Comment pleure-t-on ?

Joie, peur, tristesse... Les larmes expriment avant tout une émotion chez l'homme. Mais ces gouttes d'eau salée jouent un rôle physiologique important. Comment pleure-t-on ? Explication.

Un film à l'eau de rose et voilà, les larmes perlent sur vos joues. Les pleurs restent, pourtant, connotées comme témoins d'un mal être, d'une profonde tristesse, d'une déchirure dont on ne se remet pas.

Beaucoup de psychologues expliquent que pleurer est nécessaire pour le psychisme. Vous-même en avait fait l'expérience. Une bonne crise de larmes et vous vous sentez déjà plus léger. Ce mécanisme permet de soulager un trop plein émotionnel que l'individu est incapable de verbaliser. Les pleurs sont, donc, le subterfuge pour évacuer cette tension nerveuse.

Les femmes sont d'ailleurs plus sujettes à pleurer que la gent masculine, non pas qu'elles soient moins résistantes mais leurs hormones leur jouent des tours. Celles-ci stimulent beaucoup plus les glandes lacrymales d'où des effusions de larmes plus fréquentes.

 

Un trop plein d'eau

 

Pleurer est un acte dit réflexe comme la respiration, c'est-à-dire qu'il n'est pas fait sur demande consciente. Tout se fait automatiquement.

Au niveau de notre arcade sourcilière, sous l'os, nous possédons une glande lacrymale. Elle est comparable aux glandes salivaires, à savoir qu'elle produit un liquide composé de protéines, d'enzymes et d'oxygène. Cette glande est stimulée par le nerf facial VII.

La solution aqueuse produite est véhiculée jusqu'à l'espace conjonctif -entre l'œil et la paupière supérieure- via dix canaux excréteurs de la glande lacrymale. Là, l'eau se déverse sur tout l'œil jusqu'en bas, dans le sac lacrymal -espace entre l'œil et la paupière inférieure. Quand il y a une production trop importante de larmes, sous le coup de l'émotion, ce lac déborde et nous pleurons.

En même temps que les larmes coulent sur les joues, une partie de ce trop plein d'eau est évacué par les fosses nasales. A la commissure interne de l'œil, une petite protubérance rosâtre appelée "caroncule" possède un orifice débouchant dans des canaux lacrymaux. L'eau s'y engouffre pour attendre un sac lacrymal qui conduit ensuite au nez via un conduit lacrymo-nasal. Voilà pourquoi vous mouchez abondamment après une crise de pleurs.

 

De l'eau pour nettoyer l'œil

 

Certes, les pleurs sont une soupape émotionnelle mais ils n'en demeurent pas moins qu'ils ont un rôle physiologique bien précis. La cornée, une partie de l'œil, est le seul organe du corps humain dépourvu de toute vascularisation car cela aurait des répercussions sur la vision. Or, elle est soumise à de nombreux frottements de l'air, mais aussi à l'intrusion de corps étrangers comme des poussières. Pour éliminer tout cela et éviter que la cornée ne soit abîmée, un mécanisme de larmes et de battements de paupières est alors activé en permanence.

Les larmes humidifient l'œil, les paupières dispersent partout cette eau et évacuent en même temps les grains de poussières. Cette solution aqueuse contient des petites enzymes lytiques, les lysozymes. Elles détruisent les agents bactériens et les champignons pathogènes ; elles jouent le rôle d'antibiotique. Ainsi, les inflammations et autres maladies oculaires sont amoindries ou écartées. Mais les pleurs ne servent pas uniquement de "lave-œil".

 

Oxygénation et alimentation

 

Sans vaisseaux, la cornée est privée d'apport en nutriments dont tout organe a besoin pour fonctionner. Les larmes vont, donc, jouer ce rôle de transporteur de protéines qui vont diffuser directement dans les cellules cornéennes. Ainsi, l'absence vasculaire est compensée.

Mais les nutriments ne sont pas les seuls à faire partie du voyage, de l'oxygène dissout les accompagne. Il se transfère également dans les cellules de la cornée. En fait, un échange gazeux s'opère à ce niveau ; du CO2 provenant de la cornée est alors récupéré par les larmes puis éliminé.

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