Extraits du roman de Marc Levy, La première nuit
- Page 34 : "La partie d'échecs n'évoluait pas en sa faveur"
- Page 35 : "Je suis tout aussi désolé que vous de la façon dont cette affaire s'est achevée"
- Page 36 : "Deux appels de phares rapides le guidèrent"
- Page 37 : "Pour que personne ne sache avec qui il s'entretient"
Paris
Ivory faisait les cent pas dans son salon. La partie
d'échecs n'évoluait pas en sa faveur et Vackeers venait
de déplacer son cavalier, mettant sa reine en danger.
Il s'approcha de la fenêtre, écarta le rideau et regarda
le bateau-mouche qui descendait la Seine.
– Voulez-vous que nous en parlions ? demanda Vackeers.
– De quoi ? répondit Ivory.
– De ce qui vous préoccupe à ce point.
– J'ai l'air préoccupé ?
– Votre façon de jouer le laisse supposer, à moins
que vous ne souhaitiez me faire gagner, dans ce cas,
l'ostentation avec laquelle vous m'offrez cette victoire
est presque insultante, je préférerais que vous me
disiez ce qui vous tracasse.
– Rien, j'ai peu dormi la nuit dernière. Dire
qu'avant je pouvais rester deux jours sans sommeil.
Qu'avons-nous fait à Dieu pour mériter un châtiment
aussi cruel que de vieillir ?
– Sans vouloir nous flatter, en ce qui nous concerne,
je trouve que Dieu a été plutôt clément.