Grève en janvier et en février : nouvel acte le 31 ! Et pendant les vacances ?

"Grève en janvier et en février : nouvel acte le 31 ! Et pendant les vacances ?"

Grève en janvier et en février : nouvel acte le 31 ! Et pendant les vacances ? Après des mouvements circonscrits à certains secteurs, l'attention se concentre sur la grève nationale du 31 janvier. Les syndicats souhaitent une mobilisation importante et préparent déjà la suite des contestations avec des grèves en février.

[Mis à jour le 27 janvier 2023 à 12h59] Les syndicats mais aussi les politiques et surtout les Français se préparent à la grève du 31 janvier. Le rendez-vous semble être pris dans de nombreux secteurs et dans les rues les travailleurs pourraient affluer pour dénoncer la réforme des retraites, au lendemain de son arrivée au Parlement. D'après le dernier sondage Elabe pour BFMTV, 72% des Français soutiennent la mobilisations contre le projet de loi. Les Français prennent d'ailleurs de l'avance sur la mobilisation générale et ils sont des milliers à avoir manifesté calmement à la lumière de flambeaux dans la soirée du jeudi 26 janvier, dans plusieurs grandes villes métropolitaines parfois accompagnés d'élus de la gauche. Lesquels prévoient à leur tour des actions symboliques pour soutenir la contestation des syndicats : la fermeture des mairies le 31 janvier. Une initiative décriée par le ministre du Travail Olivier Dussopt qui a un dénoncé un "problème moral ou politique". 

D'autres mouvements ont également pu servir d'entrainements avant la journée de mobilisation nationale. Le 26 janvier, les raffineries et le secteur de l'énergie ont bloqué des sites ou mené diverses actions pour affecter l'économie en particulier des baisse de production de carburant et d'électricité. Les syndicats de l'énergie promettent d'ailleurs de reconduire les opérations dites "Robin des bois" tant que le gouvernement ne reculera pas sur la réforme des retraites. Des menaces qui sont partagées par l'intersyndicale dont l'objectif est d'obtenir gain de cause, soit l'abandon du projet de loi. Et les actes se joignent déjà aux paroles puisque les cases de calendrier du mois de février sont déjà noircies par des grèves circonscrites à des secteurs, avant peut-être de nouvelles mobilisations générales ?

Une grève le 26 janvier et des résidus pour les syndicats de l'énergie

Les syndicats des raffineries avaient prévu une grève de deux jours les 26 et 27 janvier mais le mouvement n'aura finalement duré que 24 heures. Une décision prise à la dernière minute pour permettre aux raffineries de se joindre au mouvement national du 31 janvier a fait savoir à l'AFP Eric Sellini, responsable CGT chez TotalEnergies. La grève était aussi de mise dans les centrales mais plus que des blocages, les syndicalistes ont préféré mettre en œuvres des opérations "Robin des bois" en fournissant de l'électricité gratuitement à certains établissements comme les hôpitaux ou les logements HLM. Des opérations qui peuvent être reconduites dans les prochains jours ont annoncé les syndicats le vendredi 27 janvier. 

Si elle s'est cantonnée aux secteurs de l'énergie, la grève du 26 janvier a été suivie. La CGT-Pétrole a d'ailleurs salué une importante mobilisation avec entre 60 et 100% de salariés grévistes selon les sites de TotalEnergie ou d'Esso. En revanche, à la SNCF où la CGT-Cheminots avait appelé à une grève, le mouvement n'a pas pris avec des perturbations imperceptible.

Une nouvelle grève nationale le 31 janvier

La date a été fixée juste après le premier acte de la mobilisation contre la réforme des retraites. L'intersyndicale à l'initiative de la première journée de grève a décidé de remettre le couvert le 31 janvier avec autant, voire plus de force. Galvanisée par les 1,12 à 2 millions de manifestants qui se sont mobilisés le 19 janvier, selon les chiffres du ministère de l'intérieur ou des syndicats, l'union des syndicalistes se juge en mesure de faire barrière au projet de loi d'Emmanuel Macron.

