Vaccin Covid : Macron donne des dates pour la vaccination en France

Vaccin Covid : Macron donne des dates pour la vaccination en France VACCIN COVID. La campagne de vaccination qui sera menée en France s'affine. Alors que les premiers vaccins sont attendus pour fin décembre-début janvier, Emmanuel Macron a commencé à dresser un calendrier.

L'essentiel
  • La recherche du vaccin contre le Covid-19 s'est considérablement accélérée ces dernières semaines. Si le projet français, incarné par Sanofi, en est encore à la phase 2 des essais cliniques, d'autres laboratoires ont fait connaître les premiers résultats de la phase 3, la dernière avant la commercialisation. Pfizer et Moderna paraissent à ce jour les plus avancés : les deux Américains ont communiqué sur une efficacité à 95% de leurs sérums. Concernant les probables effets secondaires, des volontaires aux essais de Pfizer et Moderna ont témoigné en faisant état de fièvre élevée, des courbatures, des maux de tête et de grande fatigue ressentis après avoir été vacciné. Aucun effet secondaire grave n'aurait été identifié.
  • La France se prépare à l'arrivée des premiers vaccins contre le Covid-19. Emmanuel Macron et Jean Castex ont tous les deux confirmé que les premières vaccinations interviendraient entre fin décembre et début janvier. La Haute autorité de santé préconise une vaccination des Français en cinq phases. D'abord, le vaccin contre le Covid-19 devra être administré aux résidents des Ehpad, ainsi qu'au personnel de ces établissements. Le chef de l'Etat a également donné des dates concernant la campagne de vaccination pour le grand public. Celle-ci pourrait débuter "entre avril et juin", a-t-il fait savoir. Retrouvez sur cette page les toutes dernières avancées et actualités sur les vaccins contre le Covid.
Le point sur les vaccins anti-covid
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Consultez ci-dessous nos actualités sur le vaccin contre le Covid-19 au jour le jour.

Le calendrier vaccinaire s'affine

L'actu (2) du 1er décembre - Ce mardi, Emmanuel Macron a évoqué la campagne de vaccination à venir en France, à l'occasion d'une rencontre avec le Premier ministre belge. Le chef de l'Etat a fait savoir que la vaccination pour le "grand public" interviendrait "entre avril et juin" 2021, confirmant également que dans un premier temps, le vaccin sera réservé aux personnes à risque. "Il y aura une première phase, qui commencera le plus tôt possible, qui sera très ciblée, réservée sur les publics les plus sensibles. Il y aura une deuxième vague de vaccination, entre avril et juin, plus large et plus grand public", a détaillé Emmanuel Macron, assurant que "la stratégie vaccinale sera déclinée nationalement" dans les prochains jours. Le président de la République a également évoqué la production de doses de vaccins en Europe et le caractère uni de l'Union européenne dans cette quête. "Nous avons agi en européens, nous avons réservé les doses" et avons "les capacités de produire en Europe. Il y a une clé de répartition entre les États membres (de l'UE) en fonction de la population", a ajouté Emmanuel Macron.

Véran veut montrer le "cheminement", Pfizer place ses pions en Europe

L'actu du 1er décembre - Interrogé ce mardi sur la politique de vaccination que compte mener la France sur le front du Covid-19, Olivier Véran a promis de la transparence aux Français, alors que le gouvernement doit révéler sa stratégie cette semaine. "En matière de vaccination contre le Covid, évidemment que nous avons à faire une campagne d'information, d'explication et probablement de montrer aux Français le cheminement que nous suivons, avec les autorités scientifiques, les saisines citoyennes, le Conseil scientifique...", a expliqué le ministre de la Santé, évoquant également "l'organisation logistique, qui est importante aussi". Le gouvernement français compte s'exprimer sur ses choix et expliquer pourquoi telle population est à vacciner en priorité, pourquoi avec tel vaccin plutôt qu'un autre... "Cela fait partie des enjeux pour les prochains jours", a ajouté Olivier Véran.

