Vaccin Pfizer : délai avant pass sanitaire, intervalle entre injections, efficacité... Les infos

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Vaccin Pfizer : délai avant pass sanitaire, intervalle entre injections, efficacité... Les infos Alors que le pass sanitaitre ne peut s'obtenir que quatre semaines après la première injection, la durée de l'intervalle entre les deux piqûres du vaccin Pfizer intéresse les chercheurs. Le produit serait-il plus efficace contre le variant Delta avec un délai plus long ?

[Mis à jour le 23 juillet 2021 à 14h24] L'immense majorité des Français sont vaccinés avec le produit du laboratoire Pfizer. Comirnaty, de son nom, remporte l'adhésion et la confiance de la population. Son efficacité le propulse depuis le début de la course aux vaccins en haut du classement, pourtant les études continuent de pleuvoir autour du liquide de Pfizer. La dernière en date s'interroge sur le degré d'efficacité du vaccin contre le variant Delta selon l'intervalle qui sépare l'administration des deux doses. Le rapport de recherche PITCH, publié le 23 juillet, signé par des chercheurs britanniques et piloté par l'université d'Oxford, avance que retarder la seconde injection jusqu'à 10 semaines entraîne une hausse du nombre d'anticorps et de lymphocytes T "auxiliaires". Ces cellules appuient le système immunitaire dans sa lutte contre le virus. Le délai plus long permettrait au vaccin d'être plus efficace contre le variant Delta.

Le hic, c'est que rallonger le délai entre les deux piqûres, augmente de fait la période où la personne primo-vaccinée reste vulnérable au virus, risque de le contracter et de créer une nouvelle mutation plus robuste du Covid-19. C'est notamment ce qu'a fait remarquer le Dr Anthony Fauci, principal conseiller médical du président américain. Susanna Dunachie, professeur de recherche mondiale au National Institute for Health Research de l'Université d'Oxford et codirectrice de l'étude estime que "le délai idéal" pour le vaccin Pfizer, est de huit semaines entre les doses. Le Dr Lance Turtle préfère parler de "compromis raisonnable". Certains considèrent ces résultats comme significatifs mais l'étude n'a pas encore été examinée par d'autres experts.

L'étude ne change en rien l'intervalle de 21 jours qui sépare actuellement les deux injections du vaccin Pfizer en France. La période initialement fixée à 35 jours a été réduite par le ministre de la Santé conformément aux recommandations du laboratoire. Ce délai permet d'obtenir le pass sanitaire désormais indispensable pour fréquenter les lieux de loisirs et de cultures et ceux recevant du public en quatre semaines, le dit pass n'est valide que sept jours avec la réception de la seconde dose. À titre d'exemple, si vous avez rendez-vous pour une 1ère dose ce 23 juillet, vous aurez votre deuxième injection au minimum le 13 août. Votre pass sanitaire sera valide une semaine plus tard, soit au minimum le 20 août.

Le vaccin Pfizer est-il efficace contre le variant Delta ?

Une étude réalisée par les autorités britanniques et publiée début juin dans la revue médicale The Lancet indique que le niveau d'anticorps neutralisants est près de six fois moins élevé en présence du variant Delta qu'en présence de la souche historique du virus. "Après une seule dose de Pfizer/BioNTech, 79% des personnes avaient une réponse anticorps détectable contre la souche originelle (du virus), mais cela tombait à 50% pour le variant Alpha, 32% pour le variant Delta et 25% pour le variant Beta" explique en détail l'étude. Une autre étude, faite en France par l'Institut Pasteur, expliquait fin mai que les anticorps neutralisants produits par la vaccination avec Pfizer/BioNTech sont trois à six fois moins efficaces contre le variant Delta que contre le variant Alpha.

Quelle est l'efficacité du vaccin Pfizer Biontech contre le Covid ?

Les laboratoires américain et allemand avaient publié très tôt les résultats de la phase 3 des essais clinique. Il s'agit de la toute dernière avant que soient consolidés les résultats en vue d'une homologation officielle des autorités sanitaires, ce qui a été fait depuis dans l'UE, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et au Canada. Dans son communiqué de presse publié le 18 novembre, le duo américano-germanique a assuré que son vaccin était efficace à 95 %, sans donner plus de précision. Depuis, une revue médicale très renommée aux Etats-Unis, The New England Journal of Medicine, a publié l'intégralité des résultats des essais cliniques et a confirmé ce chiffre, qualifiant le tout de "triomphe". 

Tout au long de l'épidémie, plusieurs études ont démontré qu'il réduisait drastiquement les risques de développer des formes graves, la dernière étude EPI-PHARE réalisée fin mai par l'Agence nationale de sécurité des médicament (ANSM) et l'Assurance maladie avançait le chiffre de 87% de protection contre les formes sévères pour les plus de 75 ans, personnes les plus sujettes à une hospitalisation.

