Chérif Kouachi et Saïd Kouachi : l'ainé avait suivi une formation d'Al Qaïda au Yémen

Les frères Kouachi, Chérif et Saïd, au centre d'une véritable chasse à l'homme, font l'objet d'une enquête minutieuse dans les médias. Les terroriste présumés de l'attentat de Charlie Hebdo étaient connus des services de police.

[Mis à jour le 9 janvier à 07h52] Chérif Kouachi, Saïd Kouachi, frères, trentenaires, sont les principaux suspects de l'attaque terroriste contre le journal Charlie Hebdo, perpétrée mercredi 7 janvier. Depuis que la carte d'identité de l'un d'entre eux et qu'un mail des forces de police ont fuité sur les réseaux sociaux le soir du massacre (cf. tweet ci-dessous), le profil des deux terroristes présumés est reconstitué dans les médias, qui tentent de comprendre le parcours qui a pu mener à la mort de 12 personnes abattues de sang froid.

La préfecture de police de Paris a publié un numéro vert (0805 02 17 17) et demande à "toute personne détenant des informations" de se manifester. Des centaines d'appels ont été reçus, a fait savoir Bernard Cazeneuve, ce jeudi en début de soirée. Sur leurs fiches d'identité, il est indiqué que Saïd et Chérif Kouachi sont les fils d'immigrés algériens. Les deux hommes sont de nationalité française. Le premier, Saïd Kouachi, est né le 7 septembre 1980 dans la capitale. Son frère cadet, Chérif Kouachi, est né le 29 novembre 1982. Les deux frères Kouachi auraient été orphelins très jeunes, selon Libération. Placés très rapidement, ils auraient grandi en foyer à Rennes avant de revenir dans le Xe arrondissement de la capitale.

C'est surtout le parcours de Chérif Kouachi, 32 ans, qui a été décortiqué jusqu'à présent. Il est décrit par Libération comme ancien livreur de pizza à Paris, ayant pourtant passé un brevet d'éducateur sportif à Rennes et amateur de rap. Mais le plus jeune de la fratrie affiche au total 9 antécédents judiciaires. Il a notamment été mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" en 2010. Il était surtout fiché comme ancien membre de "la filière irakienne du XIXe" ou dite des "Buttes Chaumont". Une filière d'acheminement de jihadistes vers l'Irak, agissant dans le XIXe arrondissement de la capitale et démantelée en 2005. Chérif Kouachi avait été condamné à trois ans de prison dont la moitié avec sursis dans cette affaire. Il s'apprêtait à partir lui-même en Irak au moment de son interpellation. A l'époque, son groupe, d'une dizaine de jihadistes, voulait rejoindre les "frères" irakiens pour lutter contre "l'envahisseur américain". L'objectif : "libérer la terre musulmane".

Chérif Kouachi : radicalisé dès les années 1990 ?

Le nom du groupe provient de jeunes fréquentant l'organisation et ayant l'habitude de se réunir dans le parc des Buttes Chaumont pour courir. Le Monde rapporte que Chérif Kouachi rencontrait alors fréquemment d'autres jeunes musulmans sensibilisés par la suite aux causes du jihad : Mohamed El Ayouni, Thamer Bouchnak et Boubakeur El Hakim. Les jeunes Parisiens se radicalisent en rencontrant Farid Benyettou, un "émir" autoproclamé à la mosquée Adda'wa, dans le quartier de Stalingrad. L'homme se fait appelé "Abou Issen" depuis sa radicalisation.

Chérif Kouachi s'est-il plus radicalisé que son frère Saïd pendant toutes ces années ? Les services de renseignements savent qu'il a aussi entretenu des liens étroits avec Djamel Beghal, figure de l'islam radical. Sa proximité avec l'islam radical semble par ailleurs remonter à très longtemps. Dix ans avant son interpellation dans l'affaire des "Buttes Chaumont", Chérif Kouachi avait déjà été dans le collimateur de la police et de la justice. Dans les années 1990, il est en effet soupçonné d'avoir tenté d'échafauder un plan pour tenter de libérer le cerveau des attentats de 1995 de la prison de Clairvaux (Aube). Un non lieu sera finalement prononcé dans cette affaire

EN VIDEO - La dérive des deux frères Saïd et Chérif Kouachi aurait commencé il y a au moins 10 ans.

Saïd Kouachi : formé au jihad par Al Qaïda au Yémen

Manuel Valls a reconnu que les deux hommes étaient connus des services de police et même "suivis" des services antiterroristes français depuis plusieurs semaines. Mais le Premier ministre a également dit qu'"il n'y avait pas de risque zéro". Chérif et Saïd Kouachi, considérés comme dangereux, avaient donc des profils bien identifiés par les services de renseignement. Leur volonté de combattre pour le jihad n'est pas récente. "Ces individus étaient sans doute suivis mais il n'y a pas de risque zéro. C'est terrible à dire parce qu'il y a des victimes, un attentat terrible et nous sommes tous touchés, bouleversés" a expliqué Manuel Valls sur RTL. 

Reste que selon CNN, l'un des membres de cette fratrie des plus troubles aurait suivi un entraînement au Yémen dans un camp d'Al Qaïda. La chaîne américaine se base sur des sources officielles du renseignement américain. Selon CNN, c'est même la France qui aurait informé Washington que l'un des deux frères avait été formé, en 2011, à l'utilisation d'armes automatiques. La chaîne n'a d'abord pas précise quel frère avait bénéficié de cette formation militaire. Il apparait ce vendredi matin qu'il s'agit de l'aîné, Saïd Kouachi, 34 ans. 

Lors de leur périple sanglant à Charlie Hebdo, les assaillants se sont vantés d'avoir "vengé le prophète" et affirmaient appartenir à la branche yéménite d'Al Quaïda.

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