Dans le même temps, ce mardi, Pfizer a fait un nouveau pas vers la commercialisation de son vaccin anti-Covid en Europe. L’Agence européenne des médicaments (EMA) a fait savoir qu'elle allait tenir une réunion extraordinaire le 29 décembre prochain, "au plus tard", pour donner, ou pas, son autorisation à la mise sur le marché du sérum fabriqué par le laboratoire américain associé à l'Allemand BioNtech. "Si les données soumises sont suffisamment solides pour conclure sur la qualité, la sécurité et l’efficacité du vaccin, l’EMA (…) conclura son évaluation lors d’une réunion extraordinaire prévue le 29 décembre au plus tard", a déclaré le régulateur européen dans un communiqué.​ Cela fait suite à la demande d'autorisation déposée ce lundi auprès de l'EMA par le couple américano-germanique, qui espère la commercialisation de son sérum "en Europe avant la fin de 2020".

La HAS publie ses recommandations sur le vaccin

L'actu du 30 novembre - Ce lundi, la Haute autorité de santé a dévoilé ses recommandations quant à la vaccination prochaine des Français contre le Covid-19. La HAS préconise une vaccination en cinq phases :

  • D'abord, le vaccin contre le Covid-19 devra être administré aux résidents des Ehpad, ainsi qu'au personnel de ces établissements.
  • Quand plus de doses seront disponibles, seront concernés les 75 ans et +, ainsi que les 65-74 ans avec comorbidités, professionnels de santé de 50 ans et plus ou avec comorbidités.
  • Troisième phase : pour les plus de 50 ans ou moins de 50 ans avec comorbidités, et l'ensemble des personnels de santé.
  • Les personnes fortement exposées par leur métier et les personnes précaires (SDF, résidents hôpital psychiatrique) seront concernés par la quatrième phase.
  • Enfin, phase 5 : les plus de 18 ans sans comorbidité.

Dans ses recommandations publiées ce lundi, la Haute autorités de santé (HAS) préconise donc une vaccination en premier lieu pour les personnes âgées résidentes des établissements médico-sociaux. Elles doivent être vaccinées "à l'arrivée des toutes premières doses" de vaccin contre le Covid-19, selon l'institution. L'HAS justifie cette recommandation "compte tenu du nombre limité de doses qui seront disponibles au démarrage". Pour rappel, Emmanuel Macron et Jean Castex ont tous les deux fait savoir que les premières vaccinations interviendraient entre fin décembre et début janvier.

Par ailleurs, La Haute autorité de santé ne préconise pas de vaccination contre le Covid-19 pour les mineurs. “Ce n’est pas une priorité”, estime la HAS, compte tenu du faible nombre de doses qui, dans un premier temps, vont être disponibles en France. Les experts estiment que les moins de 18 ans sont moins concernés par les formes graves de coronavirus et que les laboratoires qui développent des vaccins n'ont pas suffisamment inclus les mineurs dans leurs essais cliniques. L'autorisation de vaccination “ne sera pas délivrée pour les enfants puisqu’il n’y aura aucune donnée d’efficacité et surtout de tolérance relative à cette population”, a précisé Daniel Floret, vice-président de la commission technique des vaccinations de la HAS, lors d'une conférence de presse ce lundi.

Malgré les bonnes nouvelles, l'avertissement de Moderna

L'actu du 25 novembre - Depuis plusieurs semaines maintenant, les bonnes nouvelles s'enchaînent dans la course à la vaccination contre le Covid-19. D'abord Pfizer, puis Moderna, et enfin AstraZeneca : au moins trois laboratoires reconnus en sont à la phase trois des essais cliniques - la dernière - et ont publié des premiers résultats très encourageants quant à l'efficacité de leurs vaccins anti-Covid. Des annonces qui font naturellement miroiter un retour à la "vie d'avant" le coronavirus, mais qui doivent, en réalité, être accueillies avec pragmatisme, comme l'a rappelé Moderna. Le médecin en chef du groupe pharmaceutique américain a averti sur la chaîne HBO que malgré l'arrivée prochaine des sérums, le retour à la normale ne serait pas pour tout de suite.

Et pour cause, selon Tal Zaks, le Covid-19 va continuer à circuler et à se transmettre. "Lorsque nous commencerons à déployer ce vaccin, nous n'aurons pas suffisamment de données concrètes pour prouver qu'il réduit la transmission", a-t-il déclaré, jugeant que les résultats publiés jusque-là par les différents laboratoires "ne montrent pas" que les vaccins "vous empêchent de porter ce virus de façon transitoire et d'infecter d'autres personnes". Le scientifique a ainsi insisté pour encourager les populations à ne pas subitement modifier leurs comportements dès lors que les premiers vaccins arriveront. Autrement dit, masques et gestes barrières sont encore là pour un moment...

