Prix Nobel : après la paix et la littérature, le palmarès 2016 [COMPLET]

NOBEL - Après les prix Nobel de la paix et de la littérature, le palmarès complet des Nobel 2016 est désormais consultable sur Linternaute.com...

[Mis à jour le 14 octobre 2016 à 11h58] En moins de deux semaines, tous les prix Nobel 2016 ont été dévoilés, avec au coeur du palmarès les très attendus Nobel de la paix et de la littérature. Ce sont aussi ceux qui ont le plus surpris, récompensant respectivement le président colombien Juan Manuel Santos pour "ses efforts résolus pour amener la paix" en concertation avec la guérilla armée des Farc et le chanteur et écrivain américain Bob Dylan "pour avoir créé dans le cadre de la grande tradition de la musique américaine de nouveaux modes d'expression poétique". De quoi faire de la légende du folk à qui l'on doit les chansons "Like a Rolling Stone" et  "Blowing in the Wind", le premier musicien récompensé par un Nobel de littérature depuis la création du prestigieux prix en 1901. Santos et Dylan ont alimenté la controverse aussi bien l'un que l'autre : le chef d'Etat pour son projet de paix inachevé remis en question par un résultat de référendum, et l'artiste pour l'étrangeté de sa nomination dans le domaine d'ordinaire cadré de la littérature.

Qui est le père du Prix Nobel ? Comment l'histoire a-t-elle commencé ? Combien de disciplines comprenait le Prix Nobel à sa création ? Pourquoi les prix sont-ils décernés à la fois par la Suède et la Norvège ? Quels sont les récipiendaires du Prix les plus emblématiques à travers l'histoire ? Qui sont les lauréats de la saison 2015 du Nobel ? Mais surtout, quel jour et à quelle heure va-t-on annoncer les lauréats de la saison 2016 et qui seront-ils ? Pour tout savoir sur le Prix Nobel, consultez notre dossier spécial.

Date du Prix Nobel 2016

Le ou les nom(s) des lauréats des prix Nobel sont connus chaque année début octobre, annoncés à Stockholm et Oslo ainsi que sur le site internet de la fondation, nobelprize.org. La "date du Prix Nobel 2016" correspond à la communication des identités des lauréats pour chaque discipline et se fait en réalité sur plusieurs jours selon qu'il s'agisse de la physique, de la médecine, de l'économie, de la chimie, de la littérature ou de la paix (cliquez sur les différents liens pour accéder aux dates et horaires voulus). Les annonces s'échelonnent ainsi pour l'instant du 3 au 13 octobre 2016. Les heures sont données en heure locale suédoise, identique à l'heure locale française. 

Nobel de paix 2016

Le prix Nobel de la paix 2016 a été décerné vendredi 7 octobre au président colombien Juan Manuel Santos pour "ses efforts résolus pour amener la paix". Un travail de dialogue ayant donné lieu à la négociation d'un accord historique avec les Farc, le 26 septembre 2016, dans une Colombie meurtrie depuis un demi-siècle par la guerre entre l'Etat et les révolutionnaires. Le Nobel de la paix 2016 ne manquera pas une fois de plus de susciter l'interrogation voire la polémique. Il a en effet a été décerné au chef de l'Etat colombien malgré un gros échec : le rejet surprise, par référendum, de l'accord par le peuple colombien le 2 octobre dernier. Le comité Nobel a d'ailleurs estimé qu'il existait "un vrai danger que le processus de paix s'interrompe". Le texte a théoriquement mis fin à des affrontements armés de plus d'un demi-siècle, dans lequel 260 000 personnes avaient laissé la vie. Juan Manuel Santos a promis de poursuivre ardemment ses efforts jusqu'à la fin de son mandat.

EN VIDEO - Prix Nobel de la paix : zoom sur les casques blancs

Les "casques blancs" syriens, comptaient parmi les favoris du prix Nobel de la paix édition 2016. Ils ont félicité sur Twitter le lauréat final ce vendredi 7 octobre. 

Elie Wiesel, Nobel de la paix et survivant de la Shoah décédé en 2016. © LICHTFELD EREZ / SIPA

Le Nobel de la paix 2015 avait été attribué au quartette du dialogue national tunisien - regroupant syndicat, patronat, Ordre des avocats et la Ligue tunisienne des droits de l'Homme - pour sa contribution à une transition démocratique en Tunisie.

En vidéo - Retour sur le parcours d'Elie Wiesel, écrivain-journaliste rescapé de la Shoah et Prix Nobel de la paix en 1986, décédé à 87 ans le 2 juillet 2016. 

