Sylvie Goulard : la colère de Macron après le désaveu

Sylvie Goulard : la colère de Macron après le désaveu GOULARD - À 82 voix contre 29, les eurodéputés ont massivement rejeté la candidature de Sylvie Goulard au poste de commissaire européen ce jeudi. Un échec pour Emmanuel Macron, qui avait proposé son ancienne ministre pour ce poste.

[Mis à jour le 10 octobre 2019 à 22h08] Gros revers pour Emmanuel Macron. Les eurodéputés ont rejeté ce jeudi la candidature de Sylvie Goulard au poste de commissaire européen. Et le désaveu est significatif : l'ancienne ministre du président français, auditionnée deux fois dans l'affaire des emplois présumés fictifs d'assistants parlementaires au MoDem, a recueilli 29 votes favorables... et 82 défavorables ! Pour devenir commissaire européen, Sylvie Goulard devait recevoir les deux tiers des votes des eurodéputés. Dans un tweet, Sylvie Goulard a dit prendre "acte de la décision du Parlement européen, dans le respect de la démocratie". L'ancienne ministre des Armées d'Emmanuel Macron a également remercié "le Président de la République et Ursula von der Leyen pour leur confiance" ainsi que les députés ayant voté pour elle. À noter qu'il s'agit de la toute première fois qu'une candidature proposée par la France à la Commission est rejetée.

Emmanuel Macron fustige les partis qui ont refusé la candidature de Sylvie Goulard

C'est Emmanuel Macron qui avait soumis, contre l'avis de François Bayrou, la candidature de Sylvie Goulard au poste de commissaire européen. Sans surprise, le chef de l'État a pris la parole ce jeudi concernant ce large désaveu de la part des eurodéputés, fustigeant leur choix. "J'ai dit à la présidente Von der Leyen : 'Attention' ! Sylvie Goulard est une femme d'une grande probité, je la connais. Elle n'a jamais été formellement accusée (...), a déclaré le chef d'État, faisant référence aux soupçons d'emplois fictifs du MoDem au Parlement européen qui pèsent sur Sylvie Goulard. "Cela fait deux ans qu'il y a une enquête sur un sujet qui la concerne, elle n'est même pas mise en examen après deux ans", a ajouté Emmanuel Macron.

Le président français a également réclamé des explications concernant ce rejet en masse de la candidature de Sylvie Goulard, son ancienne ministre des Armées. "J'ai besoin de comprendre ce qui s'est joué de ressentiment, peut-être de petitesse... Mais j'ai besoin de comprendre." Emmanuel Macron a ajouté qu'il aimait lorsque "les engagements pris" étaient "tenus". "On m'a dit : 'Votre nom est formidable. On le prend'. Et puis finalement, on n'en veut plus!", a-t-il déploré face aux journalistes.

Qui pour remplacer Sylvie Goulard ?

La France va devoir donc proposer un autre candidat pour l'Hexagone, ce rejet des coordinateurs devenant un obstacle trop important désormais. Pour l'ancienne ministre d'Emmanuel Macron, tout comme l'exécutif français, c'est un coup dur. Sylvie Goulard aurait pu obtenir un vaste portefeuille regroupant le Marché Intérieur, l'Industrie, la Défense, l'Espace, le Numérique et la Culture. Mais il n'en sera rien.

Il y a quelques mois, lors de l'officialisation de sa candidature, l'Elysée avait vanté "une expérience européenne reconnue" et une capacité à "jouer un rôle majeur au sein de la Commission", tandis qu'un haut fonctionnaire proche de l'ancienne ministre, cité par Le Figaro, parlait d'un choix "on ne peut plus naturel" pour Macron et même d'un "atout pour la France".  Toujours selon les dires du Figaro, c'est elle qui avait organisé la rencontre entre Angela Merkel et le futur chef de l'Etat lorsque ce dernier était candidat à la présidentielle de 2017, avant d'être évoquée pour rallier Matignon, puis finalement le ministère des Armées jusqu'à sa démission donc, un mois plus tard, qu'elle justifiera par une volonté de démontrer sa "bonne foi" dans l'enquête préliminaire sur les assistants parlementaires du MoDem. Polyglotte, Sylvie Goulard est décrite comme compétente et expérimentée sur des sujets aussi variés que l'économie ou la défense. Son bac empoché à 15 ans, l'ancienne sous-gouverneure de la Banque de France est passée par l'ENA et Sciences-Po avant le ministère des Affaires étrangères et le Conseil d'Etat.

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