Le vaccin Pfizer-BioNTech reste-t-il efficace contre les virus mutants, qui se propagent en France ? La réponse est oui, selon BioNTech. Le 8 janvier, la société allemande a indiqué dans un communiqué que son produit, développé avec le laboratoire américain, "peut neutraliser" les variants détectés en Grande-Bretagne et en Afrique du Sud. "Les anticorps des personnes ayant reçu le vaccin Pfizer-BioNTech COVID-19 neutralisent efficacement le SRAS-CoV-2 avec une mutation clé qui se trouve également dans deux souches hautement transmissibles", a précisé l'entreprise, selon l'AFP dont Le Figaro se fait l'écho.

Plus de 60 ans, plus de 50 ans... Qui peut recevoir le vaccin Pfizer ?

Depuis le 27 mars, le vaccin du laboratoire américain est injecté uniquement aux personnes de plus de 70 ans. A parti du 16 avril, tous les volontaires à la vaccination de plus de 60 ans pourront également recevoir le produit. La cible éligible à la vaccination avec Pfizer évoluera en même temps que le calendrier vaccinal.

Toutefois, les personnes âgées entre 50 et 54 ans souffrant de comorbidités peuvent prétendre à une vaccination à l'aide du produit Pfizer-BioNTech en centre de vaccination. Quant aux personnes souffrant de pathologies entraînant des risques de formes graves de la maladie et âgées de 18 à 54 ans, elles peuvent également prendre rendez-vous pour se faire vacciner avec le produit américain, sur présentation d'une prescription médicale.

Composition du vaccin Pfizer

La Food and Drug Administration (agence américaine du médicament) a publié la liste des composants du sérum fabriqué par le duo américano-germanique. On retrouve ainsi des lipides, du sucre, du sel et de l'eau, tout cela venant accompagner le principe actif de l'ARN-Messager, qui vise à donner à l'organisme les informations génétiques nécessaires pour déclencher une protection contre le virus. Plus en détail, on retrouve dans le vaccin de Pfizer quatre types de sel (chlorure de potassium, chlorure de sodium, phosphate de potassium monobasique, phosphate dibasique de sodium dihydraté), chargés d'équilibrer le pH de la préparation.

Dans quels pays le vaccin Pfizer est-il disponible ?

La France participe activement à la production du vaccin Pfizer, depuis le vendredi 9 avril grâce à un site de l'industriel Delpharm, mobilisé pour mettre en flacon le précieux liquide anti-covid. Emmanuel Macron s'est rendu dans l'usine d'Eure-et-Loire, pour le lancement de la production du vaccin. Le président de la République a rappelé l'objectif du gouvernement : produire 250 millions de doses de vaccin contre le Covid-19 cette année. "Nous allons nous organiser pour, sur notre sol, développer de la capacité de production de la substance même d'ARN messager", a-t-il déclaré, lors de ce déplacement. Le vaccin Pfizer-BioNTech est le premier à avoir été autorisé sur le sol français. D'après l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), 0,2% des vaccinés ont fait part d'effets secondaires. Sur BFMTV, ce vendredi, le directeur vaccins de Pfizer France, David Lepoittevin affirmait que le sérum maintenait "un très haut niveau d'efficacité" face aux variants britannique, sud-africain et brésilien.

L'Europe compte pour la moitié de la production de vaccins Pfizer, alors que les Vingt-Sept accélèrent la vaccination sur leur territoire. Le laboratoire américain compte vendre aux États-Unis jusqu'à 600 millions de doses, 120 millions de doses pour le Japon et 40 millions pour la Grande-Bretagne. D'autres pays ont passé commande auprès du laboratoire américain, dont la Chine, l'Indonésie et le Canada. De son côté, la Commission européenne a commandé 300 millions de doses supplémentaires du vaccin Pfizer-BioNTech. Ce réassort porte à 600 millions le nombre de doses commandées pour l'Union européenne. "Nous avons désormais sécurisé l'achat de suffisamment de doses pour vacciner 380 millions d'Européens, soit 80 % de la population européenne, et d'autres vaccins vont suivre dans les semaines et mois à venir ", a déclaré Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, lors d'une conférence de presse, citée par Le Monde.

La laboratoire américain s'est associé à l'institut Biovac installée au Cap en Afrique du Sud pour produire des vaccins sur place. La nouvelle est historique puisque qu'il s'agira du premier vaccin à ARN messager produit sur le continent africain. Le laboratoire se fixe pour objectif de produire d'ici à 2023 au moins 100 millions de doses par an. La production devrait débuter dès l'année prochaine et il est déjà acté que toutes les doses produites en Afrique seront uniquement à destination des pays africains. C'est une façon pour le continent d'être moins dépendant des pays étrangers même si cela ne suffira pas pour vacciner tout un continent. Le président Ramaphosa s'est en tout cas réjoui de la conclusion du partenariat et l'a qualifié de "progrès majeur pour surmonter l'inégalité vaccinale".

Quels sont les possibles effets secondaires du vaccin Pfizer ?

