Le "Grêlé" : que contient la lettre laissée par le tueur en série François V. ?

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Le "Grêlé" : que contient la lettre laissée par le tueur en série François V. ? LE GRÊLÉ. Une vieille affaire criminelle française a trouvé son épilogue jeudi 30 septembre 2021. "Le Grêlé", un tueur en série recherché depuis 35 ans impliqué dans quatre meurtres et six viols s'est suicidé. Il a été identifié et a laissé une lettre d'aveux sur place.

[Mis à jour le 1er octobre 2021 à 20h50] C'est bien lui. Après 35 ans d'enquête, François V., surnommé "le Grêlé" par la presse et les enquêteurs, a fini par être identifié. Ainsi, le portrait-robot de ce tueur en série soupçonné dans plusieurs affaires de meurtres et de viols qui se sont déroulées dans les années 80 et 90, diffusé et placardé tous azimuts à partir du milieu des années 2000, peut désormais prendre les traits de François V., un ancien gendarme devenu policier puis conseiller municipal d'une commune du sud de la France. Mercredi 29 septembre 2021, il a été retrouvé mort au Grau-du-Roi (Gard) et a pu être confondu par des analyses ADN. Une lettre d'aveux a également été retrouvée sur place. 


L'affaire aura été compliquée à élucider. En 2014, Nathalie Turquey, vice-présidente chargée de l'instruction au tribunal de Paris, avait relancé l'épineux dossier, devenant l'énième magistrat à s'en occuper. Son enquête s'était alors dirigée vers la piste d'un homme qui aurait exercé la profession de gendarme. Une liste de 750 personnes pouvant correspondre au profil du tueur, dont François V. faisait partie, avait alors été dressée afin qu'elles puissent être interrogées au fur et à mesure. Mais le tueur en série n'a jamais pu être entendu. Il s'est en effet suicidé quelques jours avant la date de sa convocation à la police judiciaire de Montpellier. Celle-ci devait lui permettre d'évoquer sa situation personnelle à la date où les crimes ont été commis. 

Âgé de 59 ans, le "Grêlé" a laissé une lettre dans laquelle il reconnait ses méfaits. L'homme est soupçonné de six viols et de quatre meurtres entre 1983 et 1994. Il est suspecté notamment d'avoir tué et violé la petite Cécile, 11 ans, retrouvée morte dans le sous-sol de son immeuble dans le XIXe arrondissement de Paris en mai 1986, ainsi que du meurtre d'un couple retrouvé étranglé dans le quartier du Marais, à Paris, en 1987. Il est également soupçonné d'un quatrième meurtre, celui de Karine Leroy, 19 ans, disparue en juin 1994 à Meaux (Seine-et-Marne) (lire plus bas). "Ça paraît incroyable. Ça fait tellement longtemps que les enquêteurs, la justice et les familles cherchent. On tombe un peu de l'armoire quand on apprend que l'on a trouvé l'auteur", a commenté Me Didier Seban, avocat des familles de la première et quatrième victime, sur Franceinfo.

Mi-septembre, Michel Faury, commissaire-divisionnaire à la tête de la Brigade criminelle de Paris, confiait à Actu Paris : "C'est un vrai tueur et violeur en série, qui a totalement disparu, et on veut l'identifier même s'il est peut-être mort aujourd'hui. Ce dossier, notre plus ancien, est toujours vivant. Des investigations sont toujours en cours." Il s'agit là d'un des "cold case" dont la France n'attendait plus l'issue. Mais ce n'est certainement pas celle qu'imaginait les familles des victimes.

Que contient la lettre laissée par le "Grêlé" ?

Avant de se donner la mort, le "Grêlé" a rédigé une lettre dans laquelle il s'accuse de plusieurs meurtres. "Je reconnais être un grand criminel qui a commis des faits impardonnables jusqu'à la fin des années 1990", rapporte Le Parisien. Pour autant, François V. ne donne aucun détail sur ses victimes : aucun nom n'est couché sur le papier, aucune date, aucune explication. Si ce n'est "des pulsions" ressenties à l'époque, liées à son enfance croit savoir Midi Libre. Selon Le Parisien, l'homme aurait écrit qu'il n'était "pas bien dans [sa] vie" au moment des meurtres. Sa rencontre avec sa femme l'aurait fait changer et, selon ses écrits, il n'aurait "rien fait depuis 1997" ajoute BFM TV.

