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Décembre 2005

Colomb n'a jamais su qu'il avait abordé un Nouveau Monde

Christophe ColombLe 12 octobre 1492 Christophe Colomb accoste aux Bahamas, archipel qu'il prend pour les îles japonaises. Aucun Européen ne se doute qu'il a atteint un nouveau continent. Pourtant sa découverte est fondamentale pour l'expansion coloniale.
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A l'époque de Christophe Colomb, l'Espagne entre dans une période de stabilité politique qui va permettre de financer des expéditions par-delà les mers. Ferdinand II, roi d'Aragon et de Sicile, et Isabelle Ière, reine de Castille, sont Espagnealors les souverains du royaume. A eux deux, ils gouvernent l'ensemble de la péninsule, à l'exception du Portugal. L'année 1492 marque aussi la fin de la guerre de reconquête contre les Maures, et l'expulsion des juifs d'Espagne. L'unité religieuse du pays est ainsi assurée. Les Espagnols commencent donc à s'intéresser aux conquêtes océanes.

Christophe Colomb n'évalue que 2 410 km pour rejoindre l'Asie par l'Océan Atlantique.
Bien qu'il ait navigué pour le compte des rois catholiques d'Espagne, Christophe Colomb est un Génois. En 1451, l'année de sa naissance, Gênes est alors la plus puissante des républiques maritimes italiennes, ainsi qu'un important port. Elle rassemble les territoires de la Ligurie actuelle, de la Corse et de colonies au Moyen-Orient, en Grèce et en Afrique du Nord. Le jeune Génois y rêve de voyages. Il commence par naviguer en Méditerranée, au Ghana, ainsi que vers l'Angleterre et l'Islande. C'est dans ces pays nordiques qu'il entend des récits de terres lointaines où les habitants auraient les yeux bridés. On lui raconte aussi les épopées des Vikings et la découverte d'une autre terre appelée Vinland. En effet, les premiers visiteurs des Amériques auraient été les Vikings. Aux alentours de l'an 1 000, ils auraient traversé l'Atlantique à six reprises. Christophe Colomb croit que ces terres sont celles de Gengis Khan, l'empereur mongol. C'est l'observation de fortes marées en 1476 qui lui fait penser qu'il doit exister d'autres terres de l'autre côté de l'océan.

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Persuadé que la terre est ronde en lisant les écrits de Ptolémée, il rejoint son frère à Lisbonne, qui y exerce le métier de cartographe. Tout comme Christophe Colomb, les savants de l'époque pensent que l'on peut rejoindre l'Asie en traversant l'Océan Atlantique. Selon Ptolémée, la distance à parcourir est de 16 000 km. Christophe Colomb la sous-estime davantage, puisqu'il n'imagine que 2 414 km entre l'Europe et le continent asiatique. Afin de vérifier ses intuitions et aussi dans le but de faire fortune, le navigateur soumet son projet de traverser l'Océan Atlantique aux souverains d'Europe. Il s'adresse d'abord au roi du Portugal qui refuse. En effet, l'un de ses explorateurs vient de découvrir un passage vers les Indes au sud du continent africain.

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Christophe Colomb expose ensuite sa mission au roi de France puis à celui d'Angleterre, sans succès. Il s'en remet au Conseil Royal espagnol. Le couple royal rejette une première fois son projet parce que le navigateur énonce des prétentions importantes, pour lui et pour ses descendants : afin d'assurer sa fortune, il demande l'anoblissement, le grade d'Amiral, le gouvernement des terres inconnues qui deviendront la propriété de la couronne d'Espagne, ainsi que des revenus jugés alors disproportionnés.

DépartFinalement, le 17 avril 1492, le couple royal signe à Santa Fé les accords qui donnent à Christophe Colomb ce qu'il demande. Ce revirement est dû à l'intervention de l'évêque Deza qui évoque l'évangélisation des peuples rencontrés et du secrétaire du roi qui insiste sur l'intérêt des richesses découvertes.

Le premier voyage : découverte des Bahamas, de Cuba et de Saint-Domingue
Le jour du départ, le 3 août 1492, un marin raconte à Christophe Colomb qu'un capitaine portugais s'est lancé à travers l'Atlantique et qu'il a été arrêté par une barrière infranchissable d'herbes. Le navigateur va se fier à cette indication pour repérer l'approche des côtes. Il embarque donc du port de Palos, en Andalousie, avec trois voiliers et 90 hommes d'équipage.

Quelques jours après une escale aux Canaries, l'équipage aperçoit des masses d'herbes voguer et croit se trouver près de la terre ferme. Ils entrent en fait dans la mer des Sargasses, une région située à 1 600 kilomètres des côtes américaines, recouverte de grandes algues et avec très peu de vent. La panique Arrivées'installe au sein de l'équipage lorsque les capitaines sont victimes tour à tour d'illusions d'optiques, en pensant apercevoir une terre. Christophe Colomb pense avoir dépassé l'Inde et décide alors de changer de cap et de suivre la direction des oiseaux. Le 12 octobre, enfin, ils accostent sur l'île Guanahami aux Bahamas, à laquelle ils donnent le nom de San Salvador, qui signifie "Saint Sauveur". Les Espagnols y rencontrent les premiers Indiens qui leur offrent du coton et des perroquets.