Emmanuel Macron déclare que le vaccin ne sera pas obligatoire et esquisse un calendrier

Jacques Witt/SIPALe 24 novembre 2020, à 22h45 - Emmanuel Macron s'est exprimé ce mardi 24 novembre 2020 dans la soirée au sujet de l'épidémie de coronavirus en France, en recul, et sur la stratégie de l'exécutif sur le confinement. Alors qu'un plan de déconfinement progressif a été annoncé, le chef de l'Etat a donné des précisions sur la campagne de vaccination qui s'annonce, avec les résultats encourageants de plusieurs vaccins candidats. Emmanuel Macron a esquissé un calendrier pour les premières vaccinations dans le pays, qui devraient avoir lieu "vraisemblablement dès fin décembre, début janvier" selon lui. Les personnes fragiles et donc les plus âgés seront les premiers vaccinés à cette période de l'année.

Emmanuel Macron a aussi promis qu'"un comité scientifique sera chargé du suivi de ces vaccinations", avec une restitution des informations et une communication sur les incertitudes sur le remède "de manière claire, transparente". Pour garantir la transparence de la vaccination, un "collectif de citoyens" sera aussi mobilisé pour associer la population à la démarche.

"Je ne rendrai pas la vaccination obligatoire", a par ailleurs promis Emmanuel Macron, malgré la réelle nécessité à vacciner une partie importante de la population pour définitivement se débarrasser du SARS-Cov-2. Une parole qui a été remarquée alors que les réticences contre les vaccins sont relativement fortes en France. Le vaccin anti-Covid reste à ce stade soumis au feu vert des autorités sanitaires.

La France a, avec l'Union européenne "sécurisé le nombre de doses" nécessaires, a par ailleurs assuré le président. "Après les ratés sur les masques et les tests, l'exécutif sait qu'il ne peut échouer sur le sujet des vaccins, d'autant que les sondages montrent une population sceptique sur l'intérêt de se faire vacciner", analyse l'AFP ce mardi soir.

Des vaccins moins chers pour la France que pour les USA ?

L'actu du 24 novembre - Les négociations entre les pays pour le vaccin anti-Covid vont bon train. En Europe par exemple, l'UE a d'ores et déjà fait savoir que 300 millions de doses du nouveau vaccin contre le Covid-19 de Pfizer avait été commandées et en France, le gouvernement a assuré que que 15 % des vaccins achetés par l’UE lui reviendra. Si tout cela est bon pour l'effet d'annonce, reste à connaître le prix à payer et en réalité, il pourrait s'avérer raisonnable. Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l'Industrie, a confié qu'il n'était "pas impossible que nous ayons de meilleurs prix que les Américains, parce que nous avons su négocier en groupe". La ministre fait écho au partenariat passé par la France et six autres membres de l'Union européenne afin de précommander une dose très importante de vaccins, en tout cas davantage que la commande des Etats-Unis. Du côté des laboratoires, on ferait ainsi des économies d'échelles, ce qui permettrait d'abaisser les prix.

Le vaccin d'AstraZeneca efficace à 70%

AstraZeneca, qui collabore avec l'université d'Oxford, a indiqué ce lundi dans un communiqué que son vaccin anti-Covid  avait atteint 70% d'efficacité. Il s'agit des premiers résultats des essais cliniques menés à grandes échelles au Royaume-Uni ainsi qu'au Brésil. Ce taux est inférieur aux 90% de Moderna ou de Pfizer, mais le laboratoire anglo-suédois se défend en indiquant utiliser une technologie plus traditionnelle que ces deux concurrents. Son vaccin serait ainsi moins coûteux et plus facile à stocker car il ne nécessite pas une conservation à très faible température. De plus, AstraZeneca s'est félicité qu'aucun participant aux essais cliniques n'avaient vu leur état se dégrader, nécessitant une hospitalisation.

