François Ier : qui est le nouveau pape Jorge Mario Bergoglio ?

François Ier : qui est le nouveau pape Jorge Mario Bergoglio ? A la surprise générale, le conclave a désigné un Argentin de 76 ans comme successeur de Benoît XVI. Jorge Mario Bergoglio sera François Ier. Biographie.

[Mis à jour le 14 mars 2013 à 10h10] On attendait Angelo Scola, ultra-favori. Ce sera finalement Jorge Mario Bergoglio. Le nouveau pape, François Ier, n'est pas tout jeune : il a 76 ans. Et il ne semble pas incarner la révolution pourtant annoncée de média en média depuis une semaine. Il est cependant le premier non-européen à devenir pape. Le 266e souverain pontife est en effet Argentin. Au balcon de la cathédrale Saint-Pierre, ses premiers mots, "buona serra" et "les cardinaux sont venus me chercher au bout du monde" devraient rester dans l'histoire de la chrétienté.

Outsider totalement inattendu, Jorge Mario Bergoglio est connu pour être un modéré. Jésuite, considéré comme austère, il a suivi le séminaire au noviciat de la Compagnie de Jésus. L'homme est passé par le Chili avant de revenir en Argentine, où il a complété ses études de chimie par une formation en philosophie. Intellectuel, il a enseigné la littérature avant de devenir prêtre, le 13 décembre 1969. Il a aussi suivi des études de théologie à San Miguel.

Après un parcours sans faute au sein de l'église en Argentine, axé en priorité sur le combat contre la pauvreté et une présence continue dans les bidonvilles, il est nommé évêque auxiliaire de Buenos Aires par Jean-Paul II le 20 mai 1992. Il deviendra archevêque du diocèse de la ville après le décès d'Antonio Quarracino, en 1998. Dernier temps fort de ce parcours : sa "création" en tant que cardinal en 2001 par le même Jean-Paul II. Mais fidèle à sa ligne d'humilité Jorge Mario Bergoglio s'est tenu à l'écart du faste et des mondanités qui entourent parfois les cardinaux. A Buenos Aires, il circulait encore en métro il y a quelques semaines. Il refusait aussi de vivre dans le palais épiscopal et lui préférait une simple maison dans les quartiers de la capitale.

En 2005, Jorge Mario Bergoglio faisait partie des favoris pour succéder à Jean-Paul II, il était le principal challenger de Joseph Ratzinger pour devenir pape. A l'époque, il reçoit 40 votes au premier tour du scrutin. C'est pendant une pause déjeuner qu'il aurait, selon les confidences d'un cardinal anonyme, jeté volontairement l'éponge. Selon la légende, il aurait même supplié les cardinaux de ne pas voter pour lui, estimant qu'il n'était "pas prêt" pour cette charge. Il lui aura fallu attendre un autre conclave, huit ans plus tard, pour y parvenir.

Un pape aux convictions fortes mais trop effacé ?

Argentin ayant gravi les échelons lors de la dictature militaire (1976-1983), Jorge Mario Bergoglio a un rapport particulier avec ce pan de l'histoire de son pays. En 2007, quand un prêtre, le père Christian von Wernich, est rattrapé par la justice pour avoir participé à la torture, généralisée par le régime de l'époque, Bergoglio va défendre l'église. Selon lui, celle-ci n'était pas complice des atrocités commises, mais les dérives de certains prêtres auprès de la junte militaire étaient des actes d'individus isolés. En ce sens, il peut aussi être vu comme celui qui a fait preuve de sévérité envers les prêtres qui ont soutenu la dictature, voire comme l'archevêque qui a "fait le ménage" dans l'église argentine après cette période sombre. Question de point de vue...

Le choix de Jorge Mario Bergoglio, tout comme le choix du nom du pape François Ier, restent encore en partie mystérieux. Alors qu'on attendait un réformateur moderne et à poigne, capable de redresser une église en perte de vitesse et embourbée dans bon nombre de scandales, c'est un ascète, timide, peu communicant et plutôt âgé, qui a été choisi. Bien que modéré, il n'incarne pas, de prime abord, le renouveau souhaité par une partie du milliard de chrétiens dans le monde. Il est en revanche un choix inédit, étant à la fois le premier jésuite et le premier sud-américain à devenir pape.

Il sera également, après Jean-Paul II, un pape résolument tourné vers les pauvres, si l'on en croit les premiers portraits qui en sont faits. Ce qui explique sans doute le choix de "François", en référence à Saint François d'Assise, un saint caractérisé par la pauvreté et l'évangélisation. A ces différents titres, il devrait incarner une "nouvelle évangélisation" de l'église, qui devrait accentuer son implantation dans les pays du sud, où les fidèles sont de plus en plus nombreux. A plusieurs reprises, le cardinal Jorge Mario Bergoglio a dénoncé une église trop "auto-centrée" et prôné une église ouverte "à la périphérie". Son respect infaillible pour le voeu de pauvreté des religieux, son obsession pour l'humilité et la morale constituent ainsi un autre aspect de sa personnalité qui pourrait lui être salvateur : malgré son manque de charisme cette droiture de Jorge Mario Bergoglio, alias le pape François, pourrait l'aider à faire le ménage dans une curie que d'aucuns veulent de toute urgence réorganiser et surtout "purifier".

EN VIDEO - Jorge Mario Bergoglio a été désigné pape en conclave le 13 mars 2013, sous le nom de François Ier.

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"Fumée blanche au Vatican : un nouveau pape a été élu"