François Hollande : ses principales déclarations face à la presse

Le président de la République a donné sa deuxième conférence de presse ce jeudi 16 mai. Quelles sont les principales déclarations de François Hollande alors que la France, en récession, semble s'enfoncer dans la crise ?

François Hollande s'est adressé à la presse ce jeudi 16 mai. A peine un an après son arrivée à l'Elysée, le président de la République a répondu aux questions des journalistes pendant près de 2 heures après un discours d'introduction. Le temps pour lui d'adresser aux Français son message sur la situation économique du pays, à l'heure où l'un des principaux reproches de l'opinion publique vis-à-vis de l'exécutif est le manque de clarté sur les réformes à mener. Le président a donc du jouer les pédagogues, lui qui juge ses premières mesures "cohérentes" et qu'il a déjà assuré qu'il était "certain de tenir le bon cap".

 François Hollande a commencé son discours en rendant hommage aux troupes françaises engagées au Mali : "L'intervention de la France a été saluée. Le mérite en revient à nos soldats". "Ils ont fait bien plus que libérer un pays. Ils ont fait aimer la France dans toute l'Afrique".

 Le président a ensuite fait le bilan de cette première année passée à l'Elysée, ce qu'il a appelé l'An I du quinquennat :

"Nous avons entrepris par la négociation la réforme du marché du travail. je veux saluer l'effort du gouvernement, de Jean-Marc Ayrault". "Les lignes, elles ont bougé. Depuis un an, la zone euro a été stabilisée. L'union bancaire a été définie. La Grèce, que l'on pensait menacée, a été sauvée. Les taux d'intérêt ont baissé. Ce résultat, que je revendique, n'a été possible que parce que la France a pu faire le trait d'union entre l'Europe du Nord et l'Europe du Sud".

François Hollande a ainsi considéré que la conjoncture économique ne pouvait que s'améliorer à l'avenir : "La crise financière est derrière nous", "les causes ont été jugulées" t-il dit, ajoutant "la récession touche tous les pays", "La commission européeene a commencé à comprendre les menaces".

Concernant le délai de 2 ans accordé par la Commission européenne pour la retour du déficit public au seuil des 3 % du PIB : "Ce délai, ce n'est pas un sursis, c'est un rebond". Sur la "maîtrise de la finance" : "nous sommes les premiers en Europe à séparer les activités de dépôt des activités spéculatives". "Nous avons créé la banque publique d'investissement. Il était temps".

Le président a ensuite estimé avoir travaillé à la mise en oeuvre d'une "autre réforme importante" : "la réforme du marché du travail. Réforme que l'on jugeait impossible à faire. Elle est là."

 François Hollande a ensuite annoncé ce que seraient les priorités de la seconde année du quinquennat :

"Après l'An 1 de mon quinquennat, l'An 2 ce doit être l'offensive" a annoncé le président, offensive qu'il inscrit à l'échelle européenne :

"L'Europe est la cinquième puissance économique mondiale et pourtant elle est regardée comme un continent malade. Ma responsabilité, [...] mon devoir, c'est de sortir l'Europe de la langueur".

"L'initiative que je prends se décline en 4 points" :

1e étape : "Instaurer un gouvernement économique autour d'un véritable président. Il harmoniserait la fiscalité".

2e étape : "L'emploi des jeunes pour tous les jeunes d'Europe". "Définir une stratégie d'investissement"

3e temps de l'initiative : "Une communauté européenne de l'énergie".

4e temps : "Intégration budgétaire"

"Si l'Europe n'avance pas, elle tombe, elle s'efface".

 Principale annonce de François Hollande : une prochaine réforme des retraites :

"Je refuse de reporter sur les générations à venir le fardeau du financement du régime des retraites" a annoncé le président qui souhaite organiser une grande conférence sociale sur ce sujet en juin. Il ne pourra pas faire l'impasse sur les premières interrogations des Français : faut-il repousser l'âge légal de départ ? Comment augmenter la durée de cotisation ?