Concernant la distribution, là encore le groupe pharmaceutique défend une "chaîne d’approvisionnement simple". Le vaccin "sera accessible et disponible à travers le monde", promet Pascal Soriot, le directeur général français d’AstraZeneca, dont les propos sont cités dans le communiqué. Cette nouvelle a été saluée par le gouvernement britannique, qui s'est également félicité d'un sérum plus facile d'utilisation que la ceux de la concurrence. "Ce vaccin développé ici (au Royaume-Uni, ndlr) est plus facile à administrer que celui de Pfizer parce qu’il n’a pas besoin d’être conservé à -70 degrés", a déclaré le ministre de la Santé.

Le vaccin Pfizer doit-il vraiment se conserver sous -70 degrés ?

Le 20 novembre 2020, à 11h30 - Le vaccin de Pfizer et BioNTech est le premier à donner un espoir dans la lutte contre le coronavirus avec une efficacité de 90% puis de 95% après rectification. Mais sur le papier, le vaccin présente un gros bémol qui pourrait compliquer sa mise en circulation dans le monde. En effet, pour sa conservation, le vaccin doit être entreposé dans des températures inhabituelles de -70 degrés. Pour rentrer dans les détails, le vaccin repose sur l'ARN messager (ARNm) constitué d'un seul brin, et qui est sensible aux enzymes qui découpent l'ARN (les ribonucléases), omniprésentes dans le sang. Pour le protéger, l'ARNm est donc encapsulé dans des nanoparticules lipidiques, qui l'aident également à s'introduire dans la cellule dans une température polaire. Par conséquent, des conteneurs spéciaux sont obligatoires pour son transport en ajoutant constamment de la glace carbonique, produit considéré comme "dangereux" dans les avions. La France a déjà annoncé s'être équipée de 50 "supercongélateurs" pour pouvoir conserver le vaccin.

Mais selon Futura santé, "le vaccin de Pfizer supporterait -20 °C pendant quinze jours et même 2 °C à 8 °C pendant cinq jours". Pour Thomas Madden, le P.-D.G. d'Acuitas Therapeutics, interrogé par le New Scientist et cité par nos confères, cette température serait "un excès de précaution". "Il n'y a pas de limite technique de température. Les vaccins sont développés tellement rapidement qu'on n'a pas eu le temps de mener des tests de stabilité." Selon une étude de 2018 publiée dans la revue Nature, une stabilité d'au moins six mois à température réfrigérée a déjà été observée pour l'ARNm encapsulé.

Pfizer demande une mise en circulation sur le marché et annonce une efficacité de 95%

Le 18 novembre 2020, à 13h30 - Après l'annonce de son efficacité à plus de 90% qui a fait grand bruit dans la lutte contre le coronavirus, le vaccin Pfizer et BioNTech serait désormais efficace à 95% selon plusieurs médias américains et semble avoir franchi une nouvelle étape ce mercredi 18 novembre. En effet, le directeur général du groupe pharmaceutique américain Pfizer a confirmé ce mardi qu’une demande d’autorisation de commercialisation de son vaccin contre le Covid-19 serait déposée très prochainement aux États-Unis. "Nous sommes très proches d’un dépôt de demande d’autorisation en urgence", a déclaré Albert Bourla lors d’une conférence organisée par le site Statnews en affirmant que le vaccin de Pfizer a atteint le nombre de cas positifs nécessaires (164) pour conclure sa phase 3 des essais cliniques. Albert Bourla n'a toutefois pas confirmé ni infirmé que cela interviendrait cette semaine. À titre d'information, une autorisation en urgence est une autorisation temporaire ou sous conditions, accordée par l’Agence américaine des médicaments (FDA) pour répondre à une situation d’urgence telle que la pandémie. Elle peut être révoquée ou modifiée si de nouvelles données sur l’efficacité ou l’innocuité apparaissent plus tard. Si tout va bien, il pourrait même y avoir une mise en circulation du vaccin dès le mois de décembre...

