Mort de Fabien Clain : qui était vraiment ce terroriste français ?

Mort de Fabien Clain : qui était vraiment ce terroriste français ? FABIEN CLAIN- Selon plusieurs sources, le terroriste français Fabien Clain aurait été tué lors de frappes aériennes à Baghouz (Syrie). Son frère, Jean-Michel, serait également blessé.

[Mis à jour le 21 février 2019 à 22h40] Sa mort n'est toujours pas confirmée. Cependant, selon plusieurs sources concordantes, dont franceinfo, BFMTV et Europe 1, le jihadiste Fabien Clain serait décédé lors de frappes aériennes sur le dernier morceau de territoire de l'État islamique, à Baghouz, en Syrie. Une frappe menée par la coalition internationale. De son côté, le gouvernement français attend une validation scientifique, soit les résultats d'une analyse ADN afin de confirmer la mort du combattant. Son frère, Jean-Michel Clain, aurait également été grièvement blessé lors de l'attaque. En ce moment même se jouent les dernières heures du califat. "Les frappes aériennes de la coalition internationale n'ont jamais cessé. Hier matin encore neuf frappes aériennes se sont abattues sur le camp retranché de Daech à Baghouz et aux alentours de ce camp", a détaillé une envoyée spéciale de France 2, en Syrie. Et les combattants étrangers sont justement la cible des frappes de la coalition internationale, et des forces arabo-kurdes. "Les plus jusqu'au-boutistes parmi ces combattants sont les étrangers. Ce sont eux qui empêchent les derniers civils de quitter ce dernier réduit de territoire tenu par Daech. Des combattants ukrainiens, français, russes, qui sont bien sûr maintenant la cible privilégiée de la coalition internationale", a poursuivi la journaliste. 

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les jihadistes de Daesh ne tenaient plus que quelques pâtés de maison à Baghouz au début de la semaine. Des tractations ont été évoquées, pour acter une capitulation des terroristes du groupe Etat islamiste. Baghouz est un village situé près de la frontière irakienne, toute dernière poche occupée par les jihadistes. Des tunnels ont été creusés, des dizaines de mines ont été déposées sur place pour empêcher l'arrivée des forces de la coalition et l'armée syrienne.

Les renseignements français considéraient les frères Clain comme les chefs de la propagande de Daesh en France. L'attaque menée à Baghouz est un tournant, elle affaiblit considérablement la communication du réseau islamiste de l'Etat islamique en France. Le 28 décembre dernier, Fabien Clain avait lancé un appel sur la radio du groupe terroriste, appelant les jihadistes situés en France à "se rebeller contre le gouvernement qui dépense l'argent sans compter à tort et à travers". Dans ce message daté de seulement quelques semaines, il appelait encore à perpétrer des attaques présentés comme "des actes de vengeance".

Selon France Info, les deux frères Clain avaient été repérés il y a plusieurs jours dans la région de Baghouz. La justice française avait émis un mandat d'arrêt contre les deux terroristes en juin 2018, considérant que leur implication dans l'organisation des attentats de Paris et de Saint-Denis était établie.

Fabien Clain, la "voix de Daesh"

Fabien Clain était considéré comme un rouage clé du réseau terroriste du groupe Etat islamique, depuis les attentats de Paris en novembre 2015. Il a notamment été présenté comme la "voix de Daesh", qui avait revendiqué les attentats du Bataclan et du Stade de France dès le samedi 14 novembre, dans un message audio de l'organisation. D'ailleurs, l'homme qui chante avant le communiqué glorifiant les "guerriers non décapités" ne serait autre que son frère, Jean-Michel. Il expliquait lors de sa radicalisation en 2008 : "J'écris des poèmes en français et en créole… J'ai été rappeur avant d'être poète. Puis, après ma conversion à l'islam, j'ai tout arrêté." Précisant au passage qu'il voulait former un groupe avec son frère, "Rappeleur", lui qui composait des chants de rappel à l'islam. "Jean-Michel chante, mais c'est moi qui écris et qui dis les textes", confiait-il à l'époque, comme le rappelle l'Obs. 

Fabien Clain, 37 ans, utilisait le nom d'Omar dans les réseaux djihadistes. Ce Toulousain d'origine réunionnaise se serait converti à l'Islam à la fin des années 1990 avant de se radicaliser et de fonder, avec son frère Jean-Michel, la cellule d'Artigat, un groupuscule salafiste dont il aurait été l'un des cerveaux, selon L'Express. C'est à ce moment de sa vie qu'il aurait rencontré les frères Merah. Condamné en 2009 pour avoir aidé des apprentis djihadistes à se rendre en Irak, Fabien Clain sort de prison en 2012. Il s'installe alors en Normandie avec sa femme, à l'origine, dit-on, de sa conversion. Il finira par rallier la Syrie l'année suivante. Son nom est de nouveau cité au printemps 2015, dans un attentat déjoué, quand des attaques contre plusieurs églises à Villejuif sont évitées. Il aurait joué les recruteurs pour cette opération.