux hommes.

Les différentes publications de de Gaulle renforcent sa mésentente avec l’Etat-major tandis que son insistance sur l’importance des cuirassés et ses tentatives de rallier le monde politique à ses idées ternissent son image auprès de ses supérieurs.

L’Appel du 18 juin

Lorsque les combats de la Seconde Guerre mondiale débutent en mai 1940, le colonel de Gaulle est nommé à la tête d’une division cuirassée et se distingue en menant une contre attaque efficace à Montcornet. Très vite, Paul Reynaud, président du Conseil, lui donne un poste au Ministère de la Défense. Mais,  De Gaulle est fermement opposé à toute armistice. Quand Pétain signe la paix, il choisi l’exil en Angleterre pour pouvoir poursuivre le combat.

Désormais, la rupture avec son ancien supérieur se transforme en inimitié historique. Devenu général, de Gaulle défie le maréchal en lançant le 18 juin son célèbre appel dans lequel il appelle à poursuivre le combat contre les forces de l’Axe. Le nouveau gouvernement français répliquera en le faisant condamner à mort par contumace, pour haute trahison. De Gaulle va alors œuvrer pendant quatre ans à l’unification des résistants français. Son objectif est aussi que ces mouvements soient reconnus comme représentants légitimes de la France auprès des alliées. Malgré quelques divergences de vues, le général français bénéficie de l’appui officiel de Winston Churchill dès le 7 août, appui qui tranche avec la méfiance de Roosevelt.

Alors qu’il parvient à rallier certaines colonies, il unifie la résistance intérieure par l’intermédiaire de l’ancien préfet Jean Moulin.

Les Alliés reconnaissent en 1943 le Comité français de libération nationale (CFLN), tout juste créé par Giraud et de Gaulle, comme leur seul interlocuteur français. Le rôle des colonies dans la résistance permet également au général de reconsidérer leur place vis-à-vis de la métropole. Il jette ainsi les bases du passage de l’Empire à l’Union française lors de la Conférence de Brazzaville.

« Paris libéré »

Quelques jours après le débarquement en Normandie, de Gaulle prononce un discours acclamé.  Mais surtout, le 26 août 1944 il fait un triomphe à Paris lorsqu’il descend les Champs-Élysées et use de son talent d’orateur. Il prononce sa célèbre phrase : « Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! »

Dès le 3 septembre, il prend la tête du gouvernement provisoire qui doit faire face à des missions délicates : poursuivre la guerre jusqu’à la défaite de l’Allemagne nazi, parvenir à prendre part aux négociations de paix et rétablir la République tout en évitant la guerre civile. De Gaulle instaure donc un gouvernement d’unité nationale qui doit répondre aux attentes de chacun, y compris les communistes. Tandis que de nombreuses entreprises sont  nationalisées, les femmes obtiennent le droit de vote.

Mais la constitution qui se prépare oriente la France vers un régime parlementaire qui ne flatte guère la conception présidentielle du pouvoir de de Gaulle. Il démissionne donc le 20 janvier 1946, expose son point de vue lors de la Conférence de Bayeux au mois de juin suivant. Finalement, il fonde le Rassemblement du Peuple Français (RPF) en avril 1947. D’abord très influent, le parti décline rapidement et amène de Gaulle à se retirer de la vie politique en 1953. Il entame alors ce que Malraux appellera sa « traversée du désert ».

La naissance de la Cinquième République

En 1958, les événements d’Algérie précipitent le retour du Général sur le devant de la scène. Alors qu’il s’était retiré à Colombey-les-Deux-Eglises depuis 1953, il amorce sa réapparition en politique au printemps 1958 avant d’être appelé le 29 mai à la présidence du Conseil par René Coty.

Il charge alors Michel Debré de rédiger une nouvelle constitution qu’il fait approuver par référendum au mois de septembre suivant. En janvier 1959, il devient président d’une France désormais sous le régime de la Cinquième République. Il doit alors gérer une crise politique et monétaire. Cette seconde trouve une réponse avec la mise en place du nouveau Franc en 1960.

Quant à la crise d’Algérie, la voie du règlement sera plus longue et aboutira finalement aux accords d’Evian le 18 mars 1962. Entre temps, le Président aura su gérer le putsch des généraux et les débordement de l’OAS. Mais il est victime de l’attentat du Petit Clamart le 3 juillet. Il en sort toutefois indemne.

De l’indépendance de l’Algérie à l’indépendance de la France

Alors que l’indépendance de l’Algérie est effective, de Gaulle rencontre des difficultés en politique intérieure mais parvient à s’affirmer en terme de politique extérieur. Toutefois, malgré la contestation de certains parlementaires face à la décision d’élire le Président au suffrage universel, le référendum lui donne raison ainsi que l’élection de 1965 qui le reconduit – difficilement – dans ses fonctions.

Sur le plan international, de Gaulle impose sa vision de la France qu’il veut émanciper de ses anciens Alliés. L’indépendance vis-à-vis des Etats-Unis est un de ses thèmes privilégiés. Cela le conduit à faire sortir la France de l’OTAN en 1966. Il décide également d’opter pour l’armement nucléaire, poursuivant les principes qui l’avaient conduit en 1954 à voter contre le projet de Communauté Européenne de défense. Sa position face à l’Europe est  plutôt favorable mais par deux reprises il s’oppose à l’entrée du Royaume-Uni qu’il considère trop proche des Etats-Unis. Nommant l’ONU le « machin », il commet en 1967 un dernier coup d’éclat en proclamant « Vive le Québec libre », suscitant ainsi la colère des autorités canadiennes.

Mais, malgré l’essor économique, une crise nouvelle, réclamant la modernisation du pays, se prépare.

