Interview de Macron jeudi sur Brut : Covid, violences policières... Un entretien risqué

Interview de Macron jeudi sur Brut : Covid, violences policières... Un entretien risqué MACRON. Le chef de l'Etat a choisi le média en ligne Brut pour s'exprimer jeudi 3 décembre sur l'actualité, bousculée par les récentes affaires de violences policières. Emmanuel Macron compte toucher un public jeune qui délaisse les médias traditionnels.

Le chef de l'Etat, que l'on sait attaché aux conventions institutionnelles et à la solennité de la fonction, peut-il vraiment s'adresser à la jeunesse sans plan de comm' aux grosses ficelles ? Exercice risqué, d'aucuns s'y sont déjà essayé. François Mitterrand à qui Yves Mourousi demandait déjà, en 1985, s'il savait ce que "chébran" voulait dire, s'amusait à répondre sur TF1 que "branché" était un peu "dépassé". "Vous auriez dû dire câblé", disait le président de la République, dans un échange qui démontrait bien sa difficulté à adopter le ton approprié et une justesse dans l'expression qui puisse apparaître sincère aux jeunes générations.

La sincérité, la bonne foi, l'assurance que l'on travaille dans l'intérêt général et de la jeunesse. C'est sans doute le leitmotiv de tous les présidents, qui n'ont jamais vraiment convaincu. Et si Emmanuel Macron a décidé d'accorder, ce jeudi 3 décembre une interview au média en ligne "Brut", c'est bien qu'il nourrit cette ambition : prouver qu'il peut parler sans ambages - sans marseillaise, sans drapeau et sans les ors de la République -, aux adolescents et aux jeunes adultes.

Ce jeudi, dans l'après-midi, Emmanuel Macron va donc se livrer à un exercice inédit : répondre aux jeunes journalistes de ce média essentiellement consulté via les réseaux sociaux, puis répondre aux questions posées par les internautes "sur Snapchat". Le tout durant deux heures. Selon France Info, cette interview a été validée par l'Elysée il y a plusieurs semaines, le chef de l'Etat ayant manifesté son envie de s'adresser aux plus touchés par la crise sanitaire et par l'isolement que cela induit depuis des mois : les jeunes les plus précaires et qui délaissent les journaux ou la télévision pour s'informer.

Depuis le feu vert de l'Elysée donné mi-novembre, l'actualité s'est accélérée : l'affaire Zecler, les violences survenues lors de l'évacuation d'un camp de migrantes place de la République, les protestations contre la loi Sécurité globale... Le sujet des violences policières va s'immiscer dans le programme de l'interview, qui devrait aussi aborder la crise environnementale ou l'accès au marché de l'emploi dans le monde d'après. Emmanuel Macron a promis de répondre "sans filtre", selon France Info. Une prise de risque finalement pas si étonnante, compte tenu du caractère du chef de l'Etat, si désireux de convaincre tous ses interlocuteurs sur les bienfondés de sa politique. Brut diffusera l'interview dans une émission créée pour l'occasion, sur son site Internet, sur les réseaux sociaux et sur sa chaîne Youtube. A Emmanuel Macron de démontrer qu'il est "chébran".

Les précédentes allocutions d'Emmanuel Macron

Discours d'Emmanuel Macron le 24 novembre

  • Emmanuel Macron a fait le point, mardi 24 novembre, sur la crise sanitaire et les résultats obtenus jusque-là sur les mesures de confinement. Le président de la République a présenté une feuille de route pour que le pays arrive, le 20 janvier, à un déconfinement quasiment complet, si la situation sanitaire le perment. "Nous avons freiné la propagation du virus, mais il est encore présent", a alerté Emmanuel Macron, indiquant que la France avait "atteint 50 000 décès dus à l'épidémie". "Nous avons encore devant nous plusieurs semaines pour atteindre les objectifs que j'avais fixés", a-t-il déclaré, appelant les Français à "poursuivre [leurs] efforts".
  • Emmanuel Macron s'est aussi exprimé sur les vaccins qu'il aimerait voir arriver en France "vraisemblablement dès fin décembre, début janvier". Les personnes fragiles et les plus âgées seront les premières vaccinées à cette période de l'année. "Un comité scientifique sera chargé du suivi de ces vaccinations", avec une restitution des informations et des incertitudes "de manière claire, transparente", a assuré Emmanuel Macron. "Je ne rendrai pas la vaccination obligatoire", a-t-il également promis. Emmanuel Macron a aussi demandé au gouvernement et au Parlement de réfléchir à "des conditions d'isolement des personnes, y compris de manière contraignante".

Discours d'Emmanuel Macron le 28 octobre

Le chef de l'Etat a pris la parole à 20h mercredi 28 octobre. Son allocution a été diffusée sur toutes les chaînes d'information en continu, sur TF1 et France 2, mais aussi sur cette page. Emmanuel Macron s'exprimait depuis l'Elysée, son intervention se voulait plus solennelle que lors du 14 octobre. Le président a confirmé que la France allait de nouveau adopter un confinement, lors d'un discours solennel depuis l'Elysée. Un confinement plus souple qu'en mars dernier. Il a annoncé que les écoles, collèges et lycées restaient ouverts pour leur part. Le télétravail a été généralisé partout où cela est possible et les commerces qui ont été définis comme "non essentiels", notamment les bars et restaurants, ont été fermés.

