Ces animaux et plantes se propagent dans les jardins et c'est un fléau
Leur nombre augmente et les dégâts qu'ils provoquent aussi. Dans un rapport publié début septembre, les chercheurs du groupe intergouvernemental d'experts sur la biodiversité (IPBES) des Nations Unies tirent la sonnette d'alarme sur la propagation de nombreuses espèces animales et végétales à des milliers de kilomètres de leur milieu d'origine. L'Europe et l'Amérique du Nord sont les régions les plus concernées. Et les ravages sont considérables.
L'étude recense 37 000 espèces exotiques envahissantes. Ces dernières seraient la cause, chaque année, de 400 milliards de dollars de dommages et pertes de revenus. Une facture qui a été multipliée par quatre tous les dix ans depuis 1970. Et encore, il ne pourrait s'agir que d'une "sous-estimation grossière", prévient le rapport.
Importées de manière volontaire ou accidentelle, ces espèces ont connu une prolifération hors de contrôle. Et ce, au dépend des plantes et animaux dits "endémiques", c'est-à-dire originaires de la région : ainsi, les espèces exotiques envahissantes seraient mises en cause dans 60% de toutes les extinctions connues de plantes ou d'animaux. Mais de qui parle-t-on ?
L'exemple des lapins, importés en Nouvelle-Zélande par les colons anglais au XIXe siècle, est très parlante. Comme la population de lapins se multipliait trop vite, les colons ont ensuite voulu la réguler en introduisant des belettes sur l'île. Mais les belettes ont préféré chasser des petits oiseaux, jusqu'à décimer des espèces entières, telles que les petits kiwis et les bécasseaux à ailes blanches.
La France touchée par plusieurs espèces
En France, ce sont surtout le frelon asiatique, le ragondin et le vison d'Amérique qui sont mis en avant dans les rapports des spécialistes. Mais il y a aussi le poisson chat d'Amérique par exemple. Et les experts alertent aussi sur la présence d'espèces d'écureuils exotiques, qui colonisent les territoires de l'écureuil roux, comme l'écureuil gris d'Amérique ou l'écureuil de Corée. Si vous en voyez dans votre jardin, sachez que vous pouvez le signaler sur un site dédié, dans le cadre d'une grande enquête nationale sur les risques d'extension de populations. Ces espèces font peser une menace importante sur la diversité biologique locale.
Les plantes aussi sont concernées. En France, la jussie rampante, venue d'Amérique latine, perturbe l'écosystème de milieux naturels humides. En Afrique de l'Est, c'est la jacinthe d'eau, importée elle aussi d'Europe, qui a recouvert 90% de la surface du lac Victoria et qui étouffe la vie aquatique, en plus de provoquer des problèmes de transport, de bloquer les barrages hydrauliques, et de favoriser la prolifération de moustiques porteurs de virus.
La liste est encore longue : des pythons birmans en Floride, des poissons-lions de la mer Rouge arrivés dans la Méditerranée via le canal de Suez, des frelons tueurs aux Etats-Unis, ou encore le célèbre moustique-tigre, venu d'Asie et désormais présent sur les cinq continents, charriant avec lui des virus tels que le chikungunya, la dengue et le Zika.
Aidés par la multiplication des échanges internationaux, ces envahisseurs ont encore de belles années devant eux. Le rapport affirme en effet que l'augmentation de la population mondiale, l'expansion économique, mais aussi le changement climatique "vont augmenter la fréquence et l'ampleur des invasions biologiques et les impacts des espèces exotiques envahissantes".