Repousser les limites temporelles de l'évolution des gaz à effet de serre

 

Des chercheurs ont, pour la première fois, reconstitué sur 800 000 ans l'évolution de la teneur en dioxyde de carbone et de méthane, les principaux gaz à effet de serre après la vapeur d'eau. Leurs résultats font l'objet de deux articles dans la revue Nature du 15 mai 2008.
Les scientifiques, dans le cadre du programme Epica, sont parvenus à effectuer un carottage d'une profondeur de 3 270 mètres, s'arrêtant à quelques mètres au-dessus du socle rocheux. Ils ont ainsi pu atteindre une glace « âgée » de 800 000 ans et réaliser l'enregistrement de la composition en dioxyde de carbone et en méthane sur toute cette période.
Plusieurs conclusions : tout d'abord, ils ont démontré que les taux de concentration de ces deux gaz n'ont jamais été aussi élevés qu'aujourd'hui. Ensuite, ils ont détecté des variations des teneurs moyennes en CO2 atmosphérique sur une échelle de temps relativement longue, ce qui pourrait s'avérer précieux pour quantifier l'effet de l'érosion continentale sur le cycle du carbone. Enfin, la courbe de méthane révèle des fluctuations rapides sur une échelle millénaire, récurrente à chaque glaciation.
Cette variabilité climatique serait due aux fluctuations du courant thermohalin, c'est-à-dire à la circulation à grande échelle de masses d'eau qui participe à la redistribution de chaleur sur la Terre.
Grâce à ces enregistrements, les scientifiques disposent maintenant de données de référence très précises avec lesquelles ils espèrent mieux prévoir le climat à venir de notre planète.

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