Attentat de Strasbourg : une mise en examen, ce que révèle l'enquête sur Cherif Chekatt

Attentat de Strasbourg : une mise en examen, ce que révèle l'enquête sur Cherif Chekatt ATTENTAT STRASBOURG - L'enquête sur l'attentat de Strasbourg a abouti hier à la mise en examen d'un proche de Cherif Chekatt. Les enquêteurs se demandent comment Cherif Chekatt a pu se procurer une arme ancienne pour tuer 5 personnes...

L'enquête sur l'attentat de Strasbourg continue et les enquêteurs tentent désormais de savoir si l'auteur présumé de l'attentat, Cherif Chekatt, a pu bénéficier de complicités. Hier, un homme de 37 ans a été présenté à la justice et mis en examen pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et "acquisition, détention et cession d'armes de catégorie B par au moins deux personnes en relation avec une entreprise terroriste". Cet individu, présenté comme un proche de Cherif Chekatt, a été écroué. Le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire notamment pour "assassinats et tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste". Connu de la police pour des faits de délinquance, le suspect ne serait pas radicalisé selon une source policière, mais il aurait permis à Cherif Chekatt d'obtenir l'arme ancienne, un objet rare datant du XIXe siècle, qu'il a utilisé pour semer la terreur dans les rues de Strasbourg.

Les dernières informations sur l'attentat de Strasbourg livrent un bilan, toujours provisoire, de cinq morts. La cinquième victime était dans le coma depuis l'attaque après avoir reçu une balle au niveau du front. Sa mort a été confirmée ce dimanche soir. De son côté, la famille de Cherif Chekatt a brisé le silence. Son père s'est exprimé auprès de France 2 et a confié s'être rendu tout de suite à la police dès qu'il a su que son fils était recherché pour avoir commis l'attentat de Strasbourg. Abdelkrim Chekatt a expliqué qu'il aurait souhaité participer à la traque et qu'il aurait pu convaincre son fils de se rendre. Le frère de Cherif Chekatt, lui, a admis sa "part de responsabilité" sur RTL. Il regrette de ne rien avoir pu faire face à la "dérive personnelle" de son frère, dont le discours sur la religion s'est durci avec les années.

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Attentat de Strasbourg : déroulé des faits

Le parcours meurtrier de l'auteur de la fusillade de Strasbourg, mardi 11 décembre 2018, commence à être cerné par les enquêteurs. Selon l'AFP, l'homme a été vu sur plusieurs angles de caméras de surveillance. Il serait rentré sur le périmètre du marché de Noël peu avant 20 heures, via le pont du Corbeau. À 19h50 selon les propos du ministre de l'Intérieur, il a ouvert le feu et "semé la terreur" en "trois endroits distincts" notamment autour de la rue des Orfèvres et de la rue des Grandes Arcades. Lors de l'attaque, il aurait crié "Allahou Akbar", selon plusieurs témoins. Il échange ensuite plusieurs coups de feu avec des militaires de l'opération Sentinelle présents sur place avant de prendre la fuite en direction de la Grand'Rue. Il aurait alors braqué un taxi pour quitter le périmètre. Le chauffeur, indemne, a confié aux enquêteurs que l'homme était blessé au bras gauche. Plus tard, vers 22 heures, un autre échange de coups de feu aurait eu lieu au sud de la ville dans le quartier de Neudorf, rapidement bouclé par les forces de l'ordre. C'est le dernier endroit où sera vu l'assaillant avant de s'évaporer.

