Sébastien Judalet : qui était le Français lynché à Madagascar ?

Sébastien Judalet a été assassiné par une foule en délire puis brûlé sur une plage de Nosy Be, à Madagascar, le jeudi 3 octobre 2013, avec deux autres hommes. On en sait encore peu sur ce Français, salarié de la RATP.

Un Français, un Franco-Italien et un Malgache. On ne connaissait jusqu'à présent que la nationalité des trois victimes d'un lynchage qui a eu lieu à Madagascar, dans la ville de Nosy Be, le jeudi 3 octobre 2013. On connait désormais l'identité d'un de ces trois hommes : Sébastien Judalet, 38 ans. C'est ce Français, salarié de la RATP en Ile-de-France, qui a été battu à mort puis brûlé par une foule en délire sur la plage d'Ambatoloaka, avec ses deux compagnons d'infortune. On sait de Sébastien Judalet qu'il faisait régulièrement du tourisme à Madagascar. De retour dans le pays depuis le 15 septembre, il disposait d'un visa de deux mois quand le drame a eu lieu.

Selon un commerçant français vivant à Nosy Be, Sébastien Judalet exerçait plus précisément le métier de chauffeur de bus pour la RATP. On apprend en outre que ce dernier, célibataire, habitait à Montreuil et avait une fille de 11 ans. Selon plusieurs autres témoignages, il avait prévu à moyen-terme de s'installer à Madagascar. Sébastien Judalet était enfin un homme "sans histoire" et inconnu de la justice française, d'après une source judiciaire citée par l'AFP. Selon BFM, qui a interrogé ses voisins, il s'agissait d'un "homme sans problème", "normal" et "gentil". Que s'est il donc passé pour qu'il soit violement lynché par la foule ? En plus du travail des autorités locales qui ont déjà arrêté 26 personnes, une enquête a été ouverte à Bobigny pour en savoir plus sur l'assassinat de ce ressortissant français.

Tourisme sexuel et enfant mutilé au centre de l'affaire

RTL, qui a interrogé le patron de l'hôtel où résidait Sébastien Judalet, affirme qu'il avait "peur de mourir". Déjà victime d'un cambriolage dans sa chambre et de plusieurs menaces de mort, le Français craignait manifestement pour sa vie. La cause : des soupçons de trafic d'organes après que le corps d'un enfant de 8 ans, Chaino, a été retrouvé mutilé de la langue et des organes génitaux. Nosy Be, à Madagascar, est réputée comme l'un des hauts lieux tourisme sexuel et selon Le Parisien l'enfant aurait pu être en centre de "pratiques pédophiles dans un hôtel de passe".

En revanche, aucun lien n'a pour l'instant été établi entre l'enfant assassiné et Sébastien Judalet. Même la cause de son décès est encore inconnue. L'enfant, qui est resté longtemps dans l'eau, a été inhumé rapidement sans même une autopsie. La thèse du trafic d'organes est donc elle aussi malmenée. Si le patron de l'hôtel reconnait que Sébastien Judalet fréquentait des gens "à la mauvaise réputation", il réfute lui aussi tout lien avec le trafic d'organes.

Le lynchage de Sébastien Judalet, de Roberto Gianfala, l'autre victime franco-italienne et de Zaidou, un Malgache présenté comme l'oncle de l'enfant, est-il lié à un fantasme ? Les premiers éléments plaident en tout cas pour une forme de délire collectif ultra-violent. Selon un enregistrement audio, le Français a tenté de prouver son innocence face à une foule en colère avant d'être roué de coups. Plusieurs images très crues circulent, montrant Sébastien Judalet et Roberto Gianfa à différents moments du lynchage, habillés puis dévêtus, saufs puis ensanglantés et enfin brûlés au milieu d'une centaine de personnes. Un climat d'émeutes et de chaos qui devrait rendre encore plus difficile le travail des enquêteurs.

EN VIDÉO -Tout a commencé avec la découverte du corps d'un enfant mutilé sur une plage paradisiaque de Nosy Be, dans le nord de Madagascar. Soupçonnés de ce meurtre, et de trafic d'organes, un Français, un Franco-italien et un Malgache ont été brûlés vifs par une foule d'émeutiers.

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