Vaccin Moderna : une nouvelle forme de vaccin pour la 3e dose ?

Vaccin Moderna : une nouvelle forme de vaccin pour la 3e dose ? Reuters se fait l'écho d'une nouvelle forme du vaccin contre le covid qui permettrait de recevoir la troisième dose mais également une dose de vaccin contre la grippe.

[Mis à jour le 10 septembre 2021 à 13h52] Et si Moderna était le premier à mélanger le vaccin contre le Covid et celui de la grippe ? Selon Reuters, le laboratoire pharmaceutique américain Moderna travaille actuellement sur un vaccin qui combinerait la troisième dose contre le Covid-19 et le vaccin anti-grippal. "Nous pensons qu'il y a une très grande opportunité devant nous, si nous pouvons mettre sur le marché un rappel annuel pan-respiratoire hautement efficace", explique Stéphane Bancel, le directeur général du laboratoire américain. "La population va garder en mémoire l'épidémie et sera beaucoup plus disposée à une vaccination récurrente", poursuit Stéphane Bancel.

Pour rappel, à la fin du mois d'août, la Haute autorité de santé (HAS) proposait de "simplifier le parcours vaccinal en administrant le vaccin contre la grippe et celui contre le Covid de manière concomitante". Si Moderna parvient à réaliser ce qu'elle entreprend, les gains de temps et financier pourraient être très élevés.

Ce qu'on sait sur le vaccin moderna
  • Une efficacité spectaculaire - Moderna revendique un taux d'efficacité encore plus élevé que son concurrent Pfizer : 94,1%, à l'issue de deux injections. "Cette analyse intérimaire positive issue de notre essai de phase 3 nous donne les premières indications cliniques que notre vaccin peut prévenir la maladie du Covid-19, y compris la forme grave", peut-on lire dans le communiqué de Moderna. Concrètement, Moderna a identifié 95 volontaires ayant contracté le Covid-19 dans son groupe de 30 000 volontaires : 90 font partie du groupe ayant reçu un placebo, 5 figuraient dans le groupe ayant été vacciné. 
  • Protection contre les variants - Dans un communiqué publié le 25 janvier, le laboratoire Moderna affirme que son vaccin est efficace contre les différents variants venant de Grande Bretagne et d'Afrique du Sud. Plus récemment, dans un communiqué publié le 29 juin, le PDG du laboratoire, Stéphane Bancel, avançait que "le vaccin Moderna COVID-19 devrait rester protecteur contre les variantes nouvellement détectée". Il s'appuyait sur les résultats d'une étude menée par la biotech sur huit échantillons de sang de personnes vaccinées pour observer le taux d'anticorps produits contre plusieurs variants. Les taux de cellules neutralisantes restaient suffisants malgré une diminution évaluée entre 2,1 et 3,4 par rapport au nombre d'anticorps produits face à la souche historique du Covid-19.
  • Une efficacité sur les personnes fragiles - 42% des volontaires sont issus de populations à risques (personnes de plus de 65 ans ou présentant un facteur aggravant). Les cas les plus graves apparus pendant les essais se sont tous manifestés dans le groupe n'ayant pas été vacciné. "Cela montre que notre vaccin permet, la plupart du temps, de ne pas être malade du tout, et que les quelques personnes vaccinées qui tomberont malgré tout malade n'auront pas de maladie grave", s'est réjouit Stéphane Bancel, le PDG de Moderna, auprès du Monde.
  • Des effets indésirables faibles - C'est en tout cas l'une des promesses de Moderna. "Un examen des effets indésirables sollicités a indiqué que le vaccin était généralement bien toléré. La majorité des événements indésirables étaient d'intensité légère ou modérée", peut-on lire dans le communiqué de presse de Moderna. Après la deuxième injection, des patients ont constatés certains effets collatéraux : fatigue (9,7%), douleurs musculaires (8,9%), douleurs articulaires (5,2%), maux de tête (4,5%) et rougeurs autour du point d'injection (2%). Parmi les effets secondaires très fréquents (soit plus d'une personne sur dix concernée), la notice mentionne des gonflements dans l'aisselle, des maux de tête, des nausées, des vomissements, une douleur musculaire, douleur articulaire et raideur, une douleur ou gonflement au site d'injection, une fatigue importante, des frissons et de la fièvre. Des effets indésirables "d'intensité légère", indique toutefois le laboratoire.
    L'Agence nationale de sécurité des médicaments s'occupe de rester vigilante sur l'apparition de nouveaux effets secondaire, mais elle n'en compte "que" 6 213 sur plus de 5,5 millions d'injections d'après le rapport daté du 16 juillet. L'autorité précise que la plupart des cas concernent des "réactions retardées locales non graves". Mais quelques signalement d'effets plus inquiétants font l'objet d'une surveillance renforcée comme les myocardites et péricardites, dont respectivement 7 et 13 cas ont été enregistrés en France depuis le début de la vaccination et pour lesquels "la majorité des patients sont rétablis ou en cours de rétablissement". L'ANSM fait également part de "3 cas graves de polyarthrite rhumatoïdes et 3 cas de néphropathie glomérulaire observés depuis le début de la vaccination" avec Moderna. S'ils sont évoqués les risques sont minimes par rapport au nombre de vaccination et n'entachent pas la balance bénéfices-risques toujours en faveur du vaccin.
  • Un conservation à -20°C - L'un des points forts du vaccin de Moderna réside dans ses conditions de conservation : le laboratoire assure que le vaccin peut être conservé à -20 °C, soit la température d'un congélateur standard. La stabilité du vaccin est aussi assurée pour six mois.
  • Principe de l'ARN messager - L'entreprise, également américaine, mais dont les travaux sont dirigés par un Français, est la deuxième à utiliser la technique de l'ARN messager, dont le principe est de communiquer à l'organisme les informations génétiques nécessaires pour déclencher de manière autonome une protection contre le virus. "Le vaccin ARNm-1273 induit une réponse immunitaire forte et rapide au SARS-CoV-2", a déjà promis Moderna.
  • Bientôt homologué chez les enfants - La Haute autorité de Santé a rendu un avis favorable à l'utilisation du vaccin Moderna chez les jeunes âgés de 12 à 17 ans, le mercredi 28 juillet. Cinq jours plus tôt c'est l'Agence européenne des médicaments qui avait approuvé l'administration du produit pharmaceutique chez les mineurs. L'EMA avait précisé que l'efficacité du vaccin pour cette tranche d'âge était semblable à celle observée chez les 18-25 ans. Pour les plus jeunes encore, lors d'une interview accordée à BFM TV, jeudi 3 juin, le patron de Moderna Stéphane Bancel a envisagé une homologation du vaccin Moderna pour les enfants de 6 mois à 11 ans, d'ici l'automne. "Elle prend un peu plus de temps, car pour les enfants en bas âge, il faut démarrer avec une dose beaucoup plus basse", a-t-il souligné.

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