Vincent Peillon : ce que sa loi va changer à l'école

Vincent Peillon : ce que sa loi va changer à l'école Le texte sur la "refondation de l'école" du ministre de l'Education Vincent Peillon est examiné par l'Assemblée nationale cette semaine. Voici ce qu'il annonce pour l'école de demain.

Les rythmes scolaires ont accaparé le débat ces dernières semaines, mais ne sont pourtant pas abordés dans le projet de loi sur la refondation de l'école, puisqu'ils ont été modifiés par décret. La loi sur la refondation de l'école, pierre angulaire de la politique du ministre de l'Education Vincent Peillon, comporte de nombreuses autres mesures concrètes pour les élèves, avec un leitmotiv : redonner la priorité au primaire. Passage en revue des principaux points de la loi examinée à partir du 11 mars à l'Assemblée.

Dans le primaire, Vincent Peillon veut mettre en œuvre un principe : "plus de maîtres que de classes". La majorité des postes créés dans l'Education nationale sera donc affectée au premier degré, ce qui correspond à une revendication des syndicats. Vincent Peillon veut aussi revenir sur une orientation de Nicolas Sarkozy : il ne faut plus selon lui limiter l'école aux enfants de trois ans et plus, mais favoriser leur accueil avant trois ans, pour leur inculquer les bases le plus tôt possible. La scolarisation précoce revient donc sur le devant de la scène, notamment dans des "environnements défavorisés". 3000 postes devraient être alloués à ce seul objectif. Le contenu de ce qui sera apporté aux enfants est aussi précisé dans le projet de loi. Cela va de l'éveil moteur, sensoriel ou encore cognitif à "l'épanouissement affectif". Autres avancées notables pour le primaire : l'obligation d'enseigner une langue vivante aux enfants dès le CP (au lieu du CE1) et la fin des devoirs à la maison, une véritable révolution.

Dans le secondaire, la réforme commence par instituer une transition plus souple entre le CM2 et la 6e, véritable point noir de l'éducation en France aujourd'hui. Cette transition se traduit par la création de "conseils école-collège", ces derniers étant chargés d'élaborer des projets communs aux deux niveaux, ce qui va dans le sens d'un "cycle CM2-6e" réclamé par bon nombre de spécialistes de l'éducation. Des "parcours de découverte du monde économique et professionnel" doivent aussi être créés à partir de la rentrée 2015 pour les 6e, remplaçant les vieux "stages d'observation". Sur le contenu, les principales nouveautés vont vers l'éducation "morale et civique" qui sera introduite et/ou renforcée au collège (avec notamment l'apprentissage de l'hymne français et de l'hymne européen), ainsi que vers le numérique. L'enseignement de l'informatique ne sera pas que technique (beaucoup de collégiens étant déjà plus que sensibilisés à la chose), mais il passera notamment par un accent plus prononcé mis sur les droits et les devoirs des internautes. Deux autres points, sans doute très polémiques viennent aussi redessiner le collège de demain. D'abord un renforcement du collège unique avec la redéfinition d'un "socle" ou "tronc" commun", qui supprime les dérogations tout en ouvrant la porte aux "pratiques différenciées". Ensuite la réduction du nombre de redoublements, qui devrait réactiver l'éternel débat sur le réel niveau des collégiens et des lycéens.

Pour tous les élèves, un "parcours d'éducation artistique et culturelle" est aussi créé, qui met à contribution les collectivités. Celles-ci sont déjà associées tant bien que mal à la réforme des rythmes scolaires, en prenant en charge les élèves de primaire après la classe, pour des projets sportifs ou culturels. Le "parcours" devra "permettre à tous les jeunes, sur tous les territoires, d'accéder à l'art et à la culture de la petite enfance à l'université".

Pour l'organisation du système éducatif dans son ensemble, Vincent Peillon veut aussi favoriser la mise en place de projets éducatifs territoriaux. En contrepartie, il propose la création d'un fonds d'aide aux communes pour leur permettre de prendre en charge les élèves après la classe. C'est la seule référence directe aux rythmes scolaires dans ce texte. Le texte sur le refondation de l'école crée enfin deux nouveaux organes : le "conseil national d'évaluation du système éducatif" qui remplacera le "Haut Conseil de l'Education" et le "conseil supérieur des programmes", chargé d'entrer dans le détail du contenu du fameux "socle commun" déjà mentionné. Autre réforme majeure en rupture avec "la masterisation" instaurée par Nicolas Sarkozy : la loi sur la refondation de l'école rétablit la formation initiale des professeurs à l'IUFM et leur redonne une année de stage, là où ils étaient lancés dans le grand bain dès leur sortie du master précédemment. La loi confirme également le recrutement de 60 000 postes dans l'éducation d'ici à la fin du quinquennat.

EN VIDEO - Au lendemain d'une grève massive dans les écoles parisiennes, Vincent Peillon a présenté mercredi 23 janvier son projet de loi de refondation de l'école en Conseil des ministres sous la pression du principal syndicat du primaire, qui appelait à une journée de mobilisation.

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"Refondation de l'école: nouvelle journée de mobilisation"