4eme dose de vaccin Covid : vers un nouveau rappel pour les plus de 65 ans ?

"4eme dose de vaccin Covid : vers un nouveau rappel pour les plus de 65 ans ?"

4eme dose de vaccin Covid : vers un nouveau rappel pour les plus de 65 ans ? 4E DOSE. Tandis que le rebond épidémique se poursuit, la Haute autorité de santé s'est prononcée le 18 mars 2022 pour l'ouverture d'une deuxième dose de rappel, ou quatrième dose, pour les personnes de plus de 65 ans les plus à risque.

[Mis à jour le 21 mars 2022, à 16h50]Alors que les chiffres de l'épidémie de Covid-19 repartent à la hausse depuis plusieurs jours, les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) ont été publiées, ce vendredi 18 mars, sur la quatrième dose. La HAS recommande une deuxième dose de rappel pour les personnes âgées de plus de 65 ans "à très haut risque de forme sévère" ou "celles qui sont polypathologiques". "Pour ceux qui le souhaitent", cette nouvelle dose pourra être administrée dans un délai "d'au moins six mois" après le premier rappel.

Sur l'efficacité de la quatrième dose, la Haute autorité de Santé affirme, selon des données du Royaume-Uni et des États-Unis, que "la protection conférée par la dose de rappel commence à diminuer après 3 mois chez les personnes de 60 ans et plus".  En revanche, "en raison des données encore limitées sur la protection conférée par une infection par Omicron, il n'y a pas lieu d'envisager une seconde dose de rappel chez les personnes ayant contracté récemment une infection à SARS-CoV-2 avec ce variant, quel que soit leur âge", a-t-elle souligné. Reste à connaître la décision du gouvernement de suivre ou non cet avis. Depuis le 14 mars dernier, les personnes âgées de 80 ans et plus sont éligibles à une deuxième dose de rappel contre le Covid-19. Il est désormais possible de prendre rendez-vous depuis lundi, comme l'a annoncé le Premier ministre dans les colonnes du Parisien.

Pour rappel, le dernier avis du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale (le COSV, instance dont l'exécutif suit les conseils), publié le 19 janvier dernier, était défavorable à la généralisation d'une quatrième dose de vaccin. L'autorité sanitaire y indiquait qu'"à l'exception des personnes sévèrement immunodéprimées, une seconde dose de rappel vaccinal n'apporterait en effet pas de bénéfice individuel significatif" - elle avait, pour rappel, conseillé le second rappel aux personnes "sévèrement immunodéprimées" dans son avis du 6 janvier. Le Conseil craignait également qu'obliger les Français à recevoir une quatrième dose de vaccin ait "un effet contre-productif quant à la poursuite de la campagne vaccinale en cours". 

Que disent les indicateurs épidémiques ? 

Au 18 mars, le Ministère des solidarités et de la santé indique que 39 384 072 personnes ont reçu une dose de rappel depuis le début de la campagne de rappel. De manière générale, depuis le début de la campagne de vaccination en France, 54 268 730 personnes ont reçu au moins une injection, ce qui correspond à 80,5% de la population totale, tandis que 79,1 des Français ont un schéma vaccinal complet (53 342 587 personnes).  Mais qu'en est-il des contaminations?

Dans un communiqué, la HAS évoque l'évolution de l'épidémie qui "semble aujourd'hui stagner voire repartir à la hausse, notamment avec la propagation de BA 2, nouveau sous-variant d'Omicron". "Un nouveau pic de cas pourrait survenir prochainement, inférieur cependant à celui de janvier ", a-t-elle indiqué. Les différents indicateurs "montrent par ailleurs que ce sont toujours les personnes âgées de 65 ans et plus qui restent les plus à risque de développer une forme grave de la maladie et de décéder", a-t-elle souligné avant d'ajouter qu'"au 10 mars 2022, les plus de 60 ans représentaient ainsi 80 % des patients hospitalisés avec Covid-19". Le dernier bulletin épidémiologique de Santé publique France (paru le 17 mars) indique que le taux d'incidence a augmenté récemment (en semaine 10, soit du 07 au 13 mars) après six semaines de baisse, et ce pour toutes les classes d'âge :  "pour les 6-10 ans (+39%), les 11-14 ans (+41%) et les 30-39 ans (+22%)". Il informe en outre que les nouvelles admissions à l'hôpital de stabilisent, ce qui signifie qu'elles ne diminuent plus. C'est un effet direct du rebond des contaminations observé ces deux dernières semaines : de fait, l'augmentation des nouveaux cas se répercute sur l'hôpital quinze jours après la reprise de la circulation vitale. Les projections des besoins hospitaliers à court terme ont été mises à jour le 14 mars : elles anticipent également une hausse des hospitalisations à l'échelle nationale.

Le gouvernement français favorable à un 4ème dose ?

Après avoir rendu la troisième dose du vaccin contre le Covid-19 obligatoire, se pose la question du recours à la quatrième dose. Le gouvernement réfléchit à cette possibilité et multiplie les annonces depuis le début de l'année. Dans toutes les déclarations, aussi courtes soient-elle, on peut comprendre que les ministres sont favorables au recours à une dose de rappel supplémentaire, certainement encouragés par les pays ayant déjà rendu la quatrième injection obligatoire comme Israël, la Belgique ou le Danemark. Le 6 janvier, sur BFMTV, le Premier ministre indiquait sans détour que "dès que nos autorités sanitaires auront dit oui, [...] nous irons" vers la quatrième dose. Le gouvernement est depuis pendue aux lèvres des différentes autorités sanitaires dans l'attente d'un feu vert pour la généralisation de la quatrième dose.