Victimes de l'attentat de Strasbourg

Selon le dernier bilan officiel, livré par la préfecture du Grand Est, quatre personnes seraient décédées dans la fusillade à Strasbourg mardi soir. L'une des victimes serait un touriste thaïlandais selon Les Dernières Nouvelles d'Alsace, qui souhaitait se rendre à Paris avant de changer ses plans pour éviter les manifestations des gilets jaunes. Parmi les personnes décédées figure un Strasbourgeois de 61 ans qui venait de prendre sa retraite d'un poste à la banque ; le troisième homme a avoir perdu la vie était un peintre en bâtiment, père de deux enfants. Un ressortissant afghan qui avait fui la guerre et était devenu garagiste à Strasbourg, est aussi décédé. Il y a en outre 6 blessés très graves et 6 blessés plus légers. Un journaliste italien figurerait parmi les blessés graves, il serait actuellement dans le coma. Deux Vosgiens ont été touchés : un homme et une jeune femme de 18 ans, originaires de la commune de Moyenmoutier. Deux autres femmes ont été prise pour cible : une jeune Strasbourgeoise et la femme de l'homme thaïlandais qui a perdu la vie. L'un des blessés légers serait un militaire de l'opération Sentinelle touché à la suite d'un échange de tirs avec le suspect.

Auteur de l'attentat de Strasbourg

Le profil de l'auteur de l'attentat de Strasbourg ce 11 décembre 2018 a été rapidement déterminé par les enquêteurs qui ont pu s'appuyer sur l'exploitation des images de vidéo-surveillance de l'agglomération strasbourgeoise. L'homme était en effet seul et a été rapidement identifié sous le nom de Chérif Chekatt. Un appel à témoins a été lancé mercredi soir. On y découvre la photo du suspect présumé. L'homme, qui a pris la fuite, notamment en braquant un taxi, sera activement recherché par la police pendant 48 heures, avant d'être neutralisé dans un entrepôt situé à la Plaine des bouchers, dans le quartier de la Meinau, pas très loin du quartier de Neudorf, jeudi soir.

Chérif Chekatt était âgé de 29 ans. Né en février 1989 à Strasbourg, il habitait rue Tite-Live dans le quartier de Koenigshoffen. Il était connu "très défavorablement" des services de police, selon le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. Chérif Chekatt a notamment été condamné à une peine de prison et était connu pour des faits de droit commun en France et en Allemagne. Le procureur de la République a fait savoir que 27 condamnations étaient inscrites à son casier judiciaire, pour des faits de délinquance en France, en Suisse et en Allemagne.

Chérif Chekatt était également connu des services de renseignements français via la Direction Générale de la Sécurité Intérieure, la DGSI. Fiché S pour radicalisation, l'homme était surveillé avant l'attentat de Strasbourg. La police serait d'ailleurs intervenue mardi 11 décembre au matin, le jour même de l'attentat, à son domicile pour réaliser une perquisition visant plusieurs personnes. Chérif Chekatt aurait alors échappé aux forces de l'ordre. Des grenades auraient été retrouvées sur place. Selon BFM TV, un pistolet 22 long rifle, une arme de poing de type Beretta, aurait également été retrouvé à son domicile.

Revendication de l'attentat de Strasbourg

Jeudi 13 décembre, vers 22 heures, l’agence de renseignements SITE (Search for International Terrorist Entities), soit l'Institut de recherche d’entités de terrorisme international, a annoncé que selon une agence de propagande, le tireur de Strasbourg, Cherif Chekatt était un "soldat" de l'État islamique. Depuis l'attaque mardi 11 décembre, aucun revendication n'avait été faite. On savait simplement que le tueur de Strasbourg avait confié à un chauffeur de taxi qu'il avait "tué pour ses frères syriens", en référence très certainement aux combattants du groupe terroriste Daesh en Syrie. La piste de l'acte terroriste avait, elle, été confirmée par le fait que la section antiterroriste du parquet de Paris avait rapidement été saisie et une enquête ouverte du chef "d'assassinats", "tentatives d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroristes criminelle". Cette enquête est confiée à la SDAT, la DIPJ Strasbourg et à la DGSI. Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, avait par ailleurs pris la parole la nuit du drame et indiqué que le plan Vigipirate était élevé en "urgence attentat".

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