Votre cabinet médical pourrait être fermé ce mercredi, voici pourquoi

Votre cabinet médical pourrait être fermé ce mercredi, voici pourquoi Ce 12 mars, des cabinets médicaux sont appelés à fermer leurs portes en France.

Les cabinets médicaux sont appelés à fermer ce mercredi 12 mars. Cette date n'a pas été choisie par hasard : il s'agit de la journée européenne contre les violences dans les soins de santé. Cet appel à la grève avait été lancé sur France Inter mi-février par le Dr Saïd Ouichou, médecin généraliste. "Nous sommes en danger", avait-t-il affirmé. Plusieurs syndicats et associations de professionnels ont ensuite soutenu cet appel à la mobilisation.

Les soignants sont en effet de plus en plus confrontés à des violences depuis plusieurs années. Le dernier observatoire annuel de la sécurité des médecins, mené par le Conseil de l'Ordre, a confirmé que cette situation s'aggrave, puisque les actes de violences envers les médecins ont augmenté de 27% entre 2022 et 2023, passant de 1244 à 1581 cas. Il n'y a pas eu autant d'incidents depuis 20 ans. D'après l'association Médecins pour Demain, qui apporte son soutien à cette mobilisation, "les agressions verbales, les menaces et les violences physiques contre les soignants se multiplient, en ville comme à l'hôpital, en secteur urbain comme en milieu rural". Même si plus de la moitié des incidents ont eu lieu dans 4 régions : les Hauts-de-France, la Provence-Alpes-Côte-d'Azur, la Nouvelle Aquitaine et l'Île-de-France.

L'observatoire révélait aussi que "les médecins généralistes sont les plus touchés", puisqu'ils représentent 64% des déclarations. Les violences sont majoritairement des agressions verbales et menaces (73%), suivies des vols et tentatives de vols, notamment des ordonnances et des violences physiques, qui ont la plupart du temps nécessité un arrêt de travail. L'association Médecins pour Demain estime que "cette violence, devenue quotidienne, met en danger non seulement les professionnels de santé mais aussi les patients et l'ensemble du système de soins".

La mobilisation prévue ce 12 mars a ainsi pour but de "dire stop aux violences". Les soignants demandent "des mesures immédiates de prévention, de protection, de sanction et des moyens dédiés". Ces demandes font notamment suite à une décision judiciaire controversée après l'agression violente d'un médecin à Drancy, qui s'était fait fracturer le nez. Son agresseur a seulement écopé de trois semaines de travaux d'intérêt général. Plusieurs rassemblements sont prévus dans plusieurs villes françaises au cours de la journée, notamment devant le ministère de la Santé à Paris, puis à Lille, Marseille et Montpellier.