Si un grand nombre d'actions s'organiseront dans les rues et les entreprises, les syndicats souhaitent également que la lutte se joue à l'Assemblée nationale. A compter du 30 janvier, la réforme des retraites sera débattue au palais Bourbon et la CGT souhaite que "toutes les propositions qui émanent de l'ensemble des organisations syndicales (...) puissent trouver un relais à l'Assemblée nationale" afin de "faire en sorte que ce projet de loi soit très largement modifié". De nombreux Français sont prêts à se remobiliser contre la réforme malgré le coût financier que cela implique, mais sur les bancs de l'hémicycle il semble plus difficile de trouver des alliés, même à gauche. Manuel Bompard, nouveau patron de LFI a par exemple estimé sur France Inter le 22 janvier que "ce n'est pas par l'Assemblée nationale qu'on gagnera sur ce sujet, ça me paraît une évidence".

Appel à la grève pour les 6, 7 et 8 février

Janvier n'est pas encore terminé que déjà les syndicats jettent leur dévolu sur le mois de février. Objectif ? Maintenir la pression sur le gouvernement avec des mouvements répétés. En février, ce sont encore les raffineries qui feront grève pour une durée de trois jours à partir du 6 février. Cette mobilisation annoncée et la dernière étape du plan détaillé de la CGT-Pétrole pour s'opposer aux grèves. Là encore une baisse de production et l'arrêt des livraisons sont prévus pendant la mobilisation.

Le 24 janvier, ce sont deux syndicats de transports (CGT-Cheminots et SUD-Rail) qui ont appelé à une grève les 7 et 8 février. Les deux organisations ont également appelé à la reconduction du mouvement "dès la mi-février". Si l'initiative est pour l'heure circonscrite au secteur des transports, les syndicats ont invité "l'ensemble des autres secteurs" à s'y joindre, afin "d'élever le rapport de force".

Des grèves pendant les vacances de février ?

Les grèves annoncées en février sont organisées lors des vacances d'hiver qui débutent le 4 février et prennent fin le 6 mars. Avec des mobilisations dans les transports, mais aussi dans d'autres secteurs comme les stations de ski par exemple, les mouvements risquent de fortement perturber les congés et les projets des Français, donc de donner du poids à la grève. Les syndicats ne se cachent pas de vouloir faire pression sur le gouvernement pendant les vacances scolaires. "À partir du moment où le gouvernement s'entête sur ce qui fait conflit, il y a possibilité de journées d'action pendant les vacances scolaires", indiquait Philippe Martinez, patron de la CGT sur RTL, le 22 janvier. Le syndicaliste a confirmé cette position le 25 janvier au micro de Franceinfo assurant qu'il n'y aurait pas de trêve pendant les congés et se justifiant : "Je n'ai pas compris que le gouvernement faisait une trêve sur la réforme des retraites pendant les vacances".

L'exécutif et la ministre du Tourisme Olivia Grégoire ont déjà appelé à ne pas pénaliser les Français pendant la "période sacrée" des vacances. Mais face à cet argument, l'intersyndicale renvoie la responsabilité au gouvernement qui maintient sa réforme des retraites en l'état malgré l'opposition populaire.

Quelles sont les grèves par secteur de janvier à février ?

Si plusieurs mouvements de grèves sont annoncées, tous les secteurs n'y prennent pas part aux mêmes moments. Par endroit, les les syndicats multiplient les mouvements et comptent participer aux mobilisations nationales. Tandis que d'autres se contentent de faire grève à l'occasion de l'appel national de l'intersyndicale. Voici un rapide récapitulatif des grèves attendues :

  • Grèves dans les raffineries : du 26 au 27 janvier et du 6 au 8 février
  • Grèves à la SNCF : un préavis court du 25 janvier à 19 heures au 2 février à 8 heures et une mobilisation est prévue le 31 janvier
  • Grève à la RATP : le 31 janvier
  • Grèves dans les écoles : le 31 janvier
  • Grève dans les hôpitaux : en grève illimitée depuis le 10 janvier