Taux d'abstention à 20h des régionales et départementales (2e tour) : record battu ?

Chargement de votre vidéo
"Taux d'abstention à 20h des régionales et départementales (2e tour) : record battu ?"

Taux d'abstention à 20h des régionales et départementales (2e tour) : record battu ? ABSTENTION. Le taux d'abstention au 2e tour des élections régionales et départementales sera encore très fort. Une semaine après le record enregistré au 1er tour, le chiffre de l'abstention établi à 72,11% à 17 heures selon le ministère de l'Intérieur, devrait être de plus de 65% selon les premières estimations.

[Mis à jour le 27 juin à 20h51] Si l'on attend encore les chiffres officiels du ministère de l'Intérieur, les premières estimations publiées sur la participation à ce 2e tour des élections régionales et départementales confirment une tendance : l'abstention n'a jamais été aussi forte pour un 2e tour des élections régionales. Selon une estimation Ifop-Fiducial pour TF1 et LCI, la participation à 20h devrait atteindre 34,5% en France métropolitaine, soit un taux d'abstention à 65,5%.  Plus tôt dans la journée, le ministère de l'Intérieur avait publié les chiffres de la participation à 17 heures ce dimanche 27 juin. Comme au premier tour, l'abstention est très forte puisqu'elle grimpe à 72,11% contre 73,28% lors du premier tour. Un point de moins donc mais ce chiffre reste nettement en deçà de ceux enregistrés lors des précédents deuxièmes tours des élections régionales, notamment en 2015. A midi déjà, la tendance confirmait les impression du premier tour puisque le taux d'abstention s'élevait alors à 87,34% à la mi-journée, seulement 0,4% de moins qu'au premier tour dimanche dernier.

La Moselle a peu voté, la Corse nettement plus

Le niveau de la participation est donc ce dimanche, encore très faible et sera encore aujourd'hui l'un des éléments les plus commentés de ce journée électorale. Ce taux d'abstention est une moyenne sur les deux scrutins pour l'ensemble du territoire français. Comme toujours, certaines régions ont voté plus que d'autres. C'est notamment le cas en PACA ou en Corse où la participation à midi avait grimpé de deux points par rapport au premier tour. Confirmation à  17 heures avec d'énormes écarts entre certains départements. La Moselle a ainsi très peu voté avec une abstention de 82%, comme Paris qui affiche une abstention de 75% à 17 heures, au contraire de la Corse avec une abstention de 51% en Corse du Sud comme en Haute-Corse, les Côtes d'Armor (64%) ou La Dordogne (63%).

Il faudra attendre ce soir 20h pour savoir si le niveau de l'abstention est aussi important que celui enregistré la semaine dernière. Un premier comparatif peut toutefois être fait et on remarque que ce 2e tour semble parti sur les mêmes bases que la semaine dernière. Le taux d'abstention à midi était en effet de 87,78% lors du premier tour. Dimanche dernier, lors du premier tour des mêmes élections, le taux d'abstention avait finalement atteint un triste record pour un vote hors référendum sous Ve République, s'établissant à 67,2% au terme de la journée selon les chiffres officiels transmis ensuite par le ministère de l'Intérieur. Rappelons qu'en 2000, lors du référendum demandant aux Français de se positionner sur le passage du septennat présidentiel au quinquennat, 69,81% des votants ne s'étaient pas déplacés dans les bureaux de vote.

Il faut bien avoir à l'esprit que les élections régionales sont toutefois des élections qui attirent peu de monde dans les bureaux de vote. Lors du dernier scrutin régional, en 2015 seulement 49,91% des inscrits sur les listes électorales s'étaient déplacés pour voter au premier tour. Les élections départementales n'attirent pas beaucoup plus : lors du dernier scrutin, 50,17% seulement des électeurs inscrits avaient participé à l'élection au premier tour. Il s'agit de l'un des enjeux importants de cette journée d'élection 2021 : avec une mobilisation faible dans les urnes, c'est bien entendu l'ensemble du processus de désignation des élus qui est affaibli. 

Comment expliquer ce niveau très élevé de l'abstention ? D'abord du fait de la crise sanitaire, bien entendu, et des craintes liées, encore, à la circulation du virus. L'inquiétude est toutefois, ce dimanche, bien moindre que celle qui s'était manifestée lors du premier et du second tour des municipales. Il faut donc bien mesurer le désintérêt des citoyens pour ces élections régionales et pour ces élections départementales : le manque de lisibilité et de compréhension des compétences des élus à ces deux échelons est marquant et participe de cette potentielle désertion des électeurs. Et ces élections 2021 s'inscrivent également dans un contexte de défiance de plus en plus affirmée avers les responsables politiques...