Interview d'Emmanuel Macron le 14 octobre

Le 14 octobre dernier, Emmanuel Macron avait accordé une nouvelle interview à TF1 et France 2. Le chef de l'Etat en avait profité pour annoncer de nouvelles mesures concernant la lutte contre la propagation du Covid-19. C'est ce jour-là qu'il avait annoncé l'instauration du couvre-feu, d'abord dans neuf métropoles françaises, avant qu'il soit élargi à plusieurs départements. Emmanuel Macron avait également invité les Français à respecter la règle de "6 personnes", visant à limiter à 6 personnes, donc, les personnes à recevoir chez soi ou avec qui se mettre à table. Autres annonces énoncées ce 14 octobre : chômage partiel réactivé pour l'hôtellerie, la restauration, l'événementiel, le tourisme et le sport et entrée en scène d'une nouvelle application, TousAntiCovid.

Interview d'Emmanuel Macron le 7 octobre

Emmanuel Macron dans le 20 Heures de France 2 et TF1, mercredi 7 octobre s'exprimait depuis  Saint-Martin-Vésubie, l'une des communes les plus touchées par la tempête Alex, dans les Alpes-Maritimes. Il avait annoncé que dans un premier temps, 100 millions d'euros allaient être débloqués pour un fonds de reconstruction. Une "conférence des financeurs" va également être mise en place "pour que l'État, la région, le département, la métropole et toutes les communes qui peuvent contribuent, afin que la solidarité nationale et locale se mobilise".

Emmanuel Macron avait également évoqué la situation sanitaire du pays, avec un virus qui "circule plus vite depuis plusieurs semaines". Il envisageait d'"aller vers plus de restrictions, comme celles qu'on a pu connaître dans les Bouches-du-Rhône et pour Paris et la petite couronne", en particulier dans les zones où le coronavirus progresse rapidement et touche les personnes âgées. "La stratégie est aussi de responsabiliser nos concitoyens. Nous ne sommes pas, et nous ne serons pas pour plusieurs mois, dans un temps normal. Il faut être responsables les uns des autres, il faut prendre soin de nos aînés, de nos soignants, qui sont sous une très forte pression", avait-il ajouté.

Interview d'Emmanuel Macron le 21 juillet

Le 21 juillet 2020, Emmanuel Macron était intervenu dans le JT de TF1 lors d'une interview qui avait pour objectif l'explication du plan de relance européen décidé par l'UE 24 heures plus tôt. Le chef de l'Etat avait alors révélé que sur les 450 milliards d'euros de ce plan, 40 milliards étaient consacrés à la France, et que cette somme allait notamment servir à la transition écologique, au tourisme, au financement des régions, au numérique, ou encore à l'embauche des jeunes. "Ce sont des choses très concrètes, et cela va toucher la vie de nos concitoyens",  avait promis Emmanuel Macron ce soir-là, ajoutant que cette dette serait assumée par les pays ensemble et qu'elle serait lissée dans le temps. "Pour la première fois, les pays vont emprunter de l'argent pour le répartir entre eux selon leurs besoins", avait-il précisé.

Interview d'Emmanuel Macron le 14 juillet

Le mardi 14 juillet dernier, Emmanuel Macron s'était adressé aux Français lors d'une grande interview accordée à TF1 et France 2. Le chef de l'Etat a été interrogé pendant plus d'une heure par Léa Salamé et Gilles Bouleau et s'est s'exprimé sur le plan de relance économique, la crise sanitaire du Covid-19, les accords sur les salaires pour les soignants trouvés dans le cadre du Ségur de la Santé, la réforme des retraites relancée, mais aussi sur le remaniement ministériel, qui a fait l'objet de critiques de l'opposition et d'associations féministes. L'intervention d'Emmanuel Macron en vidéo, en intégralité :

Discours d'Emmanuel Macron le 14 juin

Mi-juin, Emmanuel Macron s'était exprimé pour définir le tempo du processus de déconfinement. Il avait alors listé une série de mesures, notamment pour que les enfants et adolescents français retournent à l'école.

Discours d'Emmanuel Macron le 13 avril 2020

Très attendu par des Français désireux d'en savoir plus sur le prolongement du confinement, le discours du 13 avril a permis à Emmanuel Macron de faire le point sur la propagation de l'épidémie du Covid en France et d'annoncer une première phase de déconfinement pour le 11 mai. L'allocution en intégralité :

Discours d'Emmanuel Macron le 25 mars 2020

C'est un discours un peu spécial auquel s'était livré Emmanuel Macron ce 25 mars 2020. En plein confinement et alors que le coronavirus était en phase ascendante sur le pays, le président s'était déplacé à l'hôpital militaire de campagne de Mulhouse (Haut-Rhin), où il avait pris la parole devant les Français. Dans une zone de la France particulièrement touchée par le Covid-19, Emmanuel Macron avait rendu hommage à "l'ensemble des femmes et des hommes qui sont en deuxième ligne et qui permettent à nos soignants de soigner, et au pays de continuer à vivre". A noter qu'il s'agit de la première fois où le chef de l'Etat était apparu masqué.

Discours d'Emmanuel Macron le 16 mars 2020

Lors de son allocution du 16 mars 2020, Emmanuel Macron avait annoncé aux Français le début du confinement débutant dès le lendemain. "Les réunions amicales, familiales, les déplacements dans les parcs ne seront plus autorisés", avait-il indiqué, répétant que le pays était entré "en guerre" contre le coronavirus. Le discours dans son intégralité :

Discours d'Emmanuel Macron le 12 mars 2020

A l'occasion de son discours du 12 mars 2020, Emmanuel Macron, l'air grave, avait annoncé la fermeture des crèches, des établissements scolaires et des universités, qui avait pris effet quatre jours plus tard. Le chef de l'Etat avait également communiqué sur le maintien des élections municipales les 15 et 22 mars, avant que le second tour ne soit finalement reporté quatre jours après. Appel à la mobilisation du système sanitaire, report de la trêve hivernale et chômage partiel avaient été les grands sujets abordés par Emmanuel Macron ce jour-là.