Qui est "le Grêlé", tueur en série recherché depuis 35 ans ?

Avec l'affaire du petit Grégory, c'est un autre grand mystère criminel vieux de près de quatre décennies. Dans les années 1980 et 1990, un homme à l'identité inconnue est mis en cause dans quatre dossiers de meurtres : celui de Cécile Bloch, en date du 5 mai 1986, une jeune fille de 11 ans violée et poignardée ; ceux de Gilles Politi, 38 ans, et Irmgard Mueller, 20 ans, perpétrés le 29 avril 1987 (tous trois à Paris) ; celui de Karine Leroy, âgée de 19 ans, commis le 9 juin 1994 à Meaux (Seine-et-Marne). 

Le mis en cause, dont la police n'a qu'une trace ADN (qui n'a jamais pu être confondu) et un portrait-robot, estime alors qu'il s'agit d'un homme âgé entre 25 et 30 ans, à l'époque, mesurant 1,85m avec cheveux châtains et au visage grêlé par l'acné, ce qui lui vaudra ce surnom dans la presse. Pour attirer ses victimes, il semblerait qu'il exhibait une carte et du matériel policiers (arme, talkie-walkie, menottes ) avant de les étouffer et de les ligoter.

Après l'annonce de la mort du "Grêlé, la procureure de la République de Paris a expliqué qu'il s'agissait d'un ancien gendarme, passé par la garde républicaine, devenu policier en 1988 et qui était à la retraite depuis quelques temps. Installé à La Grande-Motte (Hérault), François V. était entré au conseil municipal de Prades-le-Lez (Hérault) en 2019 après avoir rejoint la liste du maire lors des municipales de 2014. 

Cécile Bloch, le meurtre à l'origine de l'affaire

C'est le point de départ d'une très longue enquête criminelle. Le 5 mai 1986, Suzanne Bloch téléphone entre midi et deux à sa fille, Cécile Bloch, âgée de 11 ans, afin de savoir si elle est rentrée déjeuner dans l'appartement familial, situé dans le 19e arrondissement de Paris. Personne ne décroche et, à l'école, personne n'a vu la jeune fille. Alors que des recherches sont lancées, la fillette est découverte décédée dans un local technique du sous-sol de la résidence, cachée sous une moquette. Les premiers éléments font état de violences sur la victime, qui a été poignardée puis étranglée. Elle aurait également été violée.

Gilles Politi et Irmard Mueller : un double meurtre dans la même journée

Alors que l'enquête sur l'assassinat de Cécile Bloch n'a toujours pas permis de mettre la main sur l'auteur des faits, deux personnes sont retrouvées mortes dans un appartement du IV arrondissement de Paris le 29 avril 1987. Gilles Politi, mécanicien chez Air France et travaillant à l'aéroport de Roissy, est découvert sans vie par sa femme. La victime de 38 ans est nue, morte étouffée, poignets et chevilles attachées par des ceintures également nouées autour de la gorge. 

Dans une chambre du logement gît Irmgard Mueller, fille au pair du couple, la gorge tranchée avec une corde autour du cou, accrochée au lit superposé. Des traces de brûlures sont également découvertes sur le corps de la jeune femme de 20 ans.

Mort de Karine Leroy : le "Grêlé" mis en cause ?

Moins de dix ans après ces trois premiers meurtres qui ont suscité l'émoi en France, un cadavre est découvert à l'entrée d'un bois de Montceaux-lès-Meaux (Seine-et-Marne) le 12 juillet 1994 avec une ficelle autour du cou, torsadé avec un bâton derrière la nuque, comme découvert sur les précédents crimes. Il s'agit de Karine Leroy, une adolescente âgée de 19 ans, portée disparue depuis le 9 juin 1994 alors qu'elle se rendait au lycée. Si l'enquête avait été clôturée en 1997, rouverte puis à nouveau clôturée en 2004, le parquet de Meaux avait relancé le dossier en 2015.