Comment les requins détectent-ils leur proie ?

"Les dents de la mer" ont effrayé des générations et surtout donné une bien piètre image des requins. Ce grand prédateur est loin d'être si sanguinaire. Comment repère-t-il ses proies situées parfois à plusieurs kilomètres ?

Le requin est un poisson qui suscite à la fois fascination et crainte. Dans toutes les mémoires, ce seigneur des mers rime avec attaque. Ne dîtes pas le contraire, n'avez-vous jamais eu une petite angoisse en pleine eau ou lorsque vous n'avez plus pied ? Il est vrai que le requin est un remarquable chasseur. Il peut détecter une goutte de sang noyée dans des mètres cubes d'eau. Ses mets préférés : les oiseaux marins mais surtout les phoques.

 

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Le requin blanc possède une mâchoire d'un mètre de diamètre. © Christian LEFEVRE

Une vue défaillante

Le requin blanc doit sa mine terrifiante en particulier à ses deux grands yeux noirs immobiles. Pourtant, ces deux organes ne lui sont pratiquement d'aucune utilité ; le requin est vraiment miro. Il distingue les contrastes et quelques couleurs mais sa vue est peu aiguisée. Il lui arrive souvent de commettre des erreurs dans ses attaques. Les surfeurs en font parfois les frais.

Sous l'eau, le requin voit une forme peu distincte ressemblant à un phoque. En effet, lorsque le surfeur pagaie pour prendre la vague, la planche et les membres donnent cette forme de phoque vue de dessous. La vision des squales n'est donc par leur point fort et encore moins un atout pour la prédation.

 

Une ouie fine couplée à un odorat très développé

Bien qu'il soit à des kilomètres d'un banc de poisson ou d'un mammifère blessé, le requin peut le repérer sans aucune difficulté. Son ouie capte des fréquences allant de 10 à 1 000 hertz (25 à 16 000 Hz pour l'homme). Les moteurs de bateaux ainsi que les animaux blessés émettent des sons graves facilement perceptibles par le requin.

L'odorat œuvre également à cette bonne détection. Les narines ne sont pas liées à la bouche ou au système respiratoire (comme tous les poissons, la respiration s'effectue par les branchies). La muqueuse nasale est pourvue de milliers de cellules sensorielles toutes reliées au nerf olfactif. Leur présence en nombre accroît considérablement la sensibilité de l'odorat. Ceci explique que les requins perçoivent une goutte de sang diluée dans des tonnes d'eau.

 

Un sixième sens : l'électroréception

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Les raies sont également dotées d'ampoules de Lorenzini. © Sébastien BOUDET

Les requins identifient très bien les ondes mécaniques créées par l'agitation de l'eau. C'est pourquoi certains squales se hasardent au bord des côtes attirés par les mouvements des bateaux mais aussi des baigneurs. De la tête jusqu'au bout de leur nageoire caudale, ils possèdent une ligne de cellules sensorielles ciliées sensibles aux ondes mécaniques : c'est la ligne latérale. Les ondes déforment les cils qui indiquent au cerveau -via des nerfs- la proximité d'une proie.

Mais ces incroyables prédateurs possèdent un sixième sens redoutable. Au niveau de leur rostre (museau), des pores qui se présentent sous forme de taches noires, débouchent sur une cavité remplie de cellules sensorielles électriques : les ampoules de Lorenzini (du nom de leur découvreur). Ces cellules sont capables de déceler la moindre variation du champ électrique environnant, la plus infime qui soit. Ces organes peuvent ainsi capter la contraction d'un muscle d'une proie. En effet, toute contraction musculaire engendre une variation du champ électrique. Alors évitez de bouger si vous voyez au loin un aileron.

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