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14 juillet 2024 : un défilé malmené par la flamme olympique et une Fête nationale sous tension

14 JUILLET. Le traditionnel défilé du 14 juillet à Paris doit changer de parcours en raison de la tenue des Jeux olympiques à Paris. Pour l'occasion, les effectifs des militaires qui défilent pour la Fête Nationale seront aussi réduits.

Le défilé militaire du 14 juillet doit s'adapter cette année. Si depuis quarante-cinq ans, l'itinéraire du  traditionnel défilé de la fête nationale n'avait pas changé, cette année, l'organisation des Jeux olympiques qui débutent le 26 juillet prochain bouscule quelque peu le programme. Ainsi, et pour pallier la présence de la flamme olympique dans la capitale les 14 et 15 juillet, le gouverneur militaire de Paris a proposé une nouvelle configuration. Alors que la place de la Concorde est l'endroit où se termine d'habitude le défilé, la présence d'infrastructures pour les épreuves de BMX freestyle ou de skateboard a conduit à un changement. Ainsi, si les militaires s'élanceront bien de la place de l'Étoile, ces derniers prendront ensuite la direction de la place du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny en empruntant l'avenue Foch.

"L'axe est plus court d'un tiers, la chaussée, plus étroite", a expliqué le général Christophe Abad, le gouverneur militaire de Paris lors de la présentation de l'organisation de la cérémonie. Pour l'occasion, les troupes sont revues à la baisse. 4 000 femmes et hommes défileront pour cette édition 2024, contre 5 100 l'année passée, soit 25% de moins. Dans le ciel, les avions aussi seront moins nombreux avec 45 aéronefs contre 66 en 2023. Quant au public, la place dans les tribunes sera elle aussi diminuée, d'où le conseil lancé par les organisateurs pour suivre les festivités à distance et retransmises en direct sur TF1 et France 2. Le show, lui, ne durera qu'une heure quarante-cinq au lieu des deux heures habituelles. Année olympique oblige, le final du défilé fera écho aux Jeux olympiques avec une animation sur "les armées et l'olympisme". La flamme olympique, sera elle, amenée par le colonel Valette jusqu'à la tribune officielle.

11 000 policiers et gendarmes mobilisés à Paris, 130 000 dans toute la France

Appelant à respecter un moment de " cohésion nationale ", le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a indiqué que 130 000 policiers et gendarmes seront mobilisés dans toute la France pour assurer le bon déroulement des festivités du 14 juillet, rapporte Le Parisien. À Paris, 11 000 agents des forces de l'ordre seront déployés sur le terrain. "Face aux irresponsables qui tentent de semer le désordre, j'appelle au respect de ce moment de cohésion nationale", a indiqué sur X le locataire de la place Beauvau. Un post qui fait écho à l'appel de l'Union syndicale lycéenne et de l'Union étudiante qui ont appelé, avec le soutien de plusieurs élus de La France insoumise, à manifester ce 14 juillet à 19 heures sur la place de la Bastille pour demander " un gouvernement du Nouveau Front populaire " et "contre le coup de force présidentiel".

Quel est le déroulé de la cérémonie du 14 juillet ?

La réorganisation du défilé du 14 juillet 2024 qui se tient cette année sur l'avenue Foch a des conséquences sur la durée de l'événement qui ne durera qu' 1 heure et 45 minutes au lieu des habituelles 2 heures sur les Champs Élysées.

  • 09h45 : finalisation de la mise en place des troupes à pied sur le site Étoile.
  • 10 heures : positionnement des détachements d'honneur de la Garde républicaine.
  • 10h17 : arrivée du Président de la République Emmanuel Marcon sur l'avenue de Friedland. Revue des troupes.
  • 10h27 : honneurs rendus au Président de la République en bas de l'avenue Foch.
  • 10h33 : animation par l'orchestre de jazz de l'armée de l'Air sur le thème des 80 ans des Débarquements, de la Libération de la France et de la Victoire.
  • 10h49 : défilé des hélicoptères et des avions.
  • 10h53 : défilé des troupes à l'honneur, suivi du défilé des troupes à pied.
  • 11h34 : défilé des avions.
  • 11h40 : défilé à cheval.
  • 11h44 : animation finale sur le thème "Les armées et l'olympisme".
  • 12h00 : départ du Président de la République Emmanuel Marcon.

Quelle est l'histoire de la cérémonie du 14 juillet ?

Après le 14 juillet 1880, le défilé militaire devient une institution. Le 14 juillet 1919, les maréchaux Foch, Joffre et Pétain défilent à cheval sur les Champs-Elysées - passant même sous l'Arc de Triomphe - pour célébrer la victoire dans la Première guerre mondiale acquise quelques mois plus tôt. C'est à ce moment que le traditionnel défilé du 14 juillet prend ses quartiers sur l'avenue la plus célèbre de Paris. Après une éclipse pendant la Seconde guerre mondiale, le défilé du 14 juillet prend son aspect actuel avec la multiplication des chars et des avions. Certains présidents de la République apportent cependant des innovations de courte durée.

Pendant son mandat, Valéry Giscard d'Estaing déplace le défilé dans d'autres artères de Paris, comme le Cours de Vincennes, l'Ecole militaire ou encore entre Bastille et République à Bastille. En 1982, François Mitterrand repoussait le défilé à la nuit tombée. Le cérémonial est parfaitement huilé. Les répétitions du défilé ont lieu en général le 12 juillet aux aurores, soit deux jours avant la date clé. Il s'ouvre avec le passage des avions et hélicoptères. En tout, ce sont environ 4 000 soldats qui défilent sur les Champs-Elysées à un rythme de 120 pas par minute. Les élèves d'écoles prestigieuses comme Saint-Cyr se présentent en grand uniforme. La marche est traditionnellement clôturée par les unités de la Légion étrangère, célèbres pour leur barbe volumineuse et leur pas plus lent.

Quand le 14 juillet est-il devenu la fête nationale de la France ?

Pendant près d'un siècle, la commémoration du 14 juillet est abandonnée. Elle réapparaît en 1880, sous la IIIe République. Le régime, pour se consolider, cherche à construire un nouvel imaginaire national, autour de symboles républicains. C'est ainsi que la Marseillaise devient hymne officiel et le 14 juillet fête nationale. Mais la proposition, qui émane du député de la Seine Benjamin Raspail, n'est pas accueillie unanimement par l'Assemblée. Certains députés mettent en cause la violence du 14 juillet 1789. Et c'est finalement autour du 14 juillet 1790 que se fait le consensus !Cette année là, on inaugure également le monument surmonté de la statue de la place de la République, et partout sont donnés concerts et feux d'artifices. "La colonne de Juillet" qui surplombe la place de la Bastille, elle, ne se réfère pas au 14 juillet 1789. Elle porte le nom des victimes des journées révolutionnaire de juillet 1830, les "Trois glorieuses".

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