Alexandre Benalla : condamné à trois ans de prison, sera-t-il écroué ?

Alexandre Benalla : condamné à trois ans de prison, sera-t-il écroué ? BENALLA. Jugé pour 12 infractions, dont des violences perpétrées lors d'une manifestation du 1er-Mai en 2018, Alexandre Benalla a été condamné, vendredi 5 novembre, à trois ans de prison dont un ferme, et à 500 euros d'amende.

[Mis à jour le 5 novembre 2021 à 15h19] Le verdict est tombé pour Alexandre Benalla. L'ancien collaborateur de l'Élysée était jugé pour des accusations de violences perpétrées lors du 1er-Mai 2018, mais aussi pour l'utilisation frauduleuse de passeports diplomatiques. Ce vendredi 5 novembre, le tribunal correctionnel de Paris l'a condamné à trois ans de prison, dont un ferme, comme l'a annoncé l'AFP sur Twitter, et 500 euros d'amende. À l'issue de son procès, Alexandre Benalla se voit également interdit d'exercer toute fonction publique pendant 5 ans et ses armes lui seront confisquées. 

Comment Alexandre Benalla purgera-t-il sa peine ? 

La peine de prison avec sursis d'Alexandre Benalla sera exécutée "sous surveillance électronique, au domicile de sa mère, faute d'adresse personnelle vérifiée", précise sur Twitter le journaliste de Médiapart, Michel Deléan, à la sortie de l'audience. Selon un autre journaliste qui a relayé le verdict sur Twitter, Nils Wilcke, la présidente du tribunal a souligné "le sentiment d'impunité" dont Alexandre Benalla a fait preuve.

Qui sont les autres personnes condamnées dans ce procès, aux côtés d'Alexandre Benalla ?

Alexandre Benalla n'est pas le seul à avoir comparu devant le tribunal correctionnel de Paris. Vincent Crase, ancien directeur de la sécurité de La République en Marche, était accusé d'avoir participer aux violences du Jardin des Plantes et de la place de la Contrescarpe. Par ailleurs, Maxence Creusat, commissaire à la Direction de l'ordre public et de la circulation, et Laurent Simonin, chef d'état-major, étaient également mis en cause pour avoir remis à Alexandre Benalla des images provenant de caméras de surveillance le filmant en train de commettre ses méfaits. Ces derniers ont été respectivement condamnés à  5 000 euros d'amende et 3 mois de prison avec sursis, et deux ans de prison avec sursis, rapporte BFMTV.

Qu'a fait Alexandre Benalla le 1er mai 2018 place de la Contrescarpe à Paris ?

Comme chaque année, plusieurs manifestations sont organisées le 1er mai, à l'occasion de la fête du travail. Le 1er mai 2018, un cortège défile dans les rues de Paris. En fin de journée, un rassemblement sauvage s'organise place de la Contrescarpe, dans le Ve arrondissement, à proximité du Panthéon. Il est à l'initiative d'un collectif de lycéens. L'UNEF, ainsi que La France insoumise, se font l'écho de cet appel. Mais seulement une centaine de personnes répondent présentes. D'abord calme, la situation s'envenime. C'est là que débute l'affaire Benalla. 

Habillé en civil - il est vêtu d'un sweat noir - et portant un casque comme les CRS qui encadrent les manifestants, Alexandre Benalla est envoyé sur le terrain par l'Elysée en tant qu'observateur, après avoir demandé à "participer à une intervention auprès de la préfecture de police pour voir comment se gère une grande manifestation", comme l'avait reconnu le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, Patrick Strzoda au Monde, dont les révélations sont à l'origine de l'affaire. Mais le chargé de mission de l'Elysée outrepasse ses fonctions, tire par le cou une jeune fille, puis revient molester un homme après l'avoir traîné au sol. Alors que la scène est filmée, ce spécialiste de la sécurité tente finalement de s'éloigner pour ne pas apparaître sur les images. Trop tard, son visage est enregistré sur un téléphone. L'affaire éclate deux mois plus tard, à laquelle viennent s'ajouter d'autres violences, commises au Jardin des Plantes, quelques heures plus tôt.

Pourquoi des passeports diplomatiques et un selfie s'ajoutent à l'affaire Benalla ?

Alexandre Benalla n'était donc pas uniquement jugé pour des faits supposés de violences qui lui étaient reprochés. L'ancien employé de l'Elysée était également visé par une enquête liée à l'utilisation de deux passeports diplomatiques pour des voyages d'affaires en Afrique et en Israël alors qu'il avait été licencié par le Palais de l'Elysée. La justice le soupçonnait même d'avoir obtenu le second après qu'il a quitté ses fonctions auprès du président de la République. 

Par ailleurs, Alexandre Benalla était mis en cause pour "port sans motif d'une arme de catégorie B". Le 28 avril 2017, il s'exhibe sur un selfie avec une arme à la main, aux côtés d'une femme et de deux hommes. Une photo prise dans un restaurant de Poitiers (Vienne), à l'issue d'un meeting d'Emmanuel Macron. Alexandre Benalla a toutefois assuré aux enquêteurs qu'il s'agissait d'"un pistolet à eau". Des propos réitérés au tribunal : "l'arme est tout à fait factice", a-t-il assuré, bien qu'il détienne un port d'arme depuis fin 2017. "J'avais besoin de me protéger moi d'abord. On est exposé en tant que collaborateur du président, qui plus est dans les déplacements privés", s'est-il défendu.