Si la protection offerte par le produit de Pfizer est conséquente, les effets secondaires sont également particulièrement scrutés par l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) à la suite de l'injection du vaccin. Dans son dernier rapport daté du 16 juillet, l'ANSM indique que sur plus de 45 millions d'injections réalisées jusqu'au 8 juillet, un peu plus de 30 000 cas d'effets secondaires avaient été rapportés dont la plupart étaient attendus et non graves. A ce sujet, l'ANSM et l'Assurance Maladie s'appuient sur leur étude EPI-PHARE, publiée le 19 juillet, et confirment "qu'il n'y a pas de surrisques d'événements cardiovasculaires graves à la suite d'une vaccination avec le vaccin Comirnaty de Pfizer-BioNTech chez les personnes âgées de 75 ans et plus."

Le zona, un vrai effet secondaire ?

Le zona pourrait-il devenir un effet secondaire reconnu du vaccin Pfizer ? Réputé pour avoir des effets secondaires bénins, le vaccin du laboratoire américain pourrait revoir son discours après la découverte de plusieurs cas de zona potentiellement liés à l'inoculation du vaccin anti-Covid. Le zona, qui est une maladie liée à la réactivation du virus de la varicelle, souvent observée chez des personnes aux défenses immunitaires faibles entrainant des pustules qui restent très douloureuses pendant des jours ou des semaines, a été recensé à 112 reprises selon l'Agence nationale de sécurité des médicaments, dont 86 fois avec le vaccin Pfizer-BioNTech. Pour l'heure, les cas sont peu nombreux mais ils sont tout de même sous la vigilance des autorités car cet effet secondaire n'a pas été évoqué par le laboratoire américain lors du lancement de son vaccin.

Des cas de myocardite ? 

Après quelques inquiétudes en Israël avec la découverte de plusieurs cas de myocardite et péricardites sur les jeunes patients, respectivement 64 et 111 cas ont été recensés depuis le début de la vaccination en France selon le dernier rapport de l'ANSM ce 16 juillet. L'agence fait savoir que "la majorité des cas sont rétablis ou en cours de rétablissement." Le signal de myocardite et péricardite est confirmé comme effet secondaire et surveillé au niveau européen mais l'ANSM indique que "ces effets indésirables rares ne remettent pas en cause le rapport bénéfice/risque du vaccin".  Ces inflammations cardiaques pourraient surtout survenir chez les hommes les plus jeunes, vaccinés par le produit Pfizer. En Israël, 275 cas de myocardite ont été détectés depuis le début de la campagne vaccinale, en décembre 2020. Au total, 5 millions de personnes ont été vaccinées dans le pays. Parmi eux, 95 % des cas de myocardite ont été déclarés comme "légers".

Quels sont les effets secondaires liés à la 2e dose ?

Vous venez d'avoir votre 2e dose et vous avez des courbatures, de la fatigue, des maux de tête, de la fièvre... Pas de panique, ce sont des symptômes classiques après la deuxième dose avec les vaccins à ARN messager. La première dose permet de créer la réponse immunitaire spécifique à la protéine Spike du virus provoquant le Covid-19, alors que la deuxième dose réactive le système immunitaire", explique à LCI Morgane Bomsel, chercheuse du CNRS à l'Institut Cochin. "Pour avoir une bonne réponse immunitaire, il faut que notre système soit activé par une inflammation transitoire". "La seconde dose correspond à une réponse immunitaire plus forte, puisqu'on ne part pas de zéro, avec déjà un certain taux d'anticorps créé par la première injection", explique Bernard Bégaud, professeur de pharmacologie à l'université de Bordeaux. "Avec une nouvelle dose, celui-ci monte alors beaucoup plus haut. Et plus vous êtes immunisé, plus vous répondez à l'injection, et plus vous pouvez exprimer des effets latéraux à cette réponse immunitaire."

Une seule dose de Pfizer efficace aussi efficace que deux ?

Une étude publiée le 10 mars dans la revue scientifique New England Journal of Medecine suggère qu'une seule dose du vaccin Pfizer administré à une personne ayant déjà contracté le Covid-19 protège davantage qu'une vaccination complète, soit deux injections, chez une personne encore épargnée par le virus. Les anticorps seraient entre 10 fois et 45 fois plus nombreux dans le cas d'une immunité préexistante. Les chercheurs à l'origine de l'analyse ont expliqué que "des études de suivi en cours montreront si ces différences précoces dans les réponses immunitaires se maintiennent sur une période de temps prolongée." En février, la Haute Autorité de Santé défendait déjà l'idée de prendre en compte le mémoire immunitaire des anciens malades et de n'utiliser qu'une seule dose du vaccin Pfizer sur ces personnes, en guise de piqûre de rappel. 

Quel délai entre les deux doses ?

Initialement, le délai entre les deux doses du vaccin Pfizer était de 35 jours. Désormais, il est possible de décaler les deux doses de seulement 21 jours.

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