Lundi vert : des repas végétariens, ça change quoi pour la planète ?

Lundi vert : des repas végétariens, ça change quoi pour la planète ? 500 personnalités ont publié une tribune pour sensibiliser les Français au changement climatique : ils appellent à ne consommer ni viande ni poisson le lundi. La campagne débute aujourd'hui.

[Mis à jour le 7 janvier 2019 à 12h50] Et si parmi les bonnes résolutions de cette année, il y avait celle de ne pas consommer de viande et de poisson tous les lundis ? C'est en tout cas l'appel que 500 personnalités ont lancé dans une tribune publiée dans Le Monde au début du mois. Les 500 signataires justifient leur appel à "diminuer collectivement notre consommation de chair animale en France" sur le motif que diminuer sa consommation de poisson ou de viande contribuerait à "la sauvegarde de la planète, la santé des personnes et le respect de la vie animale". Ils s'engagent donc à être végétarien chaque lundi.

Les personnalités, dont font partie Juliette Binoche, Isabelle Adjani, Yann Arthus-Bertrand ou encore Delphine Wespiser, en ont profité pour détailler leur choix et livrer plusieurs informations sur la consommation de viande et de poissons en France. Selon eux, "l'élevage représente une cause principale de déforestation et de perte de biodiversité". Citant le GIEC, ils rappellent qu'une journée sans viande peut aider à "lutter contre le changement climatique". "Cap ou pas cap ?" interroge la page d’accueil du site de leur mouvement. Les participants espèrent que 50 000 à 50000 personnes répondront à leur appel.

Des participants au Lundi vert encouragés et aidés chaque semaine

Après s'être engagés sur le site de Lundi vert (voir ici), les participants de l'opération devront répondre à un questionnaire sur leurs habitudes alimentaires et leur sensibilité au monde animal. Ils devront chaque semaine signifier s'ils continuent ou non leur engagement et recevront un message hebdomadaire de motivation ainsi que des recettes "viandes free" pour les aider à trouver des alternatives, a expliqué Laurent Bègue, professeur à l'université de Grenoble et signataire de la tribune, à l'AFP.

Et pour ceux qui auraient un doute sur l'impact d'un tel régime sur la santé, les 500 signataires affirment que "la viande n'est absolument pas nécessaire à l'équilibre alimentaire" et que "dans tous les pays développés, elle peut être remplacée par des végétaux." De plus, ils rappellent que l'OMS a déclaré que "la viande rouge transformée était une cause certaine de cancer." De même que "la viande rouge non transformée est une cause probable de cancer". Diminuer sa consommation de viande serait même selon eux meilleur pour la santé en "atténuant les risques de maladies cardiovasculaires, de diabète ou d'obésité".

Enfin, les personnalités interpellent sur le respect du bien-être animal pour défendre leur choix. Évoquant les conditions de transport "inadéquates" et "brutales" des animaux abattus en France, ils jugent que "la moitié d'entre eux sont encore conscients lorsqu'ils sont saignés". "Le sort des poissons n'est pas plus enviable que celui des animaux terrestres. (...) Déversés sur de la glace, ils y agonisent asphyxiés, écrasés par les autres poissons ou meurent par éclatement de leurs organes internes à cause de la décompression." écrivent-ils.

Comment remplacer la viande lors des repas?

Les participants sont invités à remplacer chaque lundi la viande et le poisson dans leur alimentation. Un effort qui peut se révéler très difficile à suivre pour certains qui ne sont pas habitués et qui ne savent pas forcément ce qu'ils peuvent manger à la place. D'autant plus que la viande reste une importante sources de protéines et que la supprimer totalement de son alimentation peut entraîner des carences selon Jean-Michel Bourre, interrogé pour Santé Magazine. Il invite alors les participants à consommer des oeufs et des laitages pour compenser l'absence de viande. Pour bien envisager un menu végétarien, les céréales comme le boulgour, l'avoine, le quinoa ou la semoule de maïs (utilisée pour la polenta) doivent être privilégiées. La pomme de terre reste également un excellent allié des régimes végétariens pour sa pauvreté en graisse et sa richesse en vitamine C.

Les protéines végétales (haricots, fèves , pois) doivent aussi être mises à l'honneur dans les assiettes. Il s'agit alors d'éviter un défaut d'apports d'acides aminés essentiels à l'organisme. Enfin, certains nutritionnistes conseillent d'associer les légumineuses, riches en fer, à des féculents et à consommer régulièrement des fruits secs.

Un jour sans viande par semaine : un concept qui n'est pas inédit

En 2003, le mouvement du Meatless Monday a été lancé aux Etats-Unis par Sid Lerner, un membre de l'université de Columbia en association avec l'Université John Hopkins. En 15 ans, la campagne des "lundis sans viande" a été diffusée dans près de 40 pays. En 2009, Gand, en Belgique, est devenue la première ville non-américaine à rejoindre le mouvement. Un peu auparavant, Paul McCartney avait fait participer le Royaume Uni au mouvement.

Sur leur site, les partisans du Meatless Monday mettent également en avant des arguments écologiques en rappelant que le Groupe d'experts intergouvernementaux (GIEC) des Nations-Unies "recommande l'adoption d'un régime alimentaire durable comme moyen d'atténuer les effets du changement climatique" et que la revue Climate Policy a publié un article identifiant le passage des protéines animales aux protéines végétales comme un moyen important de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d'aider les pays à respecter leurs engagements en matière de changement climatique. Le mouvement évoque aussi les avantages d'une alimentation non carnée pour la santé et notamment celle des reins. Associée à la National Kidney Foundation, la campagne du Meatless Monday précise que l'alimentation végétarienne contribue à la diminution de la pression artérielle et du cholestérol ainsi que celle des risques de diabète.

Article le plus lu - Macron fait la leçon à une manifestante blessée › Voir les actualités