L'ancien président israélien et Prix Nobel de la paix Shimon Peres est, lui, décédé dans la nuit du 27 au 28 septembre 2016, à 93 ans, des suites d'un accident vasculaire cérébral, dans un hôpital proche de Tel-Aviv. Issu de la génération des pères fondateurs de l'Etat d'Israël, artisan des accords de paix d'Oslo - socle d'une autonomie palestinienne à partir des années 90 -, Peres avait reçu le Nobel de la paix en 1994 avec l'Israélien Yitzhak Rabin et le Palestinien Yasser Arafat "pour leurs efforts en faveur de la paix au Moyen-Orient".

Nobel 2016 de littérature

Jeudi 13 octobre 2016, c'était la première fois qu'un musicien était récompensé par un Nobel de littérature depuis la création du prestigieux prix en 1901 ! Le chanteur ET poète américain Bob Dylan était pourtant absent de la liste des favoris. L'étonnement, chez les experts du Nobel, s'est montré à la mesure de la popularité du chanteur.

En vidéo - Le nom de Bob Dylan comme Nobel de littérature 2016  a été annoncé sous les hourras de l'assistance dans la majestueuse salle de la Bourse à Stockholm :

La secrétaire générale de l'Académie suédoise, Sara Danius, qui a communiqué le nom du Nobel de littérature 2016 en la personne de l'artiste de 75 ans, a avoué qu'elle s'était mise à voir ses textes autrement sur le tard. Vu par la fondation Nobel comme une "icône", " Bob Dylan écrit une poésie pour l'oreille" a-t-elle explicité. L'attribution du prix semble s'être faite comme une évidence pour le jury, si l'on en croit "la grande cohésion" décrite par Mme Danius.

Celui qui confiait lors d'une cérémonie de remise de prix (encore une !) de 2015 avoir tout simplement "appris à écrire des paroles en écoutant des chansons folk"  a su mixer blues, folk, rock, country et poésie surréaliste propre à la beat generation dans une musique à la fois engagée, proche du quotidien et ambassadrice de l'histoire de l'Amérique. Son 37e album, "Fallen Angels", est sorti en mars 2016.

En 2013, Bob Dylan avait reçu la Légion d'honneur des mains d'Aurélie Filippetti, alors ministre de la Culture. Une récompense controversée, notamment du fait des prises de position de Dylan contre la guerre du Vietnam ou de sa consommation notoire de stupéfiants. Des liens unissaient déjà le troubadour folk à la France, promu chevalier des Arts et Lettres en 1990. Tous les lauréats de l'édition 2016 du Prix Nobel ont été annoncés en moins de deux semaines. La cérémonie de remise des prix n'a, elle, lieu que le 10 décembre 2016.

Pour le Nobel de littérature 2016, le favori du gros des parieurs était le romancier nippon Haruki Murakami. Il a finalement été remis, contre toute attente, au musicien, écrivain et peintre américain Bob Dylan, aujourd'hui âgé de 75 ans. Lors de l'édition précédente des Nobel, c'est la favorite des parieurs qui l'avait emporté, la Bélarusse Svetlana Alexievitch. En 2014, l'oeuvre de l'auteur français Patrick Modiano s'était vue couronnée de façon plus inattendue.

En 2015, le Nobel de littérature a été décerné à la journaliste et écrivaine biélorusse Svetlana Alexievitch, auteur de "la Fin de l'homme rouge", pour son "oeuvre polyphonique, mémorial de la souffrance et du courage à notre époque". Engagée, celle-ci a consacré la majeure partie de ses écrits au monde soviétique passé et à la restitution de sa mémoire, en mixant documentaire et littérature. Le Nobel de littérature a également mis en lumière de grands noms du domaine littéraire comme Gabriel García Márquez, Toni Morrison, Alexandre Soljenitsyne, J. M. G. Le Clézio, Orhan Pamuk, Mario Vargas Llosa... et bien d'autres.

