Les vins de Bourgogne : un investissement judicieux ?

La région de Bordeaux se place souvent en priorité lors des choix d’investissement Vin. Cependant peut-on faire de bonnes affaires avec une autre grande région comme la Bourgogne ? Ont-ils le même potentiel de plus-value ?


La qualité et la notoriété du vin

La communication de Bordeaux s’est faite à travers de grands noms que l’on peut considérer comme marque tels que Château Lafite Rothschild, Château Angélus, Château Margaux mais très peu par leurs appellations respectives qui sont Pauillac, Saint-Emilion et Margaux.
Pour la Bourgogne, on désigne les vins par leur appellation telle que Chassagne-Montrachet, Gevrey-Chambertin ou encore Clos Vougeot Grand Cru. Ces appellations ont été définies officiellement à partir de 1935 mais les climats de Bourgogne étaient déjà délimités au Moyen-Age. Ils délimitent un quartier de terre aux propriétés viti-vinicoles particulières, respectées au mètre près.

A l’exception des monopoles tels que Clos de Tart Grand Cru, Clos des Lambrays Grand Cru ou encore Beaune 1er Cru "Clos des Ursules" Louis Jadot, les appellations sont divisés entre plusieurs vignerons. La qualité d’une même appellation varie donc d’un producteur à un autre en fonction des méthodes de vinifications et de vieillissement de ceux-ci. La notion de terroir trouve bien sa place en Bourgogne, deux pieds de vignes situés à quelques mètres l’un de l’autre et vinifiés par le même producteur auront chacun leurs caractéristiques. Complexe oui, mais c’est ce qui fait le charme et la diversité de la Bourgogne et surtout une référence pour les amateurs.


Il faudra privilégier les producteurs de grande renommée et investir plutôt dans les Grands Crus ou certains Premiers Crus. Les Premiers Crus entourant les sont souvent de très bonne qualité et avec un potentiel de garde élevé.

Notez que le Premier Cru Les Saints-Georges situé dans l’appellation Nuits-Saint-Georges a postulé pour devenir Grand Cru. Si cette appellation lui est accordée il deviendra le premier Grand Cru de Nuits-Saint-Georges entraînant certainement une hausse des prix.

Les notes des journalistes dégustateurs

Robert Parker vous fournira les notes des plus grands domaines, cependant la référence en Bourgogne c’est Allen Meadows sur son site Burghound.com. Les dégustateurs tels que Bettane et Desseauve, la Revue des Vins de France, Stephen Tanzer ou encore Jancis Robinson restent toujours des valeurs sûres.

Les millésimes

Ceci est d’autant plus valable en Bourgogne. La région dépendant uniquement d’un cépage en blanc (Chardonnay) et un en rouge (le Pinot Noir), le producteur ne pourra adapter son assemblage en fonction du millésime comme peuvent le faire les châteaux Bordelais. Certains millésimes sont une réussite pour les deux couleurs (exemple 1999, 2002, 2005, 2009), mais d’autres ont été plus bénéfiques à l’un ou l’autre cépage.  Le millésime 2010 est globalement une très belle réussite avec une légère supériorité pour les rouges. Les millésimes 2007 et 2008 sont quant à eux plutôt classiques mais à qualité égale pour les deux cépages. Les 2004 et 2006 ont produits d’exceptionnels vins blancs.

La rareté du produit

La Bourgogne est gagnante sur le plan de la rareté. Pas moins de 100 AOC sont présentes en Bourgogne dont 33 Grands Crus. Le plus petit Grand Cru de Bourgogne est La Romanée avec uniquement 0,85 hectare suivit de près par La Romanée Conti avec 1,63 hectares. Les tris à la vigne sont sélectifs, les rendements faibles donc les quantités restent limitées pour une qualité d’exception.
Le domaine de la Romanée Conti n’a produit que 3141 bouteilles de son célèbre Romanée Conti Grand Cru. La production de Château Lafite Rothschild atteint quant à elle les 15 à 20 000 bouteilles. Deux producteurs d’exceptions que les collectionneurs s’arrachent mais les quantités restent très différentes.

La Bourgogne nous apporte de l’émotion par son histoire, son goût mais c’est également une région qui a son caractère et sa diversité. Les exportations sont nettement à la hausse (+26%) au premier trimestre 2012 avec les marchés Chinois / Hongkongais, Américain et Suisse en forte augmentation (source : BIVB).
Une offre limitée, une demande en forte hausse sur le territoire national comme à l’étranger, faut-il toujours se demander si les vins de Bourgogne ont un réel potentiel d’investissement ?  

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