Valérie Trierweiler : la "maîtresse de François Hollande" accusée de détournements

L'héritier de Casino a porté plainte contre Valérie Trierweiler. Motif : la "maîtresse" de François Hollande serait gracieusement entretenue par l'Etat et par les impôts de Français...

[Mis à jour le 19 mars 2013 à 11h57] Valérie Trierweiller a-t-elle le droit de profiter des services de l'Elysée gracieusement, simplement parce qu'elle partage la vie du président de la République ? A cette question, Xavier Kemlin, héritier du groupe Casino, répond non. Et a décidé de porter plainte contre la journaliste, pour détournements de fonds publics. Selon le plaignant, Valérie Trierweiler n'est que la "maîtresse" de François Hollande et, puisqu'ils ne sont pas mariés, le plaignant estime que ses impôts "ne peuvent servir à loger, nourrir, blanchir, vêtir, payer les voyages ainsi que le personnel d'une dame avec qui la nation n'a aucun lien juridique". Et Xavier Kemlin de rajouter : "Emploi fictif, fausse fonction officielle, et à quel titre ?".

Le site "Le Progrès", auprès duquel le plaignant s'est confié, indique que la plainte déposée par les petit-fils du fondateur des enseignes Casino auprès du tribunal correctionnel de Saint-Etienne fait allusion aux rapports ambigus que Valérie Tierweiler entretient avec le pouvoir politique. Il fait notamment mention dans sa plainte au fameux tweet que la journaliste avait envoyé à Olivier Falorni lors de la campagne législative, ou encore à sa position sur le mariage gay. Selon lui, Valérie Trierweiler outrepasserait ainsi les "limites de la représentation générale".

Une plainte qui n'a pas lieu d'être ?

Quelques jours après avoir dû supporter la manifestation publique d'une femme conseillant à François Hollande, devant les caméras, de ne pas l'épouser, Valérie Trierweiler est à nouveau prise à partie pour sa relation avec le président de la République. Comment les juges pourront-ils trancher sur ce dossier ? Il semble bien que cette procédure soit en tout cas difficile à mener. Rappelons en effet qu'il n'existe pas de "statut" en France pour la Première dame, comme l'écrivait déjà Linternaute.com quand le député UMP Bernard Debré critiquait Valérie Trierweiler comme "maitresse" de François Hollande. Dans la Constitution, aucun article en effet n'est consacré au rôle, au statut ou aux droits du conjoint du chef de l'Etat. Un vide juridique qui a plusieurs fois soulevé des questions, comme quand Cécilia Sarkozy s'est impliquée dans la libération des infirmières bulgares en 2007.

A l'inverse, les personnes qui vivent sous un même toit mais ne sont pas mariées disposent bien d'un statut. Le code civil parle de "concubins" et non pas de "maîtresse". "Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux personnes", explique ainsi l'article 515-8 dudit code. Bien que donnant moins de droits que le mariage ou même le Pacs, le concubinage est donc reconnu par la République française. Ce qui devrait rendre nulle toute poursuite contre Valérie Trierweiler sur ce terrain.

Les questions gênantes d'un député UMP

Le 12 mars, un député UMP, Guillaume Larrivé, posait déjà deux questions gênantes à Jean-Marc Ayrault par écrit, comme le permet la procédure de l'Assemblée nationale. Ces questions, publiées au Journal officiel et repérées par PCInpact, faisaient elles aussi de Valérie Trierweiler une cible. La première question concernait la "présence en ligne" de la Première dame. Autrement dit, Guillaume Larrivé interrogeait le Premier ministre sur les pages consacrées à Valérie Trierweiler sur le site Internet de l'Elysée. Il s'agissait, selon le député, de "préciser en vertu de quel texte - constitutionnel, législatif ou réglementaire - la compagne du Président de la République bénéficie ainsi d'un site Internet présentant une biographie et des portraits photographiques". 

La seconde question ramène quant à elle à la plainte de Xavier Kemlin puisqu'elle portait sur le "coût, pour les finances de l'État, des collaborateurs affectés au service de Madame Valérie Trierweiler". Une fois encore, c'est sous l'angle du Web que la Première dame était attaquée. Guillaume Larrivé prie ainsi le Premier ministre "de bien vouloir lui indiquer le nombre, le statut et le montant de la rémunération de ces agents" qui se chargent des pages consacrées à la compagne de François Hollande.

Ces différentes attaques peuvent sembler légères voire insolites, mais il y a fort à parier que le pouvoir les prenne au sérieux. Guillaume Larrivé est en effet un ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy à l'Elysée. Il y était chargé des "affaires juridiques et institutionnelles". Il est aussi un très proche de Brice Hortefeux.

Cette semaine, une autre affaire occupe la première dame. Valérie Trierweiler poursuit les deux journalistes auteurs de sa biographie "La Frondeuse", un ouvrage qui avance que l'actuelle compagne de François Hollande avait entretenu une liaison avec le député UMP Patrick Devedjian au début des années 2000. Ce mercredi 20 mars, la justice se penche sur l'aspect "atteinte à la vie privée" dénoncée par Valérie Trierweiler.

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Une page consacrée à Valérie Trierweiler sur le site de l'Elysée. © Capture Elysee.fr

EN VIDEO : Valérie Trierweiler s'était publiquement exprimée en janvier en faveur du mariage pour tous :

François Hollande / Valérie Trierweiler

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