Nouvel accord " ciel ouvert " : ce qui va changer

L'accord ciel ouvert change la donne du transport aérien. Suppression des contrôles dans les aéroports, levée des restrictions applicables aux vols transatlantiques : quel impact aura cet accord sur les voyageurs ?

Le 30 mars à minuit, nous sommes entrés dans une "nouvelle ère dans le transport aérien transatlantique", du moins au dire du Commissaire européen aux transports Jacques Barrot. La raison de cette déclaration triomphale ? Le nouvel accord "ciel ouvert" conclu entre les 27 pays membres de l'Union européenne et les Etats-Unis.

Concrètement, que changera "ciel ouvert" pour les 50 millions de personnes qui se déplacent chaque année dans les vols transatlantiques ?

La suppression des restrictions de vols

Pour la première fois, toutes les compagnies aériennes européennes et américaines auront le droit de voler de part et d'autre de l'Atlantique, sans restrictions sur les liaisons, les tarifs ou le nombre de vols hebdomadaires. Les compagnies européennes auront désormais la possibilité d'opérer des vols à partir de n'importe quel point en Europe, pas uniquement du départ de leur marché national. Ainsi, Air France a déjà prévu d'ouvrir un vol direct entre Londres et Los Angeles, et British Airways devrait offrir prochainement aux passagers la possibilité de rejoindre New York depuis Paris et Bruxelles.

Cette réforme devrait avoir une conséquence directe sur les prix des billets d'avion. Jusqu'à présent, seule une poignée de compagnies privilégiées exerçaient un monopole lucratif sur les voyages transatlantiques. Selon Jacques Barrot, "ce nouvel accord aura pour effet d'intensifier la concurrence et de faire baisser le prix des vols à destination des Etats-Unis".

La suppression des contrôles aux frontières

A partir du 30 mars, pour les Européens voyageant au sein de la zone de libre circulation des personnes (récemment élargie aux neuf nouveaux pays membres de l'est européen), les contrôles aux frontières dans les aéroports feront partie du passé. Qui plus est, les voyageurs en provenance de pays non-membres de l'UE n'auront besoin que d'un seul visa pour se rendre dans l'ensemble de ces pays.

La promotion de la "mobilité durable"

L'accord "ciel ouvert" est l'un des premiers à reconnaître le rôle important que doit jouer l'industrie du transport aérien dans la lutte contre le changement climatique et la pollution atmosphérique. L'Europe et les Etats Unis collaborent dans ce domaine au sein de l'Initiative transatlantique d'interopérabilité pour la réduction des émissions (AIRE), pour créer des routes aériennes plus économes en carburant. Côté recherche scientifique, l'UE poursuit ses avancées sur les projets "Clean Sky", pour des avions propres, et SESAR, pour une gestion plus efficace du trafic aérien.

Un nouvel accord à l'horizon ?

Enfin, "ciel ouvert" contient un engagement des deux parties d'ouvrir des négociations en vue de parvenir à un accord dit "de seconde étape", qui permettrait aux compagnies américaines et européennes d'opérer librement pour des vols domestiques, et non uniquement à échelle internationale (par exemple, Air France pourrait programmer des vols entre New York et Los Angeles, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui). Cette volonté fait partie du projet européen de créer, à l'horizon 2010, un espace aérien commun incluant les pays du bassin Méditerranéen, les pays de l'Est et les Etats-Unis. Les négociations relatives à ce nouvel accord débuteront fin mai.