A la recherche de gisements d'or, les navires voguent d'île en île. Le capitaine apprend l'existence d'une île plus vaste du nom de Cuba et il croit qu'il a enfin trouvé le Japon. Le 28 octobre, il débarque à Cuba. C'est ici que ces hommes et lui apprennent à fumer de grandes feuilles séchées : du tabac. Puis, le capitaine d'une des caravelles, la Pinta, déserte vers l'ouest, pendant que les deux autres navires accostent à Hispaniola où ils trouvent de l'or. Mais, le 25 décembre, le bateau de Christophe Colomb, la Santa-Maria, s'échoue à Saint-Domingue. L'équipage est trop important pour le voyage de retour, et le Génois décide de laisser 39 hommes dans un fortin construit à partir de l'épave de la Santa-Maria. Au milieu de l'océan, les caravelles essuient une tempête et les marins prennent peur. Christophe Colomb consigne même ses découvertes sur un parchemin qu'il met dans un tonneau et qu'il jette à la mer. Ils rentrent finalement en Espagne le 6 mars 1493, après plus de 7 mois de voyage.

Christophe Colomb est alors applaudi par toute la cour des souverains espagnols. Il est anobli ainsi que ses frères et est officiellement nommé Amiral de la Mer Océane et Vice-roi gouverneur général des Indes. Ces titres sont héréditaires et accompagnés de revenus intéressants. Le 7 juin 1494, l'Espagne et le Portugal signent le Traité de Tordesillas, qui fixe une ligne de démarcation à 370 lieues à l'ouest du Cap Vert, entre les terres attribuables aux deux pays. Les Portugais colonisent alors l'Afrique, la Chine et L'Inde, tandis que les Espagnols s'approprient les Amériques.

Les navires de la première expédition de Christophe Colomb
Bateau Type Dimensions Equipage
La Pinta ou la Peinte Caravelle à deux voiles carrées et une voile latine 22 mètres de long et 7 mètres de large Capitaine : Martin Alonso Pinzon, avec 26 marins
La Niña ou la Gamine Caravelle à trois mâts et à voile latine 21,44 mètres de long et 6,44 mètres de large Capitaine : Vincente Yànez Pinzon, avec 22 marins
La Santa Maria Vaisseau Amiral de commerce 30 mètres de long et 8 mètres de large Capitaine : Christophe Colomb, avec 39 marins

Les trois autres voyages : découverte de la Guadeloupe,
de Trinidad, du Venezuela, du Honduras et de Panama
L'Amiral de la Mer Océane repart avec 17 navires et 1 500 hommes. Cette fois, son objectif est d'établir une colonie à Hispaniola. Il rejoint l'île, mais le fort a été incendié par les Indiens qui sont Cubadevenus agressifs. De plus, les maladies et les indigènes n'ont pas laissé un seul des 39 marins en vie. L'expédition rentre sans or à Séville. La confiance du couple royal commence à s'amenuiser.
Lors de sa troisième exploration, Christophe Colomb commande huit navires. Le capitaine découvre les côtes du Venezuela qu'il imagine être le paradis terrestre. De retour à Hispaniola, il trouve des hommes malades de la syphilis et qui se bagarrent entre eux. Pris de colère, il traite les Indiens en esclaves, la reine d'Espagne le fait alors arrêter. Et, c'est enchaîné au fond de sa propre caravelle qu'il revient en Europe pour y être jugé. Il perd son titre de Vice-roi mais conserve celui d'Amiral.
Pour sa dernière traversé, le Génois est cantonné à son rôle d'explorateur et repart avec seulement quatre navires. Il accoste au Panama où il trouve de l'or. Bien qu'il soit sur le continent américain, Christophe Colomb associe le paysage qui l'entoure à l'embouchure de l'isthme malaisien. Durant son périple, ses quatre navires sont endommagés et il doit faire appel à la colonie pour rentrer.

Au cours de ses voyages, Christophe Colomb n'a pas découvert les quantités d'or qu'il espérait, mais il a ramené de nombreux produits précieux tels que la cannelle, le camphre, la noix de muscade, le poivre, le maïs, la fraise, le tabac, l'avocat, la tomate, l'ananas, ou encore le poivron.

» L'année 2006 sera le cinquième centenaire de la mort de Christophe Colomb, qui a eu lieu le 20 mai 1506.

Pourquoi le Nouveau Monde s'appelle-t-il l'Amérique ?
Americo VespucciLa découverte du continent a été attribuée à Americo Vespucci suite à l'erreur d'un imprimeur.
Americo Vespucci est un navigateur florentin qui aurait fait plusieurs expéditions dans le Nouveau Monde après Christophe Colomb. Florence étant un centre culturel les écrits d'Americo Vespucci furent bien plus diffusés que ceux de Christophe Colomb, qui était alors persuadé d'avoir rejoint les Indes. En 1507, un livre de cartographie nomme pour la première fois le Nouveau Monde, en se basant sur le livre "Mondus Novus" du Florentin. L'Europe, l'Asie et l'Afrique portant alors des noms de femme, on baptisa le nouveau continent avec celui d'un homme : America. Par contre, c'est à cause de Christophe Colomb que les habitants du Nouveau Monde se nomment les Indiens.
 
 Adeline Kayser, L'InternauteMer & Voiles
 
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