Qu'elle soit jugée obsolète
ou acquis social, la législation sur le travail dominical est un véritable
enjeu de société.
Les partisans
du travail dominical
Pour les partisans d'un assouplissement de la
législation du travail , en majorité des dirigeants d'entreprises
concernées par le travail dominical, consommer est devenu un loisir. Le
"shopping" est l'occasion de se retrouver en famille. L'argument principal
est le décalage qui existe aujourd'hui entre une loi vieille de plus
de 100 ans et une société dont les moeurs ont évolué,
comme le soutient Jean-Patrick Grimberg, le président de l'association des commerçants
d'Usines Center de Villacoublay.
Et le dimanche est pour cela le jour
idéal de la semaine. Un point de vue plusieurs développé
dans la presse par Jean-Noël Reinhardt, le président du directoire
de Virgin : "Les gens courent toute la semaine, il faut leur laisser la
possibilité de faire des achats plaisir le dimanche". Il s'agit donc
avant tout de répondre aux besoins du consommateur. C'est aussi l'argument
avancé par les avocats de Louis Vuitton ou de la zone commerciale de Plan-de-Campagne.
Autre argument en faveur de l'ouverture dominicale, celui des promoteurs
du "travailler plus pour gagner plus". Augmenter son salaire en faisant
des heures supplémentaires le dimanche, notamment pour les étudiants
qui doivent financer leurs études, serait, selon eux, une aubaine.
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| | Bernard
Thibaud sera l'un des principaux adversaires de la réforme.
© D.R. | |
Ceux qui y sont opposés
Les
principaux syndicats nationaux, CFTC en tête, réfutent ce
dernier argument : les salariés n'ont pas le choix. Les conditions de rémunération
(quand les majorations pour le travail du dimanche sont payées) et les primes
à la vente sont faites, selon eux, pour "obliger" les salariés à travailler le
dimanche. Et certains patrons n'hésiteraient pas à forcer la main
de leurs employés.
L'autre argument avancé par la CFTC est
que même dans une société sécularisée, le dimanche doit rester un jour
privilégié où l'on se retrouve en famille. L'absence des parents
le dimanche ne peut que favoriser la délinquance dans les quartiers difficiles,
les enfants étant laissés à eux-mêmes. C'est ainsi
que le travail du dimanche est, pour le syndicat, plus qu'un simple enjeu économique,
un véritable enjeu de société.
Enfin, l'Union professionnelle artisanale
et la CGT estiment que les règles actuelles garantissent une concurrence équitable
entre les différentes formes de commerce. Autoriser l'ouverture des commerces,
c'est favoriser le "monopole des grands groupes de la distribution" et la
"destruction de milliers d'emplois" pour les petits commerces, selon le secrétaire-général
de la CGT Bernard Thibaud. Les frais de personnel étant plus élevés chez ces derniers
que dans la grande distribution, ils ne peuvent supporter la concurrence.
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