Frédéric Péchier : ces terribles soupçons qui pèsent sur l'anesthésiste

Frédéric Péchier : ces terribles soupçons qui pèsent sur l'anesthésiste Frédéric Péchier, l'anesthésiste soupçonné d'avoir empoisonné de nombreux patients, est "le dénominateur commun à ces événements indésirables graves", a estimé le procureur de la République.

[Mis à jour le 16 mai 2019 à 18h21] Frédéric Péchier continue de clamer son innocence, d'après ses avocats. "Le docteur Péchier continue à collaborer très précisément avec les enquêteurs en répondant parfaitement aux questions qui lui sont posées", disait encore ce mercredi soir maître Schwerdorffer, cité par l'AFP, qui défend ses intérêts. Le médecin est soupçonné d'avoir provoqué volontairement des "événements indésirables graves" (EIG) ayant été signalés dans la clinique bisontine où il exerçait. Les EIG, explique la Haute autorité de santé, sont des événements "inattendus au regard de l'état de santé et de la pathologie du patient, dont les conséquences sont le décès, la mise en jeu du pronostic vital ou encore la survenue probable d'un déficit fonctionnel".

Le procureur de la République de Besançon, Etienne Manteaux, a fait savoir en conférence de presse que les enquêteurs se penchaient sur 17 cas précis d'EIG, pour lesquels l'anesthésiste est suspecté. Sur les 17 patients en question, 7 "n'ont pas survécu". Il existe un "faisceau d'éléments concordants" a estimé le procureur, qui a fait savoir que ces événéments indésirables graves avaient cessé "depuis que Frédéric Péchier n'exerce plus à la clinique, depuis mars 2017". 

Cette affaire, qui a pris une nouvelle tournure ces derniers jours, avait débuté en 2017 lorsque Frédéric Péchier, 47 ans, était mis en examen pour 7 empoisonnements présumés, dont deux cas qui ont mené à des décès. Libre depuis, mais placé sous contrôle judiciaire et contraint à une interdiction d'exercer, le praticien fait donc l'objet de nouveaux soupçons de la part des enquêteurs, toujours relatifs à des empoisonnements présumés.

Un enfant parmi les victimes présumées de Frédéric Péchier

Les policiers enquêtent pour savoir si Frédéric Péchier aurait pu mettre en place une pratique afin de provoquer volontairement des arrêts cardiaques pour exercer ses talents de réanimateurs. Plus précisément, l'enquête a révélé que des doses potentiellement létales de potassium et d'anesthésiques avaient été administrées de façon volontaire. L'anesthésiste aurait pour cela modifié les poches d'injection de ses confrères responsables des patients en question, dans le but de provoquer ces fameux EIG. Et ainsi se procurer le "frisson de la réanimation" soupçonné par les enquêteurs. Parmi les victimes présumées se trouve notamment un enfant de quatre ans, opéré des amygdales en février 2016.

Une opération qui devait être simple, mais qui s'est avérée être un véritable cauchemar pour le petit garçon - et pour ses parents -, puisqu'il a été victime de deux crises cardiaques, le docteur Péchier ayant été appelé pour le réanimer les deux fois. Or, les expertises réalisées après coup sur l'enfant n'ont pas décelé quoi que ce soit qui pouvait faire planer la menace d'un arrêt cardiaque, même si les conclusions de ces expertises n'ont pas pu en établir l'origine. "Ils (les parents, ndlr) ont vu leur enfant entrer pour une opération de quelques minutes, être transféré en urgence au CHU après deux infarctus. Imaginez le choc pour eux…", résume l'avocats des parents du petit Teddy, Me Jean-Michel Vernier, auprès du Parisien. Après une première plainte, déposée contre X en 2017, le couple a déposé plainte contre Frédéric Péchier.

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