Le mercure placé sous le contrôle de la banquise arctique

Une étude franco-américaine révèle le rôle prépondérant de la banquise dans le cycle du mercure en Arctique.

Une équipe de chercheurs franco-américains a découvert que la banquise arctique jouait un rôle important dans le contrôle de la libération du mercure. Cette dernière favoriserait la dégradation et le transfert vers l'atmosphère des formes toxiques du mercure présent dans les eaux de surface de l'océan Arctique. Les résultats de l'étude sont publiés dans la revue Nature Geoscience.

banquise
Les zones polaires comme l'Arctique sont les plus touchées par la pollution au mercure. © Geneviève Lapoux

Le mercure est un métal lourd présent sous forme gazeuse dans l'atmosphère. Son émission naturelle par les océans et le dégazage des volcans est accentuée considérablement par l'émission dite anthropique résultant de la combustion des énergies fossiles. La pollution au mercure se retrouve concentrée au niveau polaire via les courants atmosphériques. Tous les écosystèmes sont touchés par ce phénomène et sont donc fortement menacés.

Les scientifiques contrôlent depuis vingt ans l'évolution des concentrations en mercure et méthyle-mercure dans différentes régions de l'Arctique  qui fluctuent beaucoup. Dans cette étude, les chercheurs se sont intéressés à des œufs de guillemots collectés dans plusieurs régions arctiques et subarctiques (golfe d'Alaska, mer de Béring, mer des Tchoukes). Ces oiseaux marins se situent en haut de la chaîne alimentaire et sont ainsi de parfaits indicateurs. Les scientifiques ont mesuré la signature isotopique du mercure dans ces œufs et étonnamment, les isotopes impairs du mercure (199Hg, 201Hg) se comportent différemment des isotopes pairs (198Hg, 200Hg etc).

Par conséquent, la présence de banquise empêcherait à la fois la dégradation du méthyle-mercure par la lumière et elle limiterait les échanges de mercure entre l'océan Arctique et l'atmosphère. Ces résultats suggèrent que le climat joue un rôle essentiel dans le cycle du mercure. La fonte accélérée de la banquise au cours des décennies à venir influencera ainsi de manière significative le cycle biogéochimique de ce polluant.

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CNRS / Atmsophère