Martinique : cette fake news à l'origine de nouvelles émeutes et de violences
De nouveaux affrontements ont eu lieu à Fort-de-France, en Martinique, à l'aéroport Aimé-Césaire. Selon un communiqué du préfet, "des rumeurs ont circulé sur les réseaux sociaux (…) selon lesquelles 300 ou 350 CRS devraient arriver en Martinique par avion". Cette rumeur, qui était fausse, a poussé plusieurs dizaines de personnes à envahir l'une des pistes d'atterrissage de l'aéroport. Les faits se sont déroulés dans l'après-midi du jeudi 10 octobre, donc pendant la nuit de jeudi à vendredi en métropole. Les forces de l'ordre auraient interpellé huit personnes, selon l'AFP.
#fakenews | Des rumeurs ont circulé sur les réseaux sociaux cet après-midi, selon lesquelles 300 ou 350 CRS devaient arriver en Martinique par avion. Cette information totalement fausse est à l'origine de regroupements et de l'envahissement de la piste de l'aéroport. pic.twitter.com/18uyKf71BU
— Préfet de la Martinique (@Prefet972) October 11, 2024
Suite à ces violences, l'aéroport a été fermé. Selon le communiqué du préfet, "trois avions, soit plus de 1 000 passagers, (ont été) déroutés vers la Guadeloupe. 500 passagers qui devaient repartir par ces avions sont bloqués à l'aéroport de Fort-de-France". Le préfet "appelle au retour au calme".
Un contexte de fortes tensions depuis septembre
Après cet épisode violent à l'aéroport, les émeutes ont continué dans la nuit dans ce contexte de violence suite au mouvement contre la vie chère qui a débuté en septembre. 26 policiers et gendarmes ont été blessés depuis le début des manifestations. Le préfet de l'île a même décrété un couvre-feu et l'interdiction des manifestations jusqu'à lundi.
Les fortes tensions ont été causées par la différence de prix, y compris pour les produits les plus basiques et essentiels, entre la métropole et la Martinique. Alors qu'un sachet de pain de mie coûte environ 1,50 euro en métropole, il est à près de 11 euros en Martinique. La plupart des produits y sont deux fois plus chers. C'est à cause de ces prix élevés, qui diminuent fortement le pouvoir d'achat des habitants de l'île, lesquels se sentent abandonnés par le gouvernement, que des tensions ont éclaté.
Des supermarchés sont régulièrement pillés et les manifestants usent de la violence pour faire entendre leur détresse. Un homme a tout de même été tué par balle. On ne connaît pas les circonstances exactes de sa mort, mais il s'agirait d'un règlement de compte entre émeutiers, puisque les forces de l'ordre n'ont pas fait usage de leurs armes au cours des émeutes. La personne a été retrouvée gravement blessée par la gendarmerie, qui intervenait contre le pillage d'un centre commercial. Conduit à l'hôpital, l'homme n'a pas survécu.