Vietnam : au coeur des Hommes

Le Vietnam est en passe de devenir une véritable destination touristique. Parmi ses nombreux attraits, les minorités ethniques: Hmongs, Dzaïs, Dzaos, Lolos, etc. Pour retrouver l'authenticité de ces peuples magnifiques, il faut partir en itinérance au rythme de la marche pendant plusieurs jours dans les montagnes du Nord: un voyage au coeur des Hommes...


Le Vietnam, cette Italie Asiatique que l’on aurait étiré à l’extrême du Nord au Sud, a depuis longtemps tourné la page des années de guerre. Les Vietnamiens se sont emparés de leur futur et refusent de tomber dans le piège de la « victime de la colonisation ». Si le passé est objet de fierté, il n’empêche pas de progresser !


Avec 5 millions de touristes, autant que l’Inde et plus que la Norvège, le pays est devenu une véritable destination touristique prisée des Chinois bien entendu mais aussi des Occidentaux. Parmi les incontournables :   la Baie d’Halong, Hué, la capitale impériale, Le Delta du Mékong et ses marchés flottants (Choi Noi) qui offrent des produits étonnants, colorés et parfois animés : poissons conservés dans des nasses et serpents…


Le Vietnam a une autre richesse : ses minorités ethniques. On en compte 54.

Tenez… Les Dzaos rouges, peuple des collines, dont les femmes, après s’être rasé le crâne et les sourcils, portent d’étonnantes coiffures, faites de foulards ou de turbans rouges, ornées de pièces d’argent et de pompons qui leur descendent dans le dos. Les Dzaos sont parfois craint par les autres tribus parce qu’ils sont un peu trop malins, parce que leurs femmes sont un peu sorcières. Ne connaissent-elles par les philtres d’amour capables de retenir un amant, de voler un mari ? Cette légende n’est pas sans fondement : les jeunes Dzaos pratiquent encore, aux beaux jours du printemps, le rapt de leur fiancé, aidés par quelques solides amis. La cérémonie du mariage attendra… Quelquefois même lorsque le couple a déjà plusieurs enfants.

Les Hmongs, peuple nomade, se sont établis dans les forêts d’altitude du Vietnam, du Laos et de la Birmanie. Souvent ralliés aux Français et aux Américains, pendant les guerres de décolonisation, ils ont été persécutés à l’issue des hostilités, les conduisant à émigrer en masse en Etats Unis (voir le film Gran Torino) mais aussi en . Aujourd’hui, les tensions se sont heureusement relâchées. Réputés francs et honnêtes, ils sont parfois accusés de défrichage sauvage et de la disparition des forêts primaires pour planter le maïs, étape intermédiaire avant l’établissement des terrasses à rizière. Souvent moqués par les Viets pour leur désintérêt de l’argent et du monde moderne, ils ont gardé intacts leurs traditions, leurs costumes noirs et bariolés, même s’ils ont adopté le téléphone portable et la télévision satellite qu’ils regardent assis sur la terre battue dans leurs maisons basses et enfumées.

 

On croit tout connaître des Lolos noirs depuis l’émission « Rendez-vous en terre inconnue »… Cette ethnie rare (ils sont moins de 5000) vit dans les montagnes à l’écart des routes, en compagnie des Hmongs. Comme ces derniers, ils se divisent en deux groupes : les Lolos bariolés et les Lolos noirs. Plusieurs générations d’une même famille vivent dans la maison traditionnelle, bâtie sur pilotis en bois de fer (le bois d’Iroko). Le chef de clan, garant de la solidarité du groupe, a la charge d’assurer la garde des tambours sacrés en bronze exclusivement utilisés pour les cérémonies funéraires et le culte des ancêtres.






 99% des touristes, séduits par cette « attraction» se contentent d’aller à Sapa, où l’on rencontre les Dzaos rouges et les Hmongs noirs. Facilement accessible, par train, puis par bus, Sapa a été bâtie par les Français au pied du Fansipan, le point culminant de l’Indochine (3143 m). Le tourisme, sans être encore de masse, a déjà façonné la bourgade avec ses boutiques de souvenir, ses hôtels et modifié les habitudes des habitants de la région. A peine débarqué du bus, vous êtes sûr d’être assailli par de jeunes filles qui ont revêtu leurs plus beaux atours, pour vous proposer leurs étoffes brodées, leurs bracelets dorés…

 






Pour retrouver l’authenticité de ces peuples magnifiques, il faut accepter l’inconfort d’un long transfert routier vers la frontière Chinoise pour rejoindre Khuoi Doc. De là, il faut marcher pendant plusieurs jours, accompagnés d’un guide interprète, de porteurs et d’un officier de liaison et rejoindre enfin à travers les montagnes Khuoi Kong, le fief des Lolos noirs. Cette longue itinérance permet, pas après pas, de retrouver des sourires ouverts, des regards clairs, d’établir des échanges sincères avec ces femmes et ces hommes qui, s’ils ont gardé le contact avec la nature, nous ressemblent étrangement. Le voyage change alors de dimension. Ce qui n’était qu’un enfilage de perles de couleurs devient alors un voyage en profondeur, non pas au « cœur des Ténèbres » de Joseph Conrad * mais au cœur de l’Homme !

Gérard Guerrier,

président général d'Allibert Trekking

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