Election UMP : piratage, fraudes ? Déjà des polémiques

Election UMP : piratage, fraudes ? Déjà des polémiques L'élection à l'UMP ce samedi 29 novembre vise à effacer le scrutin catastrophique de novembre 2012, opposant François Fillon à Jean- François Copé. Mais les irrégularités sont déjà pointées.

[Mis à jour à 12h22] Le scrutin a lieu par vote électronique et la "Haute autorité" du parti rendra publics les résultats ce samedi, vers 20h30. Ce matin à 8h00, 50 000 votes ont déjà été comptabilisés, a indiqué Luc Chatel. Mais impossible pour la Haute autorité de cacher la cyber-attaque de la nuit dernière. Une "tentative de piratage" détectée assez tôt et qui a poussé l'UMP a porté plainte. Concrètement, les résultats des votes effectués n'ont pas été impactés, le piratage modifie les interfaces du site pour empêcher les connexions. "Il s'agit de l'un des risques anticipés et les dispositions prévues ont été mises en oeuvre. Cela a pu, cependant, avoir pour effet de ralentir l'accès au site du vote" explique le parti dans un communiqué. Ces attaques pourraient se poursuivre tout au long de la journée, l'UMP maintient une vigilance accrue pour éviter d'autres piratages. Selon un expert interrogé sur BFM-TV, ce type d'attaques peut "être acheté auprès de cyber-criminels à l'étranger" pour dissimuler l'origine de l'attaque.

L'élection du président de l'UMP est l'événement politique de ce week-end, avec à la clé, une nouvelle orientation pour le parti de droite. Le résultat de Nicolas Sarkozy sera de toute manière très commenté. Mais le risque semble déjà grand de voir se renouveler le combat à mort que s'étaient livrés Jean-François Copé et François Fillon en novembre 2012 et qui a laissé le parti groggy. Car si l'UMP a tout mis en œuvre pour éviter les dérapages de l'époque, avec une Haute Autorité du parti qui veillera au bon déroulement du scrutin, certains couacs sont déjà à portée de main.

Depuis hier soir, les adhérents de l'UMP ont constaté certains problèmes. Le site bloqué par l'affluence, ou par une simple panne, des problèmes de connexions, faute de matériel à jour ou de réseaux fiable... Un faux site UMP presidentump2014 a même été mis en ligne. Beaucoup d'ennuis techniques peuvent être rencontrés lors d'un vote à distance et d'une telle ampleur. Des problèmes qui devaient forcément se produire selon des experts interrogés notamment par FranceTV Info, comme lors de chaque scrutin électronique. La question est surtout de savoir à quelle échelle. Car un adhérent de la Drôme, de l'Eure ou de la région parisienne qui ne peut pas voter pour un candidat ne prête pas à conséquence. Mais s'ils sont des centaines ou des milliers, la situation sera plus grave.

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Le principal écueil pour cette élection reste le risque de fraude ou de bourrage d'urnes. L'élection de 2012 avait fait l'objet de très forts soupçons. L'usurpation d'identité ou le vote massif via des robots sophistiqués n'est pas à exclure, surtout pour les adhérents qui se rendraient dans les fédérations ou au siège parisien de l'UMP pour voter, avec une adresse IP unique. La Haute Autorité estime avoir pris tous les gages d'un scrutin fiable, avec notamment un contrôle de l'ensemble des votes dès 20 heures ce samedi. Tout évènement suspect, comme une sur-connexion en toute fin de scrutin, provoquera la non-publication des résultats assure-t-elle. Les candidats disposent en outre de 24 heures pour contester les résultats.

Tout semble en ordre, donc, mais à défaut d'anomalie constatée dans le dispositif a priori, les candidats pointent une lacune d'ordre organisationnel mais potentiellement explosive : les résultats seront dévoilés samedi 29 novembre à 20h de manière nationale et non de manière départementale. Autrement dit, il ne sera pas possible de savoir qui de Bruno Le Maire, Hervé Mariton ou Nicolas Sarkozy est arrivé en tête, fédération par fédération. La Haute Autorité refuse de délivrer les résultats détaillés, arguant d'une impossibilité technique, alors même qu'en 2012, c'était l'analyse des résultats des fédérations qui avait fait émerger des irrégularités.

Comment donc être certain que la fédération de la Drôme (celle d'Hervé Mariton), n'est pas venue gonfler les votes, que celle de l'Eure (Bruno Le Maire) n'a pas fait voter en masse pour l'un des candidats ou qu'à Neuilly (fief de Nicolas Sarkozy), les votants n'ont pas été suppléés par une machine ? Impossible de vérifier que le nombre de votes reçus d'un département ne dépasse pas le nombre d'adhérents. Selon l'Express, les équipes des trois candidats auraient plaidé pour la publication des votes par fédération, en vain. Selon la Haute Autorité, il est trop tard pour modifier les listes électorales, ce qui retarderait à coups surs le scrutin tout en faisant augmenter la facture de 12 000 euros. Chez Hervé Mariton comme chez Bruno Le Maire, la grogne a été intense jusqu'aux dernières heures avant le scrutin. Moins chez Nicolas Sarkozy persifle-t-on chez ses adversaires, qui le soupçonnent d'être avantagé par la solution des résultats globaux.

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