Le gouvernement français assure que l'UE négocie avec Modena pour une commande de vaccins

Le 17 novembre 2020, à 14h20 - Ce mardi, le secrétaire d'Etat chargé des affaires européennes et la ministre déléguée à l'Industrie ont fait savoir que l'Union européenne se préparait à signer un contrat avec le laboratoire Moderna pour un approvisionnement en vaccins. "Le contrat européen est en cours de négociation et sera très vite conclu. Nous ne laissons aucune solution de côté, nous négocions avec exigence pour protéger au plus vite tous les Européens", a fait savoir Clément Beaune, sans donner de chiffres sur les volumes de commande. Le secrétaire d'Etat a réagi aux propos du PDG de l'entreprise qui regrettait qu'une telle commande n'ait pas été encore conclue. "On discute avec beaucoup de pays d'Europe depuis le mois de mai mais nous n'avons aucune signature de contrat. Le vaccin est sur le point d'être approuvé par les autorités sanitaires européenne, ce serait dommage qu'aucun pays ne puisse en disposer", estimait en effet Stéphane Bancel sur BFM Business dans la matinée.

"La Commission européenne a signé avec Moderna un pré-accord et cette information est publique depuis le 24 août. Nous sommes désormais dans la phase de rédaction de l’accord", a de son côté assuré la ministre déléguée à l'Industrie Agnès Pannier-Runacher. La France "se met dans les starting-blocks pour être prêt à distribuer un vaccin contre le Covid-19" a par ailleurs assuré Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement ce mardi, ajoutant : "On prépare une campagne de vaccination pour être prêt au moment où un vaccin sera validé par les autorités de santé européennes et nationales".

Le vaccin de Moderna efficace à près de 95%

Le 16 novembre 2020, 14h31 - C'est au tour du laboratoire américain Moderna de rendre publics les résultats de sa première étude effectuée dans le cadre des essais de phase 3 de son vaccin : le sérum permettrait de réduire le risque de contracter la maladie dans des proportions gigantesques, de l'ordre de 94,5%. "C’est un moment charnière dans le développement de notre candidat-vaccin contre le Covid-19. Cette analyse intérimaire positive issue de notre essai de phase 3 nous donne les premières indications cliniques que notre vaccin peut prévenir la maladie du Covid-19, y compris la forme grave", s'enthousiasme le PDG de Moderna, Stéphane Bancel dans un communiqué. La société de biotechnique espère une homologation dans les prochaines semaines et une commercialisation d'ici la fin de l'année de son vaccin.

Moderna doit encore affiner les résultats de cette étude, le niveau de protection doit être réévalué et des précisions apportées sur la nature de l'immunité apportée. Selon le laboratoire américain, près de 10% des personnes vaccinées dans les essais intermédiaires ont développé des effets secondaires après la seconde dose : essentiellement de la fatigue, des courbatures ou des rougeur autour du point d’injection. Le vaccin aurait un avantage considérable par rapport à celui de son concurrent Pzifer : il pourrait être conservé à des températures moins extrêmement froides, facilitant notamment son transport à travers le monde.

"La cavalerie arrive" : bientôt de nouveaux vaccins contre le Covid-19 ?

Le 13 novembre 2020, à 14h29 - La course au vaccin ne s'arrête pas, alors que l'épidémie de coronavirus continue de sévir à travers le monde. Lundi 9 novembre, Pfizer provoquait une petite révolution en annonçant une efficacité "à 90 %" de son antiviral, développé avec la société allemande de biotechnologie BioNTech. Et ce vaccin pourrait ne pas être le seul. En effet, le célèbre immunologue américain, Anthony Fauci, a assuré vendredi 13 novembre qu'un autre vaccin contre le Covid-19 "était littéralement sur le point d'être annoncé". "La cavalerie arrive", a-t-il ainsi déclaré lors d'une intervention vidéo pour le cercle de réflexion Chatham House, à Londres, relayée par le Financial Times. Selon l'ancien conseiller scientifique de Donald Trump, ce vaccin anti-Covid pourrait être celui développé par la société de biotechnologie américaine, Moderna, qui aurait prévu de déposer une demande d'autorisation en urgence auprès de l'Agence des médicaments (FDA) fin novembre.

