Grèce : 4 raisons qui montrent que vous êtes bel et bien concerné

Grèce : 4 raisons qui montrent que vous êtes bel et bien concerné En plongeant de 4,70 % dès l'ouverture de la bourse de Paris, le CAC 40 a démontré ce matin que la crise en Grèce n’était pas sans risque pour l’économie mondiale, européenne et française. Explications.

[Mis à jour le 29 juin 2015 à 13h16] François Hollande a beau déclarer à la sortie d’un conseil restreint sur la crise grecque que "la France n’a rien à craindre", les répercussions de la crise en Grèce, d’un hypothétique défaut de paiement d’Athènes et d’une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro, pourraient être importantes pour l’économie européenne tout entière voire mondiale. La bourse de Paris l’a démontré en ouvrant en forte chute, de 4,70 % ce lundi matin. Comment la crise de la dette grecque peut-elle contaminer toutes les économies de ses voisins ?

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"Hollande : "La France est pour que la Grèce reste dans la zone euro""

1- Une dette détenue en partie par la France. Pour commencer, il faut comprendre que la dette grecque est détenue en majeure partie les pays membres de la zone euro, puis par le Fonds monétaire international et la Banque centrale européenne et enfin, par les banques grecques ainsi que certaines banques européennes. Alors que des échéances approchent (la Grèce doit rembourser 1,5 milliard d'euros au FMI avant minuit ce mardi 30 juin, avec des caisses vides), Europe et FMI négocient actuellement avec Athènes pour maintenir un plan d’aide en contrepartie de réformes dites "structurelles" permettant au pays de faire des économies et de réduire drastiquement sa dette. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras ayant annoncé ce week-end par surprise qu'il allait soumettre ce plan à référendum dimanche 5 juillet, l'Eurogroupe a décidé de ne pas prolonger le prêt accordé au pays.

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C’est donc dans un premier temps un défaut de paiement (l’impossibilité pour la Grèce de rembourser) qui se profile, synonyme de "faillite". Lesquels auraient de graves répercussions sur les créanciers du pays. Au total, selon Eurostat, la Grèce devait plus de 317 milliards d'euros à l'ensemble de ses créanciers fin 2014. La France est concernée à hauteur de 42 milliards, moins que l’Allemagne (56,5 milliards) mais plus que l’Italie (37,3 milliards), l’Espagne (24,8 milliards) ou même le FMI (24 milliards). Selon TF1, en cas d’effacement de cette dette, le manque à gagner pour l'Etat, et donc les contribuables,  serait important : 642 euros pour chaque Français (bébé compris), ou, plus précisément, 2 354 euros par foyer imposable.

2- Une crise financière et économique. A un second niveau, les bourses ont déjà anticipé ces événements, redoutant un ralentissement global de l’économie européenne à cause de l’effondrement de la dette grecque, allant des banques aux entreprises. Craignant des rendements en baisse dans les résultats des entreprises dans les prochains mois, les investisseurs vendent ainsi leurs actions en masse, faisant chuter les cours. C'est la raison de la chute du CAC 40, directement liée à la crise grecque ce lundi 29 juin. D'autres bourses mondiales, notamment les bourses européennes et asiatiques, suivent le même chemin, surprises par l'annonce du référendum grec et la tournure prise par les négociations ce week-end, alors qu'elle avaient terminé la semaine dernière sur une note de confiance (+5 % pour le CAC 40). A terme, c'est tout le financement de l'économie qui est en question. Une nouvelle crise économique et financière n'est donc pas tout à fait écartée selon certains économistes.

3- Une crise des dettes souveraines. Cette défiance se double d’une méfiance des investisseurs vis-à-vis des Etats eux-mêmes, dont ils doutent de la capacité de rembourser leurs emprunts, à l'instar de la Grèce. Les créanciers risquent donc d’augmenter les taux d’intérêts auxquels les Etats empruntent sur les marchés pour financer leur propre dette et, dit-on, "boucler leurs fins de mois". Dans les deux cas, ce sont bien les pays de la zone euro et leurs économies qui seraient les premières touchées. La France, qui se vantait encore il y a quelques semaines d'emprunter à des taux particulièrement bas, pourrait elle-aussi être mise en difficulté dans les prochaines semaines. Les plus pessimistes n'écartent d'ailleurs pas un scénario à la grecque.

4- Une crise de l'euro. Enfin, la rupture entre la Grèce et ses partenaires européens pourrait se traduire par une sortie de la Grèce de la zone euro (le fameux "Grexit"). De quoi faire encore une fois douter les investisseurs de la solidité de la monnaie elle-même. Le cours de l’euro pourrait en être rapidement malmené, les financiers préférant convertir leurs euros en dollars, en yen japonais ou dans d’autres "valeurs-refuges" comme le franc suisse. Au bout du scénario catastrophe cette fois : un euro excessivement faible qui provoquerait une inflation en zone euro et qui serait alors une strate supplémentaire de la crise.