Arme chimique : la nouvelle peur du gouvernement, les stocks d'atropine renforcés

Arme chimique : la nouvelle peur du gouvernement, les stocks d'atropine renforcés A l'Assemblée, Manuel Valls a évoqué des "armes chimiques et bactériologiques" qui pourraient frapper la France après les attentats. Le Samu va se voir confier des stocks d'atropine, seul antidote contre le gaz sarrin, pour la COP21.

[Mis à jour le 19 novembre 2015 à 11h41] Alors que la France est en alerte après les attentats de Paris, Manuel Valls provoque l'émoi avec des déclarations choc à l'Assemblée nationale ce jeudi 19 novembre 2015. Le Premier ministre a évoqué la menace d'usage d'armes chimiques et bactériologiques. "Nous le savons, il peut y avoir aussi le risque d'armes chimiques ou bactériologiques", indique le Premier ministre, dans un discours où il annonce par ailleurs que les policiers pourront désormais conserver leur arme en dehors du service et qu'une "structure pour jeunes radicalisés" sera bientôt créée. Selon lui, "l'imagination macabre des donneurs d'ordre est sans limite". Inquiétantes, les déclarations du chef du gouvernement semblent en outre sérieuses. L'information rejoint en effet une initiative du ministère de la Santé qui a publié un arrêté il y a deux jours permettant d'augmenter considérablement le stock d'atropine, principal antidote connu, à disposition des équipes du Samu.

L'atropine, seul recours face à une arme chimique

L'atropine agit contre les agents organophosphorés, composants entre autres du gaz sarin, qui ralentissent le rythme cardiaque, provoquent une hyper-salivation, des vomissements et qui, à haute dose, peuvent avoir de graves effets sur l'organisme, jusqu'à provoquer la mort. C'est donc le seul antidote connu à ce jour contre certains gaz neurotoxiques, dont le gaz sarin. Le remède est aussi utilisé dans certaines intoxications sévères à des pesticides.

Les stocks d'atropine devaient déjà être augmentés en préparation de la COP21. Il était question que le Samu s'approvisionne directement chez les militaires qui en sont lourdement dotés, via la Pharmacie centrale des armées qui est la seule à produire de l'atropine injectable en grand conditionnement (40 mg/20ml), indique le Figaro. Des produits qui sont par ailleurs de plus forte concentration qu'à l'accoutumée, puisque les stock stratégique de produits de santé de l'Etat, prévus dans le plan Piratox, étaient jusqu'alors composés de produits de moindre concentration (1 mg/ml), précise la DGS toujours dans le Figaro. Cette mesure est liée à la préparation de la conférence sur le climat et non aux attentats de vendredi, insiste la Direction générale de la Santé insiste dans le quotidien.

Une mesure exceptionnelle face aux armes chimiques

Reste que la mesure est exceptionnelle. Le décret signé par Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales et de la Santé, crée une dérogation puisque l'atropine n'a jamais reçu d'autorisation de mise sur le marché français. Cette fois, il faut lever certaines "contraintes de fabrication et d'étiquetage" qui aujourd'hui "ne permettent pas sa mise à disposition dans des délais compatibles avec l'organisation de la COP 21" de telle quantités d'antidote. Le produit, utilisé exclusivement par l'armée jusqu'ici, pourra en outre "à titre dérogatoire" être "acquis, stocké, distribué, prescrit, dispensé et administré" par "les professionnels de santé intervenant dans le cadre des services d'aide médicale urgente".

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