Mai 68

Alors que les Trente Glorieuses et le Baby-boom ont profondément modifié la société, les étudiants parisiens, sous l’impulsion des mouvements gauchistes, déclenchent fin mars 1968 des manifestations et des blocages d’université. Ils revendiquent entre autre une refonte de l’université, mais ils expriment surtout un besoin de changement dans la gouvernance du pays. Progressivement, le mouvement prend de l’ampleur et s’étend aux ouvriers. De Gaulle laisse le soin à son premier ministre Georges Pompidou d’intervenir. Mais face à un mouvement qui ne faiblit pas, de Gaulle s’envole sans prévenir le 29 mai pour Baden-Baden. De retour le lendemain, il prononce un discours de fermeté où il dénonce la « chienlit » et appelle à manifester pour le pouvoir en place.

La mobilisation qui suit cet appel est un succès, et le nouveau parti de de Gaulle sort renforcé des législatives de juin 1968. Mais l’homme, qui n’a pas compris les revendications de la jeunesse, est en décalage avec la société. Perçu comme un homme d’un autre siècle, le sursis qu’il a obtenu ne durera qu’un an. Le 27 avril, lors d’un référendum sur la régionalisation, qu’il présente lui-même comme un plébiscite, les Français votent contre la loi et l’homme. De Gaulle démissionne dès le lendemain et part en voyage en Irlande avant de passer la dernière année de sa vie à Colombey-les-Deux-Eglises.


Répondant à l’appel de l’Histoire lors de la Seconde Guerre mondiale, le jeune militaire brillant et fougueux rejoint en quelques années le statut de personnage historique. Percevant l’histoire et la politique avant tout comme l’œuvre de grands hommes, il suivait ainsi ses aspirations. Si sa méfiance vis-à-vis des partis lui fait quitter la politique en 1953, l’exceptionnelle gloire dont il jouit auprès des français lui permis d’endosser à nouveau le rôle de sauveur en 1958. Mais cet homme, qui lorgnait traditionnellement vers le passé glorieux de l’Europe et de la France de l’Ancien Régime, fut finalement rattrapé par la modernité. Ancien apôtre de la guerre de mouvement en conflit avec les conservateurs, il devint aux yeux de la jeunesse le symbole de l’immobilisme. Pourtant, sa gloire n’en fut pas véritablement ternie et sa conception de l’économie et de la gouvernance inspirera longtemps la droite gaulliste sous la Cinquième République.


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Les grands moments de la "décennie de Gaulle"
Le 21 décembre 1958, Charles de Gaulle devenait le premier président de la Ve République. De 1958 à 1969, retour sur les temps forts de sa présidence. Voir
Vidéo : Témoignages en images sur le Général de Gaulle

 

  Dates  

1890

22 novembre

Naissance de Charles de Gaulle
Charles de Gaulle naît à Lille. Il grandira au sein d'une famille catholique et traditionaliste. Son père, professeur dans un établissement catholique, l'initiera à la lecture des grands auteurs de son temps que sont Bergson et Péguy. Mais parmi ses lectures, De Gaulle se sentira tout particulièrement touché et influencé par les écrits de Chateaubriand.

1908

 

Entre à l'école militaire de Saint-Cyr
Charles entre à 18 ans dans l'école militaire de Saint-Cyr. Il ne se distingue pas lors du concours d'entrée mais sera toutefois treizième lors de la remise des diplômes quatre années plus tard.

1916

2 mars

De Gaulle est fait prisonnier
Au terme d'un long combat contre les Allemands à Douaumont, de Gaulle est à nouveau blessé. Mais ses soins se feront de l'autre côté du front. Prisonnier des Allemands, il est à hôpital de Mayence pour quelques temps. Il sera ensuite enfermé au fort d'Ingolstadt. Durant plus de deux ans de captivité, il fera au moins cinq tentatives d'évasion.

1920

 

Participe à la guerre de Pologne
Frustré par deux années de captivité, Charles de Gaulle ne s'empresse pas de rentrer au pays. Il préfère en effet continuer les combats. Il s'engage ainsi dans la guerre de Pologne contre la Russie soviétique.

1921

7 avril

Mariage avec Yvonne Vendroux
Charles de Gaulle épouse Yvonne Vendroux, fille d'un industriel de Calis. Ils s'étaient rencontrés après son retour de Pologne.

Charles de Gaulle : 40 Dates


  Citations  

 


"Je ne vais pas mal. Mais rassurez-vous, un jour, je ne manquerai pas de mourir."  
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Charles De Gaulle
 
 
"La diplomatie est l'art de faire durer indéfiniment les carreaux fêlés !"  
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Charles De Gaulle
 
 
"J'aime bien ceux qui me résistent ; l'ennui, c'est que je ne peux les supporter."  
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Charles De Gaulle
 
 
"Il vaut mieux avoir une méthode mauvaise plutôt que de n'en avoir aucune."  
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Charles De Gaulle
 
 
"Et surtout soyons-nous l'un et l'autre indulgents."  
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"Il faut à la force, pour tenir son rang, un certain caractère d'assurance."  
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"La grandeur a besoin de mystère. On admire mal ce qu'on connaît bien."  
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"La femme coquette est l'agrement des autres et le mal de qui la possede."  
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Charles de Gaulle : 116 citations


  Proches  

Winston Churchill (1874 - 1965) : allié
François Mitterrand (1916 - 1996) : opposant


  Plus d'infos  

Dossier : Charles De Gaulle, l'homme providentiel

Né à Lille en 1890, dans une famille catholique conservatrice, Charles De Gaulle fait ses études chez les Jésuites et opte très tôt pour une carrière... Lire la suite

Le prénom Charles : origine & statistiques

Homonyme : Charles de Gaulle
 

Voir aussi : Hommes Politiques - Hommes Politiques de France - Personnages de France - France


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