Nobel 2016 de physique

Mardi 4 octobre, les lauréats du prix Nobel de physique 2016, car il y en a plusieurs, se sont révélés être David Thouless, Duncan Haldane et Michael Kosterlitz, pour leurs travaux sur les "transitions de phases et les phases topologiques de la matière". Autrement dit, pour leurs recherches sur la matière. Mais encore ? "Leurs découvertes ont permis des avancées dans la compréhension théorique des mystères de la matière et créé de nouvelles perspectives pour le développement de matériaux innovants", a explicité le comité Nobel après avoir attribué le prix Nobel de physique aux trois Britanniques à l'Académie royale des Sciences de Stockholm.
Parmi les lauréats en vue pour ce Nobel, il y avait le professeur franco-algérien Madjid Boutemeur. Spécialiste des particules, il travaille au sein de l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) et était d'ores et déjà reconnu de ses paires.
L'an passé, les bénéficiaires du Nobel de physique étaient un binôme de chercheurs, Takaaki Kajita et Arthur B. McDonald, entrés dans le cercle des scientifiques en possession du prestigieux prix. L'un de l'université de Tokyo, l'autre de la Queens University au Canada, ils ont tous deux été récompensés pour leur travail sur les neutrinos. Ils avaient réussi à clarifier les oscillations de ces particules élémentaires, et notamment à confirmer qu'elles possédaient une masse. Si l'on remonte plus loin dans le temps, le physicien américain d'origine allemande Albert Einstein fait partie des plus célèbres lauréats du Nobel de Physique, et pas "juste" pour sa théorie de la relativité ! Sa réception du prix Nobel de physique en 1921 marque en effet ses travaux audacieux (et inconnus du grand public) sur la lumière.

Nobel 2016 de chimie

Marie Curie a reçu deux prix Nobel dans sa vie ! © LASKI / SIPA

Mercredi 5 octobre, le Nobel de chimie 2016 a récompensé trois chercheurs, le Français Jean-Pierre Sauvage, l'Ecossais Fraser Stoddart et le Néerlandais Bernard Feringa, pour leurs travaux sur les machines moléculaires, décrites par les connaisseurs comme "les plus petites machines du monde". Parmi les favoris à l'obtention du titre de prix Nobel de chimie 2016, il y avait notamment les chercheurs du CNRS ou Centre national de la recherche scientifique. Parmi eux, Eric Karsenti, biologiste cellulaire ayant déjà reçu, en 2015, la médaille d'or du CNRS, top des récompenses scientifiques françaises. Et fait des découvertes essentielles sur la "régulation du cycle cellulaire" ou mécanismes de division des cellules.
Le prix Nobel 2015 de chimie avait, lui, souligné le travail de trois chercheurs à l'origine de la description des mécanismes moléculaires de réparation de l'ADN, véritable "boîte à outils" des cellules : le Suédois Tomas Lindahl, l'Américain Paul Modrich et le Turco-Américain Aziz Sancar. La physicienne et chimiste polonaise, naturalisée française, Marie Curie, a été récipiendaire du Prix bien des années avant, le 10 décembre 1911. C'était "en reconnaissance des services pour l'avancement de la chimie par la découverte de nouveaux éléments : le radium et le polonium, par l'étude de leur nature et de leurs composés". Et il s'agissait de son second prix Nobel (!), puisqu'elle avait déjà obtenu le prix Nobel de physique en 1903 avec son mari Pierre Curie et Henri Becquerel, pour saluer leurs travaux sur la radioactivité.

Nobel 2016 de médecine

La première catégorie à avoir été dévoilée en cette semaine d'ouverture des prix Nobel 2016 a été celle de médecine-physiologie, ouvrant une fois encore la saison des Nobel. Annoncée lundi matin aux alentours de 11h30, elle a récompensé le chercheur Japonais Yoshinori Ohsumi, pour ses recherches sur l'autophagie, un mécanisme cellulaire clé. Ce dernier, à l'oeuvre dans le cytoplasme des cellules, entre la membrane et le noyau, sert à éliminer des zones toxiques de la cellule. Voire à tuer celle-ci pour endiguer la progression d'une infection. Ces travaux d'Ohsumi sur le renouvellement cellulaire sont notamment mis à profit dans les domaines de la lutte contre le cancer ou des greffes d'organe.
En 2015, l'éminente récompense avait été attribuée à l'Irlandais William C. Campbell, au Japonais Satoshi Omura et à la Chinoise Tu Youyou qui ont alors remporté conjointement le prix Nobel de physiologie ou médecine pour leurs travaux menés sur les maladies parasitaires. Autre lauréat emblématique du Prix en son temps, le biologiste et médecin autrichien Karl Landsteiner l'a reçu en 1930 "pour sa découverte des groupes sanguins chez l'humain".

