La restauration des zones humides tombe à l’eau

Les marais, tourbières, vasières et autres marécages ne sont pas très glamours et pourtant, ils sont indispensables. On voudrait les sauver : oui, mais Tarsou le Tarsier se demande bien comment ?

Le 2 février, c’est la journée mondiale des zones humides. Des milieux humides. Des lieux où il y a de l’eau, quoi… C’est important, l’eau ! D’une part, parce que de nombreux animaux et plantes y vivent, d’autre part, car ceux qui n’y vivent pas en ont tout de même besoin. Vous le savez bien, vous les humains, étant donné que vous vous battez pour que toutes les populations aient accès à l’eau potable. Le problème, c’est que les fameuses zones humides sont aussi celles que vous avez le plus tendance à détruire : en cinquante ans, 50 % d’entre elles ont disparu.

Le pire, c’est que c’est souvent justifié –de votre point de vue. Il y a les marais asséchés pour des raisons sanitaires, les zones poissonneuses surexploitées par des populations pauvres, les cours d’eau détournés pour irriguer des régions arides, et j’en passe. On a toujours une bonne raison de prélever de l’eau, et pendant très longtemps, l’idée de destruction d’un écosystème n’effleurait l’esprit de personne. Ce qui a changé, c’est qu’aujourd’hui, il y a au moins un jour de l’année pour en parler, en espérant que ce n’est pas trop tard.

En réalité, c’est déjà un peu trop tard. Certes, protéger les lagunes, tourbières, mangroves et récifs coralliens encore existants est important. Il y a des animaux qui ne vivent qu’à ces endroits, comme le poisson-grenouille des mangroves. Mais pour les lieux qui ont déjà subi une dégradation totale ou partielle, l’avenir n’est pas rose -ni même vert ou bleu. Selon une étude américaine, même protégés, ces endroits auront perdu à jamais environ 20 % de leurs capacités. Ceci dit, pas besoin d’être docteur en écologie pour se douter qu’un animal ou une plante qui disparait d’un milieu ne reviendra pas tout seul !


Le poisson-grenouille des mangroves

Aux États-Unis, des millions de dollars partent tous les ans dans des programmes de réhabilitation des zones humides. C’est sûr que ça doit être un peu frustrant de faire tout ça pour un résultat aussi médiocre. Peut-être que la méthode n’est pas la bonne, et qu’on devrait compléter ces efforts par la réintroduction des espèces qui y vivaient. En France, c’est comme ça que la cigogne –un animal typique des zones humides- est revenue dans le paysage de Charente-Maritime.  Peut-être qu’on devrait tout simplement laisser ces régions du monde à l’abri de l’exploitation humaine pour éviter d’avoir à les restaurer plus tard. Enfin : je dis ça, je dis rien.

Tarsou le Tarsier pour L'Internaute Nature


PS : mention spéciale à l’organisation Conservation International et à l’entreprise Disney pour leur engagement au profit des zones humides via le jeu « Where’s my water ? » qui propose de récolter des canards en plastique virtuels pour défendre les eaux douces dans le monde. Plus d’infos sur Where's my water ?

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