Volcan à Bali : quels dangers et quels sites menacés ? [LES IMAGES]

Volcan à Bali : quels dangers et quels sites menacés ? [LES IMAGES] VOLCAN BALI - Le mont Agung gronde depuis le mois d'août sur l'île de Bali en Indonésie. Alors que plus de 144 000 personnes ont été évacuées, de nombreux sites touristiques sont menacés par l'activité sismique du volcan. Les images.

[Mis à jour le 18 octobre 2017 à 9h49] Du haut de ses 3000 mètres d'altitude, le mont Agung gronde depuis maintenant près de deux mois, et pour la première fois depuis plus d'un demi-siècle. Situé sur l'île touristique de Bali en Indonésie, à 75 kilomètres des stations balnéaires prisées de Kuta et Seminyak, le volcan menace de se réveiller, provoquant plusieurs centaines de séismes de faible intensité depuis quelques jours. L'aéroport international de Denpasar, la capitale de Bali, qui accueille chaque année des millions de touristes à la recherche de paysages paradisiaques, n'est pas affecté pour le moment. Cependant, les touristes qui comptent se rendre à Bali dans les prochains jours sont appelés à se munir de masques et de lunettes de protection et de respecter le périmètre de sécurité de 12 kilomètres autour du cratère. Si le volcan Agung entre en éruption, c'est en effet toute l'île qui sera touchée par les cendres et poussières éjectées.

Volcan à Bali : des sites touristiques menacés par l'éruption

Situé à seulement quelques dizaines de kilomètres des principales destinations touristiques de Kuta et Seminyak, le mont Agung pourrait menacer plusieurs temples et grands sites touristiques s'il finit par entrer en éruption. Par mesure de sécurité, le temple hindou Pura Besakih, l'un plus grands de l'île situé au pied du mont Agung, a été fermé aux visiteurs samedi dernier. Sur place, le ciel bleu et dégagé a déjà laissé place à un épais brouillard. De nouveaux dégagements de fumée blanche au sommet du cratère ont également été détectés par les systèmes de surveillance par satellite ce vendredi. Des nuages contenant des vapeurs d'acide sulfurique ont été observés à une altitude allant de 50 à 200 mètres du sommet du mont Agung.Alors que de nombreux sites touristiques, temples et hôtels se trouvent dans un rayon de 12 kilomètres autour du cratère, de nombreux touristes ont pris la décision d'écourter leur voyages et de quitter l'île de Bali. A proximité du volcan, de nombreux sites de plongée ont également été fermés au public. Lors de la dernière éruption du volcan, le temple Pura Besakih avait été détruit par des coulées de lave.

Le temple hindou Pura Besakih sous le brouillard face au mont Agung. © Firdia Lisnawati/AP/SIPA
Un habitant de Bali se tient entre deux colonnes du temple Besakih, face au mont Agung qui gronde. © Firdia Lisnawati/AP/SIPA

Volcan à Bali : aide d'urgence pour 144 000 personnes évacuées

Le niveau d'alerte maximal a été décrété vendredi dernier sur l'île de Bali par les autorités qui recommandent de rester à plus de neuf kilomètres du cratère du volcan, loin des zones touristiques. A ce jour, plus de 144 000 personnes habitant à proximité du mont Agung ont été évacuées et placées dans 500 centres d'évacuation dans neuf districts ou chez des proches. Environ 62 000 personnes vivaient dans la zone de danger avant les évacuations, mais des habitants établis à l'extérieur ont également quitté leur domicile par crainte d'une éruption. L'aéroport international de Denpasar, qui accueille chaque année des millions de touristes, n'est pas affecté pour le moment. Mais plusieurs pays de la région Asie-Pacifique, parmi lesquels Singapour et l'Australie, ont émis des recommandations de prudence aux voyageurs. Anticipant une éruption, les autorités indonésiennes prévoient donc de dérouter les vols à destination de Bali vers dix autres aéroports, notamment sur l'île voisine de Lombok mais aussi vers la capitale Jakarta, sur l'île de Java. La compagnie aérienne Singapore Airlines a ainsi proposé aux passagers ayant acheté un billet d'avion pour se rendre à Bali entre le 23 septembre et le 2 octobre de modifier la date de leur vol ou de solliciter un remboursement. Selon le ministère des Transports qui s'est exprimé mercredi 27 septembre, plus de 100 autocars sont également prêts pour évacuer des touristes qui seraient bloqués à Bali vers l'île de Lombok.

En 1963, plus d'un millier de personnes avaient péri lors de la dernière éruption de ce volcan, qui avait alors craché des cendres jusqu'à Jakarta, pourtant située à 1 000 kilomètres du mont Agung. L'Indonésie est située sur la "ceinture de feu" du Pacifique, où la collision de plaques tectoniques cause de fréquents séismes et une importante activité volcanique. Depuis les premiers signes d'une éruption imminente du mont Agung, la solidarité s'organise. Des habitants de Bali, des ONG internationales ainsi que le gouvernement local ont commencé à expédier de l'aide d'urgence. Des véhicules remplis de nourriture, d'eau minérale et de couvertures effectuent des allées et venues dans les centres d'évacuation dans la montagne. "Les déplacés ont majoritairement besoin d'aliments de base comme du riz, des nouilles instantanées, de l'huile et de l'eau" a déclaré I Ketut Subandi, responsable de la logistique de Tana Ampo, le village situé dans le district de Karangasem, le plus proche du volcan menaçant. 640 000 masques, 12 500 matelas, 8 400 couvertures, des tentes et 75 000 dollars ont également été expédiés dans le cadre de l'aide d'urgence. Des bénévoles bravent également le danger pour sauver des milliers d'animaux abandonnés dans la "zone rouge" autour du volcan. 

Un bénévole nourrit chez les chiens abandonnées, à 9 kilomètres du volcan Agung qui menace d'entrer en éruption. © Firdia Lisnawati/AP/SIPA
Des villageois prient dans un temple à moins de 10 kilomètres du volcan Agung, qui gronde maintenant depuis plusieurs semaines. © Firdia Lisnawati/AP/SIPA

 Le président indonésien, Joko Widodo, a visité mardi des centres d'évacuation à Bali et promis que le gouvernement ferait de son mieux pour minimiser les pertes économiques pendant cette période d'évacuation. Concernant l'éruption imminente du volcan Agung, le président indonésien a ajouté : "Ce n'est pas facile de gérer une éruption volcanique car on ne sait jamais quand cela va se produire ou si cela va se produire". Le ministère des Affaires étrangères français a donné quelques conseils de sécurité aux voyageurs qui sont ou qui comptent se rendre sur l'île de Bali, précisant que les touristes doivent respecter une zone de sûreté de 12 km autour du volcan.

Le président indonésien, Joko Widodo, en visite dans un centre d'évacuation à Bali où le volcan Agung gronde. © Trisnadi/AP/SIPA

VIDÉO : Mont Agung : les habitants refusent de rentrer chez eux

Indonésie / Catastrophes naturelles