Nobel 2016 d'économie

Le "prix Nobel d'économie" 2016 ou prix de la Banque de Suède, a été décerné lundi à un binôme de chercheurs, le Britannique Oliver Hart et le Finlandais Bengt Holmström. Sont récompensés leurs travaux sur la théorie du contrat. Les deux professionnels ciblent le meilleur des contrats possibles dans une situation x ou y, a précisé le communiqué en anglais de l'Académie royale des sciences suédoise. Une science qui s'applique dans des domaines très divers, comme les assurances ou les Constitutions.
Dernières nées des disciplines récompensée par le Prix Nobel, les sciences économiques avaient aussi fait l'objet de pronostics pour l'édition 2016, les plus crédibles concernant en premier lieu les champs de recherche plutôt que les candidats : il en est allé ainsi pour l'économie comportementale et son ambassadeur le Suisse Ernst Fehr, de même que pour les études sur la croissance. La distinction du prix Nobel d'économie est depuis sa création controversée. D'abord, il ne s'agit pas d'un véritable prix Nobel, il été lancé par la Banque centrale de Suède en 1968 en "mémoire d'Alfred Nobel", avec l'accord de l'Académie toutefois. De plus, certains affirment que le choix fait par le jury a le pouvoir d'influer sur les politiques économiques et revêt dont un aspect politique. La révélation du prix Nobel d'économie 2016 a déjà été entachée par une énorme gaffe... L'Université de New York a annoncé jeudi 6 octobre 2016 la tenue d'une conférence de presse avec Paul Romer, décrit comme prix Nobel d'Economie. Une erreur qui a rapidement été retirée du site internet de l'institution. Le jury n'aura décidé du nom du lauréat que lundi 10 octobre 2016 au matin après s'être réuni. Paul Romer, économiste en chef de la Banque mondiale, restait malgré tout l'un des favoris grâce à ses recherches sur la croissance endogène, ou comment des facteurs internes peuvent contribuer à améliorer la prospérité d'un pays.
Le Nobel 2015 d'économie avait, lui, été attribué à l'économiste américano-britannique Angus Deaton. Ce dernier succédait cette année-là à son confrère français Jean Tirole, et ses travaux traitaient de l'inégalité des revenus et de la consommation. Egalement professeur à l'université de Princeton, l'homme a plus particulièrement été primé "pour son analyse de la consommation, de la pauvreté et du bien-être". Le chercheur est notamment parvenu à montrer que, si globalement, l'humanité vit un accroissement du bien-être depuis deux siècles (allongement de l'espérance de vie, recul de certaines maladies...), ce progrès est associé à un creusement tout aussi spectaculaire des inégalités...

Le Nobel d'économie en chiffres (étonnants) :

  • seuls 24 prix Nobel d'économie ont été remis individuellement depuis 1969.
  • une seule femme a été récompensée par ce prix à ce jour, l'économiste américaine Elinor Ostrom.
    C'était en 2009, elle est décédée depuis.
  • le plus jeune lauréat de l'histoire de cette récompense avait plus d'un demi-siècle au compteur.
    Il s'agit de l'économiste américain Kenneth J.Arrow, co-récompensé en 1972.

Histoire du Prix Nobel

Testament de l'inventeur suédois Alfred Nobel, père du prix éponyme. © BERTIL STILLING / AP / SIPA

Née en 1896, cette prestigieuse distinction se divisait dès le début en cinq catégories - la paix, la littérature, la physique, la chimie et la médecine - auxquelles est venue s'ajouter plus tard une sixième (l'économie). Le père du Prix Nobel a voulu laisser l'image d'un homme bon après sa mort. Dans ses dernières volontés, via son testament du 27 novembre 1895, qui tenait sur une page (ci-contre), le chimiste suédois Alfred Nobel, inventeur de la dynamite et vu par certains comme "un marchand de mort", a donc fait un voeu de taille : le produit de la succession sera distribué à ceux qui, au cours de l'année écoulée, auront rendu "les plus grands services à l'humanité".
A sa mort en 1896, Alfred Nobel est l'un des hommes les plus riches du monde. 32 millions de couronnes suédoises (plus de 3 millions d'euros) sont ainsi mis au service d'une nouvelle fondation. Cette dernière est chargée de verser chaque année les revenus accumulés via le capital du millionnaire aux détenteurs des cinq prix Nobel, créés par la même occasion. Réservé à certains des meilleurs scientifiques, écrivains et artisans de paix du monde entier, le Prix Nobel a depuis acquis une renommée internationale. Il est même aujourd'hui considéré comme le Prix le plus prestigieux de tous.
Les cinq tout premiers prix de la fondation Nobel ont été décernés le 10 décembre 1901, par le roi de Suède ainsi que le Parlement de Norvège, quand les deux pays partageaient encore la même couronne (depuis 1815). A leur séparation, en 1905, une répartition des prix s'est faite : un prix Nobel de la paix dorénavant remis par la Norvège et des prix Nobel de littérature, physique, chimie et médecine remis par la Suède. Quant au prix Nobel d'économie, il a été créé en 1968 par la banque de Suède. S'il ne s'agit pas à proprement parler d'un prix "Nobel" car Alfred Nobel ne l'a pas couché dans son testament, il est couramment qualifié de "Nobel d'Economie".
Dans la foulée de cette intégration, la Fondation Nobel a décidé de geler la liste des prix pour qu'aucune nouvelle discipline ne soit créée. Il n'y aura donc a priori jamais de Nobel de mathématiques. A ce sujet, la légende veut que le père du Nobel ait voulu se venger d'un rival en amour, un mathématicien du nom de Gosta Mittag-Leffler qui aurait séduit sa maîtresse, en ne créant pas de Nobel de maths. Mais selon deux auteurs suédois publiés dans la revue Mathematical Intelligencer, Lars Garding et Lars Hömander, cette version est contestable. D'après eux, deux raisons coexistent pour expliquer l'absence de cette discipline clé dans le panel du Nobel : A l'époque de la création du Prix Nobel, il existait déjà un prix scandinave de mathématiques ; et Alfred Nobel "n'aimait pas trop" cette discipline, qui heurtait sa nature pratique.
Entre 1901 et 2015, pas moins de 900 prix Nobel ont été attribués, dont 49 à des femmes. La France fait partie des nations les plus récompensées. Tous pays compris, le plus vieux lauréat de l'histoire du prix, Leonid Hurwicz, primé pour son travail en Economie, avait 90 ans le jour de l'annonce. Quant au plus jeune, il, ou plutôt elle, avait 17 ans ! Il s'agit de Malala Yousafzai, militante pakistanaise pour les droits des femmes récompensée en 2014 du prix Nobel de la paix.

