Exposition Henri Rousseau, "La candeur archaïque" au Palais ducal de Venise

Après le grand succès de l'exposition dédiée à Edouard Manet en 2013, c'est un autre grand protagoniste de l'Art français qui arrive à Venise : Henri Rousseau, dit le douanier, qui fut une personnalité centrale de la culture figurative entre la fin du XIX siècle et la période révolutionnaire des avant-gardes.


Célèbre pour ses atmosphères oniriques, ses forêts et paysages enchantés, cette extraordinaire exposition dédiée à Rousseau est le fruit d'un long parcours d'études commencé il y a plus de trois ans entre Gabriella Belli, Directrice de la Fondation des Musées Civiques de Venise et Guy Cogeval, président du Musée d'Orsay de Paris et organisée par 24 Ore Cultura, du Groupe éditorial italien 24 Ore. “Henri Rousseau la candeur archaïque” regroupe plus de cent oeuvres, la plupart provenant des plus importantes institutions nationales et internationales.


Cette recherche a mis en évidence un aspect peu documenté de l'oeuvre de Rousseau, en tant que figure de référence des grands protagonistes des avant-gardes historiques, des intellectuels et des grands collectionneurs mais aussi de nombreux peintres qui précédèrent et dépassèrent les aventures du cubisme et du futurisme, parmi lesquels figurent Cézanne, Gauguin, Klee, Morandi, Carrà, Frida Kahlo, Kandisky et Picasso. En effet, la force inspiratrice de sa peinture était célébrée par les artistes mais snobée par les critiques de son temps.


Tous ces artistes sont présents à l'exposition avec des oeuvres qui dialoguent avec les peintures du Douanier, portant sur la brève mais intense période créative de 1884 jusqu'en 1910, date de la mort de l'artiste à 66 ans à Paris. A côté des œuvres de Rousseau sont donc présentées pour la première fois des œuvres inspirées par Rousseau, dont "Paysage de l'Ile de France" de Georges Seurat (1881-82), "Portrait de Lee Hoetger" de Paula Modersohn-Becker, "Portrait de dame en blanc" de Frida Kahlo, "Bouquet de fleurs des champs dans un vase au col long" d'Odilon Redon, ainsi que certains de ses chefs-d'oeuvre les plus célèbres comme le "Moi-Même portrait-paysage" (1889-90) que l'artiste considérait comme le premier "portrait-paysage" de l'Histoire de l'Art, "La Cour" (1896-98) acheté personnellement par Kandisky et présenté à la première exposition du Bleue Reiter à Munich, "La Guerre" ou la "Cavalcade de la Discorde" (1894), six jungles dont la "Charmeuse de Serpents" (1907) ou le "Cheval attaqué par un jaguar" (1910), mais aussi des natures mortes classiques et des portraits masculins et féminins, souvent des amis du peintre ou des membres de sa famille.


Enfin, pour souligner l'importance et l'impact qu'a eu la production artistique de Rousseau dans le milieu intellectuel du Paris du XXe siècle, des documents inédits permettent au visiteur de revivre l'émotion du banquet que Pablo Picasso organisa en l'honneur du Douanier en 1908, à l'occasion de l'achat du "Portrait de femme" exposé ici en face de "La Bouteille de Bass" de Picasso, dans une pièce animée par le poème que Guillaume Apollinaire a dédié à Rousseau pendant le banquet, plongée dans la musique de Clémence, la valse composée par le Douanier et jouée à cette occasion.

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