Grève du 26 janvier : quelques perturbations... avant le grand rush mardi

"Grève du 26 janvier : quelques perturbations... avant le grand rush mardi"

Grève du 26 janvier : quelques perturbations... avant le grand rush mardi Avant la future mobilisation nationale du 31 janvier, certains secteurs sont déjà mobilisés ce 26 janvier, notamment dans le domaine de l'énergie.

[Mis à jour le 26 janvier 2023 à 18h38] Après le succès de la première grande journée de grève intersyndicale le jeudi 19 janvier dernier, un nouvel appel à la mobilisation a été lancé le 31 janvier prochain. Mais avant cela, certains secteurs ont décidé de se mobiliser avant. Ainsi, ce jeudi 26 janvier, des perturbations, peu perceptibles, ont été recensés. Vous pouvez retrouver tous les secteurs en grève ce jeudi. 

Une grève sans grand effet à la SNCF

L'intersyndicale des transports est unanime pour se mobiliser lors de la prochaine journée de grève nationale prévue le 31 janvier et prévoit des perturbations importantes, lesquelles ne sont pas encore déterminées, ni même confirmées. Deux journées de grève se profilent également à la SNCF pour le début du mois de février.

Et ce jeudi 26 janvier ? L'appel à la mobilisation, lancé uniquement par la CGT-Cheminots, est permis par un préavis de grève qui court de la soirée du 25 janvier à la matinée du 2 février. Toutefois, l'initiative n'est pas suivie dans les rangs de la SNCF à ce stade et, à part en de rares occasions, la grève du 26 janvier n'entraîne aucune perturbation sur le trafic des trains.

Le message avait été lancé sur BFMTV par le secrétaire général de la CGT Cheminots, Laurent Brun, qui avait appuyé : "Une action tous les quinze jours, ce n'est pas forcément suffisant." La grosse journée de perturbation étant annoncé pour le mardi 31 janvier.

Une grève de quarante-huit heures dans les raffineries 

Après la forte mobilisation le 19 janvier, suivie par 70 à 100 % des grévistes selon les raffineries, deux nouveaux jours de grèves sont organisés jeudi 26 et vendredi 27 janvier, comme annoncé le 12 janvier par Eric Sellini, coordinateur CGT du groupe TotalEnergies. Ce dernier a indiqué que ce mouvement entraînerait des "baisses de débit" et des "arrêts dans l'expédition des carburants".

Dans le groupe de TotalEnergies, la CGT Pétrole faisait état à l'AFP ce jeudi 26 janvier matin de "100 % de grévistes au dépôt de Flandres (Nord), 80 % à la raffinerie de Normandie, 60 % à la bio-raffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône), 50 % à la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique) et 30 % sur le site de Grandpuits (Seine-et-Marne)".

Le syndicat dénonce les conditions de travail dans lesquelles les travailleurs évoluent : "Les salariés du pétrole subissent pénibilité, horaires de nuit, expositions aux matières dangereuses, avec au final une vie raccourcie ; ils refusent de travailler plus longtemps pour gaver les actionnaires", a dénoncé le syndicat.

Ces deux jours de grève sont suivis sans pour autant faire beaucoup de bruit, les manifestations étant réservées à la journée du 31 janvier. Quant aux perturbations, elles ne sont pas ressenties immédiatement par les Français. Malgré les baisses de production causées par les grèves, les stations-service resteront approvisionnées durant ces deux jours de grève. D'ailleurs, la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher avait rassuré sur de potentielles pénuries. Elle avait déclaré sur Franceinfo, dès le 13 janvier : "On n'est pas du tout dans la situation que nous avons connue à l'automne dernier", puisque les stocks ont été reconstitués.  

De son côté, Eric Sellini, responsable CGT chez TotalEnergies, a annoncé à l'AFP, relayé par BFM TV, que l'on "se dirige sur beaucoup de sites vers une suspension ce soir, pour reprise mardi prochain. Il y a de fortes chances qu'il n'y ait pas grand chose demain". Les raffineurs devraient donc retourner pour la plupart à leur poste afin de concentrer leurs efforts pour la grève nationale de mardi prochain : "Les salariés qui sont dans le mouvement disent que ce serait mieux de repartir d'un bon pied mardi que de faire deux jours [d'affilé], même si on n'est jamais à l'abri d'une surprise", a-t-il précisé.

Des centrales nucléaires au ralenti

La CGT Mines-Energie a également annoncé des mesures pouvant amener à des coupures de courants volontaires, et a émis l'idée de rendre l'énergie gratuite pour certains clients. Dans les propos recueillis par l'AFP, Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille a prévenu un coup de pouce pour les boulangers. "On a la capacité technique de faire baisser les factures d'énergie des boulangers, sans mettre en danger les biens ni les personnes ", a-t-il déclaré à l'AFP. L'agence a également rapporté que des coupures de courant avaient eu lieu dès ce mercredi 25 janvier sur des parcs éoliens et solaires dans le secteur de Montluçon (Auvergne-Rhône-Alpes). Ces perturbations ont été revendiquées par la CGT.

La fédération de l'Énergie a également lancé un mouvement de grève ce 26 janvier dans au moins 5 centrales nucléaires EDF a rapporté BFMTV : "Quasiment toutes s'organisent pour qu'il y ait a minima une heure de débrayage par jour", selon Fabrice Coudour, secrétaire fédéral de la FNME-CGT, dans Marianne. Ces actions ne doivent pas provoquer de coupures de courant généralisée visant les particuliers car sont encadrées car le gestionnaire de réseau de transport français (RTE) peut envoyer des alertes aux grévistes en cas de baisses de tensions trop importantes. Ce jeudi 26 janvier, les grévistes menaient des opérations de filtrage à l'entrée des centrales nucléaires, retardant le démarrage du travail pour les équipes de jour.

Une grève de 24h dans certains ports 

La fédération CGT des Ports et Docks a invité les salariés du domaine à ne pas travailler le jeudi 26 janvier pendant 24h et de "supprimer les heures supplémentaires et shift exceptionnels" a indiqué le communiqué. La fédération "appelle les ouvriers dockers et les travailleurs des ports à amplifier les modalités d'action".

Au Saint Nazaire (Loire-Atlantique), une manifestation a été organisée à 11h00, sur quai des Darses au niveau du bâtiment  Ports et Docks. L'Union Locale CGT souhaite construire "un rapport de force par la mobilisation intersyndicale la plus large, mais aussi en préparant les esprits au recours à la grève la plus large possible pour contrer le scénario qui est en train de d'amorcer de passage en force du gouvernement".