François Hollande a annoncé "trois principes" :

- "rétablir durablement le régime par répartition" avec comme impératif de "travailler un peu plus longtemps"

- "principe de justice" pour "lutter contre les inégalités" : "Inégalités entre régimes, inégalités qui frappent les femmes"

- "principe de dialogue" dans la méthode

 Le droit de vote des étrangers au Parlement

Après son discours, François Hollande a répondu aux questions des journalistes. L'occasion pour le chef de l'Etat de revenir notamment sur la question du droit de vote des étrangers. François Hollande a ainsi annoncé que "le droit de vote des étrangers serait soumis au Parlement après les municipales de 2014".

Les thèmes principaux de l'An 2 du quinquennat de François Hollande :

François Hollande s'est déjà exprimé devant la commission européenne et a déjà annoncé quelques grandes lignes de sa politique :

Dédramatiser le contexte économique
. Pour François Hollande, la crise ne touche pas seulement la France. Alors que l'Insee vient de confirmer que l'Hexagone est entré en récession, le président a remis en perspective la mauvaise conjoncture :

"la panne de la croissance concerne l'Europe tout entière" a-t-il affirmé hier devant la Commission européenne, ajoutant que "le moment le plus dur est passé". Une manière de relativiser les mauvais chiffres du chômage, du déficit public, ou encore de la faiblesse des investissements.

Se positionner en héraut de la compétitivité. "Ma responsabilité est de prendre les décisions pour la croissance et la compétitivité. Nous avons engagé des réformes de compétitivité et nous allons continuer, non parce que l'Europe nous le demanderait mais parce que c'est l'intérêt de la France" a affirmé le président hier devant la Commission européenne. La conférence de presse est l'occasion pour lui d'assurer que le pays a déjà acté des réformes importantes sur ce terrain, comme l'assouplissement du marché du travail, le pacte de compétitivité ou encore la réforme des institutions bancaires. "Pendant dix ans, les Allemands ont fait des choix. Aujourd'hui, ils sont compétitifs" a assuré François Hollande, qui sous-entend clairement que la France devra emprunter la même voie.

Annoncer une nouvelle réforme des retraites. "La précédente réforme des retraites n'a pas suffi" a estimé hier François Hollande.

Annoncer une réforme de la formation professionnelle et de l'indemnisation du chômage. Avec une croissance nulle en 2013, François Hollande devra annoncer quelques mauvaises nouvelles sur les prévisions du chômage. Sa priorité, son cap, est "d'inverser la courbe du chômage". Si le président jouera sur tous les leviers de la croissance pour redynamiser l'emploi, il devra aussi s'appuyer sur des réformes à destination des entreprises et des demandeurs d'emploi sur la formation et des indemnités chômage.

Pas de remaniement dans l'immédiat. Alors que l'opposition juge "graves" les "dysfonctionnements" à Bercy, où Arnault Montebourg et Pierre Moscovici ne semblent pas sur la même ligne, François Hollande devra rassurer sur la cohérence de son gouvernement et renouveller sa confiance en Jean-Marc Ayrault

De nouvelles mesures pour atteindre 3 % de déficit en 2015 ? Malgré le sursis de 2 ans accordé à la France par la Commission européenne, François Hollande doit donner des gages à l'Europe. Alors que la croissance est en panne, il faudra à nouveau trouver des solutions pour réduire les dépenses de l'Etat, malgré la baisse des dotations territoriales et les coupes déjà annoncées dans les budgets ministériels. Le président est resté ambigu sur le sujet. Faut-il s'attendre à une hausse des impôts ou à un nouveau plan d'économies drastiques ?

EN VIDEO - François Hollande a annoncé qu'il voulait maintenir son objectif d'inverser la courbe du chômage d'ici fin 2013

Les principales déclarations de François Hollande devant la presse :

France / François Hollande

Dernière minute