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Décembre 2007

Pourquoi la crise des subprime aux Etats-Unis pèse-t-elle sur le marché du crédit en France ?

Pourquoi la crise des subprime aux Etats-Unis pèse-t-elle sur le marché du crédit en France ? Les conséquences de la crise des subprime dépassent largement le seul périmètre des Etats-Unis. La France est aussi touchée. Explications du mécanisme
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Trois sources permettent à une banque de trouver le montant du crédit qu'elle va financer. D'abord l'ensemble des dépôts de ses clients, à savoir les comptes de dépôts et les comptes d'épargne (livret, plan d'épargne, assurance vie, OPCVM). Ensuite, les mouvements financiers liés à son activité de banquier : les remboursements des emprunts qu'elle a déjà accordés, les plus-values obtenues grâce aux intérêts perçus et aux gains réalisés avec des placements sur les marchés financiers. Enfin, les emprunts contractés auprès de la Banque centrale d'un pays. Une banque finance les particuliers, mais aussi les entreprises, les Etats et également ses homologues. Bref, sans banque, il manque un rouage clé pour faire fonctionner une économie. Et c'est pour cela que la crise des subprime bouscule ce mécanisme.

 

Le mécanisme de la crise

Les sommes d'argent accordées aux ménages américains à faibles revenus, pour acquérir leur habitation, n'ont pas été remboursées, car ces derniers sont devenus insolvables. Comme les logements financés ont été acquis au prix fort, leur vente se fait à perte pour les créanciers titulaires d'une hypothèque. Du coup, les établissements financiers, qui ont accordé un tel emprunt, ne retrouvent pas la totalité de leurs fonds. Ces fonds ont eux-mêmes été empruntés auprès d'autres banques, qui, à leur tour, ne peuvent pas honorer leurs échéances. Le circuit est sans fin.

Parmi ces banques, certaines ont monté des opérations de titrisation. Autrement dit, elles ont mis en vente sur les marchés financiers une partie de leurs créances sur ces prêts ainsi accordés, sous forme de titres. Ils s'échangent ensuite sous le même principe que les actions. Cette technique permet à la banque de transférer, à une multitude de personnes ou d'entreprises, une partie des sommes prêtées et de retrouver les fonds avancés, avant même qu'ils soient remboursés. Ce sont les titulaires de ces titres de créances qui assumeront l'éventuelle défaillance des paiements des échéances.

Dans la crise des subprime, le nombre d'intermédiaires dans la vente de ces titres a été telle que le dernier titulaire avait l'incapacité d'évaluer correctement ses chances de perdre ou pas son placement. Et comme rien n'est simple dans le monde de la finance, en réalité le volume de crédits accordés par les banques dépassent les sommes sonnantes et trébuchantes présentes dans leurs coffres. La part des impayés restant assez faible en temps normal, le système fonctionne assez bien... sauf quand un prêt finance une personne dont on sait qu'elle sera incapable de rembourser. Et ce qui fut le cas avec les subprime.

 

Assèchement des capitaux disponibles pour le marché du crédit

Au total, pour rembourser leurs divers engagements pris dans cette mauvaise affaire financière, les banques ont besoin de beaucoup de fonds pour éponger leurs pertes. Ces dernières seraient de 2.000 milliards de dollars, selon une récente prévision. Au début de septembre 2007, elles devaient se limiter à 200 millions d'euros. La crise des subprime a donc pour effet de provoquer un assèchement des fonds disponibles ou qui pouvaient être affectés à l'octroi de crédit. Cela impacte aussi les établissements financiers totalement étrangers au mécanisme de financement des subprime.

La forte demande de financement des banques entraîne une hausse des taux interbancaires et provoque un renchérissement du coût du crédit. Celui-ci se répercute notamment sur le niveau des taux d'intérêt proposés pour les crédits aux particuliers, par exemple. Du coup, une partie des crédits, qui devaient être financés, ne le sont plus puisque les fonds nécessaires manquent. C'est pour limiter cet effet de cascade et son impact sur la santé des économies, que cinq banques centrales, dont la FED et la BCE, ont annoncé le 12 décembre 2007 une action concertée. Elle se caractérise par l'injection sur le marché monétaire de près de 44 milliards de dollars. C'est aussi pour éviter aux banques de manquer de trésorerie au moment des fêtes de fin d'années, marquées par des forts retraits des clients en vue de donner quelques étrennes, que la BCE a choisi le 18 décembre de financer les banques à un taux de 4,25 % durant 15 jours alors que ses taux directeurs s'affichent actuellement à 4,5 %. Elle a aussi en parallèle mis à disposition près de 350 milliards d'euros sur le marché du crédit.

 

Le rôle des banques centrales

En effet, lorsqu'une banque n'a pas assez d'argent disponible pour financer un crédit, elle peut demander à la Banque centrale de lui prêter les fonds qui lui manquent. Mais c'est un financement dit de dernier ressort. Avant d'en arriver là, une banque doit avoir utilisé toutes les autres possibilités de financement. Car la Banque centrale accepte, ou pas, d'accéder à la demande d'une banque, selon ses propres critères parmi lesquels la capacité pour la somme demandée de favoriser un supplément d'activité économique. C'est-à-dire de contribuer à la hausse du Produit intérieur brut du pays..

Le prix de ce financement correspond aux taux directeurs. Ce qui explique que la Banque centrale américaine (la FED) utilise beaucoup cet élément pour réguler l'économie américaine. L'effet pervers est qu'une baisse des taux d'intérêt entraine mécaniquement une hausse des prix, qu'illustre le niveau de l'inflation.



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