Gérard Collomb : ses propos qui n'ont pas plu à Macron

Gérard Collomb : ses propos qui n'ont pas plu à Macron COLLOMB - L'actuel ministre de l'Intérieur a annoncé sa volonté de démissionner pour se consacrer à la reconquête de la mairie de Lyon. Un départ qui aurait été également provoqué par un froid entre Gérard Collomb et le président.

[Mis à jour le 18 septembre 2018 à 15h38] La valse des ministres va donc continuer puisque après Nicolas Hulot et Laura Flessel, c'est Gérard Collomb qui vient d'annoncer sa volonté de démissionner dans les colonnes de l'Express. Le ministre de l'Intérieur s'est justifié en annonçant qu'il avait décidé d'être candidat aux municipales de 2020 pour revenir à la tête de la mairie de Lyon, poste qu'il a occupé de 2001 à 2017.

La démission de Gérard Collomb, 71 ans, devrait prendre effet dans les prochains mois. "Je pense que les ministres qui veulent être candidats aux municipales de 2020 devraient pouvoir quitter le gouvernement après la bataille des européennes", confie-t-il à l'Express. Jusqu'au printemps prochain, il s'attellera donc à sa dernière grosse mission, à savoir le plan pour la police dans les quartiers dits "sensibles".

A la suite de cette annonce, Gérard Collomb s'est expliqué sur les ondes de France Bleu Paris ce mardi après-midi. "Moi, je suis quelqu'un de transparent dans mon ministère comme dans ma vie politique. Je dis ce que je fais aujourd'hui, ce que je ferai demain et à mon avis c'est comme cela que doit être la vie politique", s'est-il défendu face à l'opposition et notamment Les républicains, par la voix de Laurent Wauquiez, qui jugent cette démission "surréaliste". Mais le natif de Chalon-sur-Saône n'en démord pas. "C'est comme ça que l'on peut aussi retrouver la confiance des Français", assure-t-il.

Le "manque d'humilité" dénoncé par Collomb a-t-il précipité sa démission ?

Voilà pour les raisons officielles d'un départ pas vraiment surprise. Car il y aurait autre chose et surtout un été qui aurait distendu les relations entre Gérard Collomb et Emmanuel Macron. En première ligne lors de l'affaire Benalla, le ministre de l'Intérieur s'était défendu de "toute faute personnelle" devant la commission d'enquête de l'Assemblée et avait évoqué la responsabilité du préfet de police de Paris et du cabinet du président dans le cas où des manquements avaient été commis dans cette affaire. Des propos qui auraient fait grincer quelques dents à l'Elysée, mais Gérard Collomb ne s'en est pas tenu là.

A la rentrée, sur BFM TV, l'ancien et peut-être futur maire de Lyon n'avait pas hésité à dénoncer un "manque d'humilité" de la part de la majorité, qui selon lui expliquerait la chute de popularité de l'exécutif dans les sondages. "L'hubris (grec ancien désignant démesure et orgueil, ndlr) c'est la malédiction des dieux, quand à un moment donné vous devenez trop sûr de vous, que vous pensez que vous allez tout emporter", avait-il ajouté. Grincement de dents à l'Elysée (bis). "Le président n'était pas content !", confirme l'un de ses proches au Parisien.

Un dîner d'explication entre Collomb et Macron

Et d'autres proches d'Emmanuel Macron auraient apporté leur soutien au ministre de l'Intérieur - "Gérard, tu as bien fait", aurait-il reçu de la part de l'un d'entre eux, toujours selon le Parisien -, du côté du président, on se serait empressé de manifester un certain mécontentement. Ainsi, lundi dernier, un dîner d'explication secret aurait eu lieu entre Emmanuel Macron, son épouse Brigitte et Gérard Collomb, lors duquel ce dernier aurait campé sur ses positions. Le doyen du gouvernement aurait expliqué qu'il avait pointé du doigt un "manque d'humilité" collectif et non destiné exclusivement au président.

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