Manuel Valls reçoit une gifle : le jeune homme "va devoir assumer" [VIDEO]

MANUEL VALLS GIFLE - Après avoir tenté de mettre une gifle à Manuel Valls mardi, Nolan a été condamné mercredi à trois mois de prison avec sursis. Le jeune breton a reconnu les faits.

[Mis à jour le 18 janvier 2017 à 19h51] Nolan, le jeune homme qui avait tenté de mettre une gifle à Manuel Valls mardi à Lamballe, a finalement écopé de trois mois de prison avec sursis, auxquels viennent s'ajouter 105 heures de travail d'intérêt général. Condamné par le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc après 24 heures de garde à vue, le jeune homme a reconnu les faits. Il a d'ailleurs été jugé "dans le cadre d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC)", comme le rapporte Ouest France.

Mercredi encore, Manuel Valls avait quant à lui finalement décidé de porter plainte contre lui. "Je ne le fais pas pour moi, j'en ai vu d'autres, mais pour le symbole", a confié le candidat à la primaire de la gauche aux journalistes dans le train pour Paris, rapporte Le Monde. "Si vous laissez passer un acte de violence, c'est que vous acceptez cette violence, et aucune violence ne peut être acceptée". La visite de Manuel Valls a en effet été perturbée par le geste d'un jeune homme qui a tenté d'atteindre l'ancien Premier ministre avant d'être immédiatement plaqué au sol (voir la vidéo ci-dessous).

Suite à son arrestation, celui qui se prénomme Nolan a été remis à la gendarmerie de la commune. Il a été placé mardi soir en garde à vue pour "violences sans incapacité de travail sur une personne chargée d'une mission de service public". Le jeune impétueux, tout juste âgé de 18 ans, aurait confié aux forces de l'ordre qu'il n'aimait pas "la manière dont Manuel Valls traitait les citoyens", selon Le Parisien. Résident en Bretagne, l'homme était déjà connu des services de police pour un rappel à la loi en 2014 pour usage de stupéfiants, selon de parquet de Saint-Brieuc. Les proches de Manuel Valls l'ont en premier lieu présenté comme un "proche de l'extrême droite bretonne" mais il serait en réalité plutôt sympathisant de la mouvance indépendantiste, selon Le Point, qui a retrouvé sa page Facebook. Sur sa photo de profil, le jeune homme réalise une quenelle, le geste antisémite créé par Dieudonné. D'après une "source proche de l'enquête" citée par le site d'information, Nolan serait un "petit délinquant, propagandiste et militant à ses heures perdues dans des groupuscules indépendantistes bretons". Il aurait notamment œuvré quelques temps pour le SKB, mouvement nationaliste breton.

"Pas un gamin méchant"

Interrogé par Le Parisien, Guillaume, le père du jeune homme a déclaré avoir "découvert les images en rentrant [du] travail. C'est là que j'ai su ce qu'il s'était passé", a-t-il expliqué à nos confrères. Et d'ajouter : "Ce geste, il lui appartient. Je ne peux pas me mettre à sa place. C'est encore un ado. Comme beaucoup de jeunes de sa génération, il n'est pas vraiment en phase avec notre société."

"Ce n'est pas un gamin méchant. Je pense que c'est le fait de la proximité avec Manuel Valls qui a fait qu'il est passé à l'acte. Je sais que le système actuel ne lui convient pas". Et s'il conteste à ce jour le terme d'"agression", évoquant plutôt une "forme de rébellion", Guillaume n'en reste pas moins objectif : "Maintenant, ce qui est fait est fait. Il va devoir assumer."

Manuel Valls giflé : ce qu'il s'est passé 

Manuel Valls sortait de la mairie de Lamballe lorsqu'il a été approché par "un jeune qui attendait devant les grilles de sécurité qui protègent les travaux d'extension des bureaux de la police nationale". L'individu s'est retrouvé à hauteur de poignet de main, alors que l'ancien Premier ministre saluait quelques personnes devant le bâtiment public. Manuel Valls a alors reçu une petite gifle, ou du moins a-t-il senti la main du jeune lui frôler la joue, qu'il a immédiatement retirée. En l'espace de quelques secondes, le jeune homme a été violemment appréhendé par les agents de sécurité.

Le candidat à la primaire à gauche a minimisé l'incident. Le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, qui accompagnait Manuel Valls, lui a demandé, devant les journalistes : "Tu vas bien ? Est-ce que tu vas bien ?". "Oui, ça va", a-t-il déclaré. L'ancien locataire de Matignon a par ailleurs été la cible de quelques huées, même s'il a aussi pu compter sur plusieurs applaudissements d'encouragement, indique le site Internet de France Bleu Armorique. 

Assez rapidement, l'ancien chef du gouvernement français a tenu à réagir publiquement. Une journaliste de Libération rapporte sur Twitter ses propos : "Il y a ceux qui contestent la démocratie et ceux qui l'incarnent. Ceux qui incarnent la démocratie ce sont les responsables politiques. [...] Moi je vais au contact des Français, je n'ai pas peur", a-t-il indiqué. Et d'ajouter : "Je sais que la démocratie, ça ne peut pas être la violence et un individu qui cherche à frapper, qui frappe un responsable politique, c'est forcément grave".

Mais le candidat à l’élection présidentielle n'en est pas à son premier revers. Le 22 décembre dernier, lors d'une visite à Strasbourg, un homme lui avait vidé un sac de farine sur sa tête et son manteau. L'individu avait alors lancé : "49.3 on n'oublie pas ! On n'oublie pas !" Une référence à l'article 49.3 de la Constitution, que Manuel Valls a utilisé pour faire adopter la loi Macron puis la loi Travail.

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Manuel Valls / Premier ministre

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