Le gouvernement français appelle à la prudence après les annonces de Pfizer

Le 10 novembre 2020, à 16h56 - Le communiqué de Pfizer a créé une nouvelle attente et levé de nouvelles interrogations sur la mise à disposition rapide d'un vaccin contre le Covid dans un avenir proche. Les bourses mondiales ont même rebondi très sensiblement. Le gouvernement français, lui, modère les effets d'annonce. "Il faut être d'une très grande prudence dès lors que les données scientifiques ne sont pas connues, dès lors que l'ensemble des essais et des tests n'ont pas été réalisés. Il faut être transparent avec les Français pour leur dire que le vaccin ne pourra pas être une solution à la deuxième vague que nous vivons", a fait savoir le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, à la mi-journée. "Il est trop tôt pour dire dans quelles conditions nous déploierons un vaccin alors même qu'aucun vaccin aujourd'hui n'a été validé", a-t-il ajouté, faisant savoir qu'Emmanuel Macron avait évoqué la question lors du conseil des ministres du jour.

La France se prépare déjà au lancement d'une grande campagne de vaccination. 1,5 milliard d'euros ont été programmés dans le budget 2021 de la Sécurité sociale pour financer cette campagne. La Haute autorité de santé a lancé hier une consultation publique pour préparer cette campagne de vaccination à grande échelle et sonder les Français sur de quatre points principaux : identifier les populations à cibler prioritairement, identifier les critères pertinents d’évaluation, mener une veille sur le développement des vaccins susceptibles d’être rapidement mis à disposition, définir les modalités pratiques de la campagne de vaccination (voir la consultation publique ici).

Quels vaccins ont été commandés par la France ?

Alors que les premiers vaccins contre le Covid-19 arrivent, le gouvernement français a d'ores et déjà budgétisé le coup de l'opération. La France compte investir 1,5 milliards d'euros en 2021 pour les différentes campagnes de vaccination. "On prépare une campagne de vaccination pour être prêt au moment où un vaccin sera validé par les autorités de santé européennes et nationales et pour pouvoir, dans la foulée, immédiatement lancer un vaccin", faisait savoir le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, mi-novembre. Concrètement, la France compte recourir au premier vaccin disponible s'il est efficace, mais des pré-commandes diverses ont été passées via l'Union européenne. Six vaccins et plus d'un milliards de doses ont fait l'objet de commandes, réparties entre les laboratoires suivants : Pfizer-BioNtech, Moderna, AstraZeneca, Sanofi, Johnson&Johnson et CureVac.

Quelles dates d'arrivée des vaccins en France ?

Aucune date précise n'a été communiquée sur l'arrivée des premiers vaccin anti-Covid en France, mais un calendrier se dessine. Emmanuel Macron et Jean Castex ont tous les deux fait savoir, fin novembre, que les premières doses étaient espérées entre fin décembre et début janvier. C'est à cette période que l'Agence européenne des médicaments devrait donner ses premiers feux verts à des laboratoires. Ainsi, les premières vaccinations en France pourraient intervenir à la toute fin 2020, qui concerneront "les personnes les plus fragiles" comme l'a fait savoir Emmanuel Macron. La campagne de vaccination de masse, elle, pourrait débuter au printemps 2021.

Sanofi, Moderna, Pfizer... Comment ils fonctionnent ?

Si les vaccins des différents laboratoires ont le même objectif, à savoir immuniser contre le Covid-19, tous n'emploient pas la même technique pour ce faire. Il existe des fonctionnements diverses :

  • Pfizer et Moderna utilisent tous les deux la technique de l'ARN Messager. Cette dernière vise à donner au corps les informations génétiques nécessaires pour déclencher une protection contre le virus. L'ARN messager du vaccin s'insère et prend le contrôle de cette machinerie pour faire fabriquer un antigène spécifique du coronavirus : la " spicule" du coronavirus, sa pointe si reconnaissable qui se trouve à sa surface et lui permet de s'attacher aux cellules humaines pour les pénétrer. Cette pointe, inoffensive en elle-même, sera ensuite détectée par le système immunitaire qui va produire des anticorps, et ces anticorps vont rester. Cette méthode jamais utilisée pour l'homme pourrait provoquer quelques complications notamment sur la conservation du vaccin qui se ferait à de très basses températures.
  • AstraZeneca, Sputnik et Johnson&Johnson utilisent la technique du vecteur viral. Contrairement au procédé originel, celui-ci, relativement récent à l'échelle de l'histoire de la vaccination, n'injecte pas l'agent infectieux d’une pathologie, en l'occurrence le Covid-19, sous forme vivante ou inactive. A la place, on injecte à l'Homme un "vecteur inoffensif contenant un ou plusieurs gènes de l’agent infectieux codant les antigènes capables d’être reconnus par le système immunitaire", comme l'indique le site de la fédération pour la recherche sur le cerveau. Il existe deux types de vecteurs viraux. Il y a ceux qui sont dits intégratifs, lorsque l’ADN du vecteur viral s’intègre dans l’ADN de l’hôte et les non intégratifs, lorsque le gène thérapeutique demeure dans la cellule sans s’intégrer au génome de l’hôte (Source : Inserm). Plusieurs vaccins bien connus utilisent cette technique, à l'image du sérums contre l'hépatite B.
  • Sanofi, le vaccin français, utilise la technique à base de protéine recombinante. Il s'agit d'une protéine produite par une cellule dont le génome a été transformé par recombinaison génétique.