Gain du Prix Nobel

Si la connaissance n'a pas de prix, il existe quand même des distinctions comme le Prix Nobel. Et ce dernier sélectionne des lauréats très variés : cette année, pour la Paix, sont pressentis aussi bien le lanceur d'alerte Edward Snowden que le pape François ou encore Donald Trump. Le comité du Nobel récompense chaque automne les auteurs de grandes avancées dans tous ces domaines.
Mais que reçoivent exactement les lauréats d'un prix Nobel ? Chacun d'entre eux bénéficie d'un diplôme et d'une médaille, mais aussi d'un chèque de 8 millions de couronnes (822 000 euros). Ce montant n'a pas été modifié depuis 2012 (et son rabotage) mais il était grimpé jusqu'à 10 millions de couronnes en 2001 (plus d'un million d'euros), jusque 2011. Les vainqueurs disposent de trois façons d'utiliser leur prime :

1.Engager des nouvelles recherches

2.Financer une ou des oeuvres de charité

3.Améliorer leur confort de vie (et/ou celui de leurs proches)

Au-delà du gain matériel, recevoir un Nobel permet d'acquérir une renommée internationale.

Refus du Prix Nobel

Le 22 octobre 1964, l'écrivain et philosophe Jean-Paul Sartre refuse le prix Nobel de littérature. Il en expliquera les raisons dans une lettre adressée aux journaux de Stockholm. Fidèle à ses valeurs, il continue d'abord de décliner toute distinction officielle (il l'a notamment déjà fait pour la Légion d'honneur), car pour lui "l'écrivain doit refuser de se laisser transformer en institution, même si cela a lieu sous les formes les plus honorables, comme c'est le cas". Ensuite, il s'appuie sur le contexte idéologique et précise que "le seul combat actuellement possible sur le front de la culture est celui pour la coexistence pacifique des deux cultures, celle de l'Est et celle de l'Ouest [en pleine guerre froide, ndlr]" et qu'elle doit "avoir lieu entre les hommes et entre les cultures, sans intervention des institutions." Si Sartre est le seul écrivain à ce jour à avoir refusé un Nobel, cela reste exceptionnel. Le seul autre lauréat à avoir refusé de son propre chef est le Duc Tho, un responsable politique vietnamien récipiendaire du Nobel de la paix en 1973. Il décline alors  la distinction reçue conjointement avec le diplomate américain Henry Kissinger, pour récompenser des efforts ayant abouti à un accord de paix au Vietnam. Pour le Duc Tho, le travail n'est en effet pas achevé, la paix pas réellement établie. Quant à Mère Thérésa, elle a accepté la distinction en 1979 mais a souhaité l'annulation du banquet de cérémonie. Préférant user des 7 000 dollars qu'il aurait coûté (environ 6 000 euros) pour la préparation d'un dîner à 2 000 sans abris, à Noël. Enfin, le romancier, poète et dramaturge irlandais Samuel Beckett a dit "oui" au Prix mais n'a pas voulu se rendre à Stockholm.

Littérature / Norvège