Si tous les Français pourraient être concernés par le recours à une nouvelle dose de rappel, à l'origine la question se pose surtout pour les personnes fragiles et plus à risque de développer des formes graves du Covid-19. Aussi, si la quatrième dose devient nécessaire, elle devrait l'être en priorité pour les personnes immunodéprimées et les personnes très âgées. Mais l'injection supplémentaire ne devrait pas intervenir avant l'automne selon la dernière prise de parole d'Olivier Véran, le 2 février sur BFMTV. Toutefois, dès lors que la décision sera prise, la remise en route du parcours vaccinal pourrait être rapide. Le 13 janvier, Brigitte Bourguignon, ministre déléguée chargée de l'Autonomie faisait savoir que la France dispose des doses nécessaires. D'ici l'automne, la France va continuer d'observer l'efficacité de la quatrième en dose en Israël, qui l'a ouverte depuis le début de l'année aux plus de 60 ans ainsi qu'au personnel médical. Au-delà de l'hypothèse d'une quatrième dose, le gouvernement envisage aussi d'avoir recours au vaccin anti-Covid régulièrement comme c'est le cas pour le vaccin de la grippe par exemple. "Si on a un vaccin qui est sûr, efficace et qui devait nous protéger dans la durée, nous prendrions hélas cette habitude d'avoir des rappels de temps en temps", a notamment prévenu Oliver Véran.

Les autorités sanitaires recommandent-elles la 4ème dose ?

Le Conseil scientifique qui scrute l'évolution épidémique à la loupe, a émis l'idée d'une quatrième dose au début du mois de décembre 2021. Le président du conseil, Jean-François Delfraissy, avait d'ailleurs mis le sujet sur la table devant la commission des Affaires sociales du Sénat : "Il est possible que nous ayons besoin, à un moment donné, d'une quatrième dose". Mais l'organisation joue un rôle de consultant et peut uniquement se contenter d'émettre des recommandations.

Le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale a rendu un avis sur la question d'une quatrième dose au mois de janvier. "Les données disponibles n'appellent pas actuellement à la mise en place d'un second rappel vaccinal", pouvait-on lire dans sont rapport au gouvernement. Reconnaissant que "la question soit rendue légitime par le contexte actuel de forte circulation virale", le COSV est formel : la quatrième dose n'est pas d'actualité ou plutôt pas pour tout le monde. Ainsi, il est précisé dans l'avis que : "A l'exception des personnes sévèrement immunodéprimées, pour qui le COSV a d'ores et déjà recommandé l'injection systématique d'une seconde dose de rappel vaccinal, une seconde dose de rappel vaccinal n'apporterait en effet pas de bénéfice individuel significatif."

Le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale estime que la généralisation de la quatrième dose, dès aujourd'hui, pourrait avoir "un effet contre-productif quant à la poursuite de la campagne vaccinale en cours". D'autant plus que, selon lui, "dans le contexte actuel de très forte circulation du variant Omicron, la population pourrait avoir développé une protection suffisante pour lutter contre les futurs variants, ce qui atténuerait la nécessité d'une seconde dose de rappel vaccinal en population générale." Le plus important pour le COSV, c'est se concentrer sur la troisième dose, ou dose de rappel : "Sur le plan épidémiologique, la bonne conduite des campagnes de primo-vaccination et de rappel vaccinal apporterait des effets supérieurs à la mise en place d'une seconde dose de rappel." plus généralement, le Conseil admet qu'il lui faudra plus de recul et de nouvelles données concernant cette quatrième dose, avant de pouvoir la recommander.

Quelle efficacité pour la 4eme dose de vaccin contre le Covid ? 

Si plusieurs études scientifiques montrent la perte d'efficacité des doses de vaccin contre le Covid-19 au fil du temps, les bénéfices octroyés par une quatrième injection seraient-ils réels ? Une première étude a été menée en Israël début janvier, dans un centre hospitalier, auprès de 150 soignants. Tous avaient reçu leur troisième dose il y a au moins quatre mois. Mardi 4 janvier 2022, les premiers résultats ont été annoncés : "les anticorps ont été multipliés par cinq, ce qui indique que le vaccin fonctionne et offre une protection contre les complications graves". Des premières données encourageantes qui, pour l'heure, n'indiquent en rien la durée de vie de ces anticorps. Car de nouveaux résultats, rapportés par la chaîne de télévision i24News jeudi 6 janvier, évoquent une efficacité "décevante", avançant par ailleurs que le gouvernement israélien attend encore avant d'ouvrir ce second rappel à toute la population.  L'étude doit encore être menée durant six mois. 

D'après un hôpital israélien ayant entamé un des premiers essais cliniques sur la quatrième dose des vaccins Pfizer ou Moderna, les anticorps du rappel seraient "moins" efficace pour lutter contre le variant Omicron du Covid-19. L'administration d'une quatrième dose des vaccins Pfizer ou Moderna permet de multiplier les anticorps mais s'avère "moins" efficace pour lutter contre le variant Omicron du coronavirus, a-t-il indiqué lundi 17 janvier. "Nous constatons que de nombreuses personnes infectées par Omicron ont reçu la quatrième dose. Certes, un peu moins mais quand même beaucoup d'infections", a reconnu le professeur Gili Regev-Yochay, coauteure de cette étude.

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