Quels sont les effets secondaires redoutés du vaccin ?

Aux Etats-Unis comme en Europe, la distribution des premiers vaccins anti-Covid se rapproche, alors que Moderna et Pfizer ont déposé leurs demandes d'autorisation de mise sur le marché des deux côtés de l'Atlantique. Cette vague de vaccination à venir se devrait pas se faire sans désagréments, ont averti fin novembre des médecins américains, qui ont encouragé les responsables de la santé publique ainsi les laboratoires à avertir la population sur les très probables effets secondaires des vaccins. A l'occasion d’une réunion avec les conseillers des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies américains (CDC), le docteure Sandra Fryhofer s'est interrogé sur la possibilité que de nombreuses personnes renoncent à se faire administrer la deuxième dose du vaccin, découragés par ces effets secondaires justement. Des volontaires aux essais de Pfizer et Moderna, les deux laboratoires américains les plus avancés, ont témoigné en faisant état de fièvre élevée, des courbatures, des maux de tête et de grande fatigue ressentis après avoir été vacciné.

Quelle campagne de vaccination en France ?

Une vaste campagne de vaccination se prépare en France et le calendrier s'affine. Fin novembre, on apprenait que le pays allait procéder aux toutes premières vaccinations entre la fin décembre et le début du mois de janvier. Il s'agira de la première phase, celle qui concernera les personnes les plus à risque, comme l'a fait savoir Emmanuel Macron. Jean Castex, de son côté, a confirmé que ces personnes seraient les résidents d'Ehpad ainsi que le personnel travaillant dans ces établissements. Puis, une deuxième phase qui concernera le "grand public", selon les mots du chef de l'Etat, interviendra entre avril et juin 2021.

Tout cela reste à être détailler par le gouvernement. "La stratégie vaccinale sera déclinée nationalement", a assuré Emmanuel Macron, qui pourrait suivre, ou non, les recommandation de la Haute autorité de santé, qui a préconisé une campagne de vaccination en cinq phases, à mesure que le nombre de doses de vaccin s'agrandit : d'abord résidents et les salariés des Ehpad, puis les personnes de plus de 65 ans et professionnels de santé, les personnes de plus de 50 ans, les professionnels vulnérables et personnes précaires enfin les personnes de plus de 18 ans. L'enjeu de cette campagne de vaccination contre le Covid-19 s'annonce d'importance en vue de la fin de l'épidémie, surtout en France où le virus a tué plus de 50 000 personnes et où la réticence envers la vaccination est encore très vive. Pour rappel, il convient que 67% de la population soit vaccinée, selon la revue scientifique Nature, pour atteindre l'immunité collective.

La vaccination sera-t-elle obligatoire ?

La réponse est non. Emmanuel Macron, lors de son allocution du 24 novembre, s'y est engagé devant les Français. La stratégie du gouvernement, qui doit malgré tout convaincre le plus grand nombre à se faire vacciner, souhaite plutôt instaurer un rapport de confiance dans ce dossier du vaccin, face à une population particulièrement peu encline à la vaccination. L'exécutif souhaite ainsi mettre en place une transparence totale sur le sujet, qui devra participer "au rapport de confiance que le gouvernement souhaite établir avec les citoyens concernant l'appréhension face à ce vaccin", comme l'a glissé un proche du chef de l'Etat au Journal du dimanche. La tâche du gouvernement s'annonce ardue puisque selon un sondage IFOP réalisé pour le JDD, 59% des Français ne veulent pas